Crise en Amazonie, moins d’incendies, plus de déboisement ; baisse de la violence urbaine, réalité ou illusion ?

_____________

Prochaines présentation de mes ouvrages: « Le Brésil de Jair Bolsonaro, chroniques avril-mai 2019 » et « Amazonie en feu, état d’urgence »:
  • lundi 29 octobre 18:00, UNIL – Lausanne, Bâtiment Geopolis, soirée organisée par l’association universitaire Amnesty International
  • Jeudi 31 octobre, 18:00, Librairie du Boulevard – Genève, Rue de Carouge 34
  • Samedi 2 novembre, 14:30-16:30, Librairie Payot – Lausanne, Place Pépinet 4, séance de signatures

___________________

Bonjour,

Dans 10 jours, le 28 octobre, cela fera exactement un an que Jair Bolsonaro a été élu à la présidence du Brésil. Un an, beaucoup de polémiques, peu de réalisations et une catastrophe environnementale en Amazonie. En septembre, la forêt a continué à brûler, même si c’est en moins grande proportion qu’en août. Le déboisement, lui, par contre, n’a pas cessé d’augmenter. Les mesures prises par le gouvernement — envoi de l’armée pour lutter contre le feu et tolérance zéro contre les incendiaires — semblent sans effet face à la criminalité organisée. Les autorités ne font pas mine non plus de vouloir mettre sur pied un train de mesures susceptibles d’empêcher le massacre de la forêt amazonienne. On en reste à prôner une mise en exploitation économique de ses ressources…

« L’Amazonie est un patrimoine du Brésil, ce n’est pas le poumon du monde, la forêt peut être exploitée par tous, » vient de déclarer Jair Bolsonaro, Qui attaque de front ses défenseurs dont les Indiens : « mon discours à l’assemblée générale de l’ONU l’a montré, le cacique Raoni n’a plus l’hégémonie sur le mouvement indigène. » La réponse du chef kayapo est venue, cinglante : « notre lutte contre Bolsonaro est la même que celle que nous avons menée contre Lula et Dilma. Tous ces gouvernements ont généré des divisions entre les Indiens et les autorités. Bolsonaro peut dire tout le mal qu’il veut de moi, je continuerai à lutter pour qu’il y ait encore de la forêt pour les prochaines générations ».

La lutte contre le saccage de la forêt amazonienne n’est pourtant pas encore perdue. Il existe des méthodes pour utiliser ses ressources de manière durable, et même pour y pratiquer l’élevage intensif, c’est ce que démontrent trois chercheurs de l’université fédérale du Pará. Leur étude date de 2015, mais il vaut la peine de la relire…

22 % d’assassinat en moins depuis janvier 2019. La baisse de la violence serait le résultat d’une trêve dans la guerre qui opposait les différentes factions criminelles et non de l’action des autorités affirment certains spécialistes de la question. Elle ne serait donc qu’un répit fragile.

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontainevisionbresil@gmail.com

Publicités

« Les foyers d’incendie ont baissé de manière inespérée en septembre alors que normalement, ils marquent traditionnellement un pic à cette période », se réjouit l’Itamaraty, le ministère brésilien des Affaires étrangères. Selon l’INPE, l’Institut national de la Recherche spatiale, en effet, ils auraient été au nombre de 20 000, soit 35 % moins nombreux qu’en août (31 000 foyers détectés) et 20 % inférieurs aux chiffres de septembre 2018. De quoi conforter le président Jair Bolsonaro dans sa politique. Suite à l’explosion des incendies en août, il a envoyé l’armée en Amazonie combattre les feux et pourchasser les incendiaires mais n’a pas varié dans sa volonté de mettre en valeur économiquement la forêt. Ces bons chiffres, cependant, cachent l’essentiel : le déboisement a continué à progresser en septembre et les saisies de troncs abattus illégalement ont largement baissé. (suite…)

 [Ce texte date de 2015. Il est emblématique des espoirs que la nouvelle politique de préservation de la forêt amazonienne, mise en place progressivement depuis 2008. Écrit par des agronomes-chercheurs de l’université du Pará de Belém, dans un contexte politique très différent de celui d’aujourd’hui, il esquisse un chemin pour une utilisation durable des territoires amazoniens. Il vaut la peine de le relire à la lumière de la nouvelle politique prônée par l’équipe de Bolsonaro afin de se rappeler qu’il existe d’autres voies possibles que celle de l’exploitation économique destructive, responsable de l’actuelle explosion de la déforestation et des incendies en Amazonie.]

Dans quelle origine culturelle s’enracine la dynamique d’expansion des pâturages au détriment du massif forestier en Amazonie ? Quels mécanismes agronomiques spécifiques — et quels risques pour les éleveurs — conditionnent cette production fourragère équatoriale ? Comment ces prairies peuvent-elles devenir des atouts pour les territoires amazoniens et leurs habitants face aux changements globaux ? Cet article pose ces trois questions pour éclairer l’énigme des pâturages amazoniens. (suite…)

