Chers amis lecteurs,

Une fois n’est pas coutume, ce post de Vision Brésil n’est pas destiné à vous informer, mais à solliciter votre aide pour une action d’urgence afin de soutenir les enfants de 200 familles épaulées par l’Association Semente da Vida (ASVI) avec laquelle l’ONG Jequitiba que j’ai créé en 2008 avec mon collègue Yves Magat pour former des journalistes des radios communautaires au Brésil a collaboré. Ces enfants sont en danger. Eux et leurs familles sont en proie aux conséquences économiques et sociales de l’épidémie du Covid-19. Ils commencent à souffrir de la faim car, les écoles ayant fermé, ils ne reçoivent plus le repas de midi inclus habituellement dans les horaires scolaires. Leurs parents, qui vivent d’activités autonomes du secteur informel sont sans travail et sans appui des pouvoirs publics après la mise en quarantaine du pays.

Nous avons donc décidé de « détourner » une partie des fonds propres de l’ONG Jequitiba afin de venir en aide aux 200 familles soutenues par l’association Semente de Vida.  Ces ressources étaient originellement destinées à un programme de formation radio dans le nord de la Colombie, programme que nous avons dû geler étant donné les circonstances actuelles.

Des kits pour manger et se laver

Notre aide d’urgence à l’ASVI a d’ores et déjà démarré. Nous avons versé la somme de 20’000 R$ (4’000 CHF – 3’800 euros) pour l’achat de 200 kits de produits sanitaires d’hygiène de base et d’aliments de première nécessité. Chacun de ces kits, d’une valeur de 100 R$ (20 CHF – 19 euros), comprend notamment du savon, du papier hygiénique, du gel hydro-alcoolique, 5kg de riz, des haricots noirs, du sucre, des pâtes, etc… Cela va donner à ces familles une petite respiration pour quelques temps.

Il est probable que l’ASVI nous sollicite à nouveau, si, comme prévu hélas, l’épidémie de Covid-19 s’aggrave au Brésil. Il est aussi possible qu’une autre association, avec laquelle nous avons collaboré dans le cadre de nos programmes de formation pour les radios communautaires, ait besoin de nous, l’ONG Saude&Alegria de Santarém en Amazonie. Pour l’instant, ce n’est pas encore le cas, l’épidémie n’ayant pas encore atteint massivement Santarém.  Par ailleurs, les populations aidées par Saude&Alegria vivent dans des communautés rurales, le long du fleuve Tapajós, les besoins en nourriture sont donc moins pressants que dans la favela urbaine de Cidade de Deus. L’aide en produits sanitaires et hygiéniques, par contre, pourrait rapidement se révéler nécessaire. Nous sommes prêts à y répondre.

Un appel à votre générosité

Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour venir en aide à l’ASVI et à Saude&Alegria