Brasilia secouée par une tempête politique – un Brésil à contre-courant du monde.

Bonjour,

La semaine a été difficile pour Jair Bolsonaro et ses troupes. Après les accusations portées par l’ex-ministre de la Justice Sergio Moro au moment de sa démission, c’est maintenant le Tribunal suprême qui s’intéresse de très près aux agissements peu orthodoxes du Président Bolsonaro. A-t-il outrepassé les limites de sa fonction présidentielle ? Est-il compromis dans une entreprise illégale de désinformation systématique ? Plusieurs enquêtes sont en cours.

Pendant ce temps, le pays nage à contre-courant du reste du monde en matière de lutte contre le coronavirus, de politique environnementale et de stratégie de privatisation de son économie.

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontainevisionbresil@gmail.com

 

Coup sur coup, deux procédures judiciaires parallèles viennent ébranler Jair Bolsonaro. Par deux fois, ses initiatives auraient frisé le code, mais dans les deux cas, les autorités judiciaires qui ont mené la charge ont elles aussi quelque peu forcé sur l’étiquette. Ce qui en ressort met effectivement à mal la légitimité du mode de gouvernance du Président en exercice, mais pas au point, vraisemblablement, de menacer son mandat. Même s’il est reconnu coupable d’avoir abusé de sa fonction, il reste, pour le moment, politiquement inébranlable. Le pouvoir judiciaire, lui, ne sort pas grandi de la passe d’armes, mais il garde la confiance de ceux qu’il régente. (suite…)

Débordé par l’épidémie de Covid-19, épinglé pour son bilan climatique, critiqué pour stratégie des privatisations, le Brésil accumule aujourd’hui les indices négatifs. Et la dynamique en cours semble montrer que le pays nage à contre-courant du reste du monde. Il recule là où il devrait avancer.

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Bonjour,

J’adorerais pouvoir vous donner de bonnes nouvelles du Brésil… Hélas, c’est toujours impossible. Les vastes plages du Nord-Est restent désertes, interdites d’accès par les autorités locales pour cause de pandémie, en Amazonie la forêt ne se visite plus, elle s’abat, dans les favelas, les morts du Covid-19 se multiplient et l’on n’est pas encore au pic de la maladie, à Brasilia enfin, le pouvoir de Jair Bolsonaro tourne en rond, enfermé dans ses anathèmes et ses contradictions. On n’attend pas pour demain le dénouement de la quadruple crise, sanitaire, économique, écologique et institutionnelle, qui frappe le pays.

Bonne lecture tout de même

Jean-Jacques Fontainehttps://visionbresil.wordpress.com – visionbresil@gmail.com

Et de deux ! Deux ministres de la Santé débarqués en un mois par Jair Bolsonaro, alors que le nombre de morts du coronavirus atteint 15 000, que 218 000 personnes ont été détectées positives et que l’épidémie ne cesse de progresser. Après les USA, la Russie et le Royaume-Uni, le Brésil est désormais le pays du monde le plus affecté par le Covid-19.

 Nelson Teich, Teich le Bref, comme persifle Leonardo Sakamoto éditorialiste du site UOL, est tombé pour les mêmes raisons que son prédécesseur Luiz Henrique Mandetta : son refus de se soumettre au diktat du président d’administrer à tout va l’hydroxichloroquine, ceci alors que la plupart des études internationales mettent en garde contre l’usage de ce médicament antipaludéen contre le virus Covid-19. Peu de résultats probants et risques importants d’effets secondaires.

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Cela fait depuis début mars que je vous fais part, sur Vision Brésil, de mon inquiétude concernant la recrudescence du déboisement en Amazonie. Le phénomène passe d’autant plus inaperçu que la pandémie du coronavirus occulte tout. Cette préoccupation, malheureusement, se concrétise. L’INPE, l’Institut national de Recherches spatiales, chargé de surveiller, mois après mois, l’état de la forêt équatoriale brésilienne, lance en effet une nouvelle alerte. En avril, la déforestation a augmenté de 63 % par rapport au même mois de l’an dernier, ceci alors que le premier trimestre 2020 avait déjà dépassé le record historique des cinq dernières années. Tout ce bois abattu -405 km2 défrichés depuis janvier —, va brûler dès que la saison sèche sera installée, soit à partir de juin. On risque bien alors de connaître les mêmes incendies monstrueux de 2019. (suite…)

