Bonjour,

A la demande de l’hebdomadaire en ligne suisse « Bon pour la Tête » (https://bonpourlatete.com), j’ai fait le point sur les enquêtes Lava-Jato, à l’heure où le juge d’instruction Sergio Moro quitte ses fonctions à Curitiba pour prendre la tête du ministère de la Justice à Brasilia.

Bonne Lecture!

En acceptant de devenir le ministre de la Justice du futur gouvernement Bolsonaro,  le petit juge Sergio Moro, comme on le surnomme, laisse derrière lui un chantier pénal gigantesque. Depuis mars 2015, 200 enquêtes préliminaires ont été diligentées, 36 ont abouti à des dénonciations criminelles, 8 d’ente elles, concernant 100 inculpés, sont en attente de procès susceptibles de déboucher sur des peines de prison et 163 accords de délation à la justice, permettant à leurs auteurs de bénéficier de réduction de peine ont été conclus. (suite…)

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Sergio Moro sera le prochain ministre de la Justice. Le juge fédéral de Curitiba, en charge de la plupart des enquêtes sur la corruption de l’affaire Lava Jato, a accepté avec promptitude à l’invitation qui lui avait été faite, au lendemain de sa victoire électorale, par Jaïr Bolsonaro d’occuper ce poste dans son futur gouvernement. Ce faisant, il renonce immédiatement à poursuivre les instructions en cours, liées aux affaires de corruption dont il a la responsabilité.

C’est une mauvaise nouvelle pour les condamnations qu’il a déjà prononcées, dont celle de l’ex-président Lula à 12 ans de prison, verdict confirmé ensuite par le Tribunal Suprême.

C’est une mauvaise nouvelle, car, en cédant ainsi aux délices de la politique, ce magistrat adulé par la population pour sa rigueur et son honnêteté, donne du blé à moudre à ceux qui, particulièrement dans les instances dirigeantes du Parti des Travailleurs, ont fait de lui un ennemi public, l’accusant de partialité idéologique et de chasse aux sorcières contre la gauche.

Je vous livre ci-dessous la traduction d’un éditorial, paru ce matin dans le journal Folha de São Paulo, qui me paraît particulièrement pertinent à ce sujet.

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontaine – Vision Brésil (suite…)

 

« Nous n’avions qu’un seul héros au Brésil, Ayrton Senna, le coureur automobile. Maintenant, on en a un deuxième, Jaïr Bolsonaro. Il va sauver le pays ». Ce cri du cœur d’un Brésilien vivant en Suisse résume à lui seul ce qui a motivé une bonne partie des 55 % d’électeurs à porter à la présidence de la République fédérative du Brésil le candidat de l’extrême-droite. Les autres l’ont fait par dégoût de gauche gouvernementale dominée par le Parti des Travailleurs depuis 2003, le PT qui a plongé le pays dans la corruption systémique et la récession économique. (suite…)

À l’image de Donald Trump, Jaïr Bolsonaro s’est entouré, pour mener sa campagne, sur un nombre restreint de proches et de membres de sa famille. Certains de ces personnages se retrouveront à la tête de ministères ou de secrétariat d’État, d’autres continueront à « conseiller » le président dans l’ombre. Qui sont ces « hommes du président » ?

Ce sont les « douze apôtres de Bolsonaro », comme le titrait récemment le journal Le Monde, citant le quotidien Valor : « Ils sont comme les douze apôtres du messie, tous des hommes et aucune femme ». (suite…)

Le Brésil abrite une grande part de la forêt amazonienne et du bassin versant du fleuve Amazone. Ce dernier a un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, paradoxalement, ce fleuve gigantesque contribue à la fabrication du CO2 plus qu’à sa résorption tout au long de son trajet vers la mer !

(extrait du dossier publié par « theconversation.com » le 26 octobre 2018) (suite…)

Bonjour,

Sauf très grande surprise, le Brésil va s’enfoncer, dimanche prochain, 28 novembre 2018, dans une longue nuit qui va durer au moins 4 ans. Jair Bolsonaro sera élu président du pays  par un front des déçus du monde politique et des révoltés contre la corruption.  

Ce messie de pacotille, ancien militaire nostalgique de la dictature, décidé à « liquider les criminels rouges », raciste, antiféministe et grand manipulateur des fake news décevra sans doute très vite la coalition des électeurs qui attendent la rédemption grâce à cet homme providentiel, mais que tout oppose entre eux. 

Dans l’intervalle, les décisions qu’il menace de prendre menacent la démocratie, l’intégrité de la forêt amazonienne, les minorités  et les programmes sociaux d’aide aux plus pauvres. D’autant qu’il aura sans doute l’appui au Congrès du bloc « BBB » – [Boi = les éleveurs de boeufs, Bala = le lobby des armes, Bispo = les prédicateurs des églises évangéliques].

Si le scénario ne semble pas pouvoir être changé, il n’y a guère de doute qu’à terme, ce pays de 210 millions d’habitants, dixième puissance économique mondiale, saura se redresser comme il l’a toujours fait.  Cependant, pour cela, la résistance doit maintenant s’organiser.  Elle sera évidemment l’oeuvre des Brésiliens eux-mêmes, mais l’appui qu’ils pourront trouver à l’étranger sera déterminant. 

Il va falloir relancer les réseaux de solidarité pour contribuer à préserver ce qui fait la richesse citoyenne et environnementale du Brésil. Dans cette perspective, je vous propose deux excellents articles publiés en français par le site « TheConversation » qui énumère quelques-uns des risques que l’on peut craindre de l’action du gouvernement Bolsonaro.


 

Bonjour,

Vous trouverez en lien l’interview que j’ai donné à la radio RTS ce 3 octobre 2018 à propos des élections présidentielles au Brésil.

https://www.rts.ch/info/monde/9889458-la-presidentielle-au-bresil-marque-une-impasse-economique-et-politique-.html

Bonne lecture!

Jean-Jacques Fontaine