Jair Bolsonaro commémore : 22 % d’assassinat en moins depuis janvier 2019, par rapport à la même période de l’an dernier. Et également moins de morts victimes de la police dans la plupart des États, sauf Rio de Janeiro et l’Acre. Le président met ces bons résultats au crédit de sa politique de répression sans concession de la criminalité, mais les observateurs contestent : la baisse de la violence serait le résultat d’une trêve dans la guerre qui opposait les différentes factions criminelles et non de l’action des autorités. Elle ne serait donc qu’un répit fragile, estiment les plus pessimistes qui relèvent que le nombre des victimes continue à croître là où la violence policière se déchaîne à l’aveugle. (suite…)

Bonjour, 

Pour ceux qui n’auraient pas pu assister au débat de la Fondation Jean-Jaurès, hier 8 octobre, autour de la question de l’Amazonie en feu et de la nature du Bolsonarisme, vous pouvez assister à ce débat qui a été enregistré en live en cliquant sur le lien ci dessous:

https://jean-jaures.org/nos-productions/le-bresil-et-bolsonaro

Plus de neuf mois après l’investiture de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil, les craintes suscitées par son élection ont été confirmées et l’inquiétude quant à l’avenir du pays en est d’autant plus grande.

L’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation en débat à l’occasion de la publication récente des ouvrages d’Armelle Enders et de Jean-Jacques Fontaine, qui contribuent à mieux appréhender la situation. L’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation réunit : 

Armelle Enders, professeure d’histoire contemporaine, directrice de l’Institut d’histoire du Temps présent de Paris-8 Vincennes, auteure de Histoire du Brésil – Éditions Chandeigne, réactualisée, juin 2019 – https://editionschandeigne.fr/livre/histoire-du-bresil/ qui proposera une lecture des événements inscrite dans le temps long : « Bolsonaro président, rupture historique ou retour du refoulé ? »

Jean-Jacques Fontaine, journaliste suisse résidant une partie de l’année à Rio de Janeiro, qui apporte son témoignage dans Le Brésil de Jair Bolsonaro, Chroniques avril-mai 2019 Éditions L’Harmattan, juin 2019 https://frama.link/3M7RjNXS et qui a publié en septembre Amazonie en feu, état d’urgence! Éditions L’Harmattan, septembre 2019 – https://frama.link/bDjxhPeH

La rencontre sera animée par Jean–Jacquess Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation.

******************

Et je vous rappelle encore le rendez-vous de demain jeudi 10 octobre à 19 : 00, Maison de l’Amérique latine, 217 Bd Saint-Germain – Paris 7ème

http://www.mal217.org/fr/agenda/le-bresil-de-jair-bolsonaro

 

 

 

 

Un ancien procureur général confesse avoir failli tuer un juge fédéral et les méthodes questionnables de l’entraide policière entre la Suisse et le Brésil.

Rodrigo Janot, procureur général de 2013 à 2017, confesse dans ses mémoires qui viennent de paraître être entré un jour dans les locaux du Tribunal Suprême avec une arme chargée à la ceinture dans l’intention de tuer un des juges du collège et de se suicider ensuite. Janot précise que la personne visée était le juge Gilmar Mendes avec lequel il était en conflit. L’épisode s’est déroulé en 2017 : « dans un accès de douleur aiguë et de rage aveugle, il s’en est fallu de peu que je ne décharge mon arme contre une autorité à la langue perverse. Au dernier moment, la main invisible du bon sens ne m’a pas permis d’aller au bout de mes intentions. »

(suite…)

Bonjour,

En complément du numéro « Spécial Amazonie » du 24 septembre, je vous transmets ici quelques liens à propos du discours de Jair Bolsonaro à l’ouverture de l’assemblée générale 2019 des Nations unies à New-York, dont l’intégralité de son discours (en doublage français).

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontainevisionbresil@gmail.com

  • Le discours de Jair Bolsonaro à l’ONU (en doublage français)

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/le-discours-de-jair-bolsonaro-a-l-onu/6089079293001/ 

  • Quelques réactions :

« Jair Bolsonaro est entré en guerre contre tout le monde »
https://www.rts.ch/info/monde/10721224–jair-bolsonaro-est-entre-en-guerre-contre-tout-le-monde-.html

Au Brésil, le chef amérindien Raoni répond aux attaques de Jair Bolsonaro
https://www.rts.ch/info/monde/10737423-au-bresil-le-chef-amerindien-raoni-repond-aux-attaques-de-jair-bolsonaro.html

Vous avez toujours la possibilité de souscrire à mes deux livres : « Jair Bolsonaro, chroniques avril-mai 2019 » (14,50 euros / 16,00 CHF) et « Amazonie en feu ! Etat d’urgence » (15,50 euros / 17,00 CHF) en m’envoyant un message sur visionbresil@gmail.com

 

 

Enfin, petit rappel, les prochains rendez –vous de discussion à propos de ces deux livres :

  • Lundi 7 octobre, 18 : 30, Université de Genève, bâtiment Unimail, salle MR150, soirée organisée par le groupe Amnesty UNIGE
  • Mardi 8 octobre, 18 : 30, Fondation Jean Jaurès, 12 Cité Malesherbes, 75009 Paris
  • Jeudi 10 octobre, 19 : 00, Maison de l’Amérique latine, 217 Bd St-Germain, 75007 Paris
  • Jeudi 31 octobre, 18 : 00, Librairie du Boulevard, 34 rue de Carouge, 1205 Genève
  • Samedi 2 novembre, dès 14 : 00, signatures, Librairie Payot, Place Pépinet 4, 1003 Lausanne