Au Brésil, la pandémie divise les Chrétiens. Une majorité d’entre eux défend les dénis du président face au Covid-19. Un défi pour les Églises traditionnelles qui continuent de dénoncer les distorsions politiques et religieuses du bolsonarisme. L’exacerbation des points de vue sur la possibilité ou non de communier en public à l’occasion de l’Ascension et de Pentecôte augmente à l’approche de ces dates importantes dans le calendrier chrétien des Brésiliens. Le texte qui suit, signé d’Eduardo Campos Lima, a été publié par l’agence Protestinfo. J’en reprends ici l’essentiel. (suite…)

Bolsonaro et ses moulins à vent – Une chronique carioca par temps de pandémie -Pétition pour les peuples indigènes contre le Covid-19

Bonjour,

Dans « une chronique carioca par temps de pandémie », un Français installé à Rio de Janeiro nous raconte pourquoi la pandémie du coronavirus fait exploser le système de santé brésilien. Selon The Imperial College de Londres, qui a comparé le nombre de personne que chaque malade infecté aurait contaminé, soit le Ro, dans 48 pays, le Brésil serait celui où la vitesse de propagation du coronavirus est la plus rapide. Le Ro, soit le nombre de personnes contaminée par un porteur du virus serait de 2,81. Le système de santé brésilien ne peut pas supporter une telle progression exponentielle, il va d’entrer en collapse.

Mais pendant que la maladie se répand à la vitesse d’un cheval au galop, Jair Bolsonaro provoque la crise politique la plus grave de son mandat en renvoyant le chef de la Police fédérale, nommé par son ministre de la Justice Sergio Moro qui démissionne dans la foulée. Le rique d’une destitution de Jair Bolsonaro n’est plus complètement à écarter.

Bonne lecture – Jean-Jacques Fontaine https://visionbresil.wordpress.com

Kits sanitaires et provisions de base, stockés en vue de distribution à la Cidade de Deus.
Vous avez été très nombreux à répondre à ‘appel de l’ONG Jequitiba pour aider dans l’urgence les enfants de la favela Cidade de Deus à Rio de Janeiro et les communautés rurales du Rio Tapajós soutenues par l’association Saude & Alegria de Santarem. Nous avons recueilli 2’274 CHF et versé 5’000 CHF à chacun de ces deux projets, soit un total de 10’000 CHF, le solde dépassant vos dons étant pris sur les réserves de l’ONG Jequitiba. L’ASVI de Cidade de Deus a commencé à distribuer les kits d’urgence sanitaires et les provisions de base aux 200 familles qu’elle accompagne à la Cidade de Deus. Merci infiniment de votre solidarité, la collecte continue !
En CHF sur le compte de l’association ONG Jequitiba, c/ UBS Switzerland, case postale 1211 Genève 2, IBAN CH40 0024 0240 6195 0301L , BIC/SWIFT: UBSWCHZH80A
Ou en Euros sur le compte de Barbara Hepp-Fontaine c/ Crédit agricole des Savoie, 74160 St-Julien-en-Genevois, IBAN FR76 1810 6000 3494 1197 6705 059, BIC/SWFT AGRIFRPP881

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Une image en noir et blanc de Sebastião Salgado illustre la pétition que le photographe a mise en ligne afin de protéger les indigènes du Brésil contre le Covid-19. [Sebastião Salgado – avaaz.org]

Le célèbre photographe brésilien Sebastião Salgado a lancé dimanche une pétition en ligne signée par des stars comme Brad Pitt, Madonna ou Paul McCartney, réclamant des « mesures urgentes » des pouvoirs publics pour protéger les indigènes brésiliens du coronavirus, c’est ce qu’annonce cette dépêche de l’afp que je reproduis ici. (suite…)

Après la crise sanitaire, la crise politique à Brasilia ; les favelas s’organisent contre le coronavirus ; Raoni lance un appel au monde face au risque d’ethnocide chez les Indiens d’Amazonie.

Bonjour,

Une semaine après avoir limogé son ministre de la Santé, Jair Bolsonaro pousse celui de la Justice à la démission. Mais ce dernier s’appelle Sergio Moro, il était le responsable des enquêtes sur la corruption Lava-Jato, cela en a fait un héros adulé par la population, il ne s’est pas laissé renvoyer discrètement. Ses accusations contre le président de vouloir influencer les enquêtes de la police fédérale déclenchent la plus grave crise politique depuis le début du mandat de Jair Bolsonaro.

Au Brésil, la pandémie du coronavirus poursuit sa progression galopante. Confrontées à la maladie et les carences du système de santé publique, les favelas de Rio de Janeiro se mobilisent pour faire face. C’est un festival de solidarité. En Amazonie par contre, le virus est en train de faire des ravages parmi les populations indiennes. À la clé, le risque d’un nouvel ethnocide. Raoni appelle la communauté internationale à l’aide.

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontaine — visionbresil@gmail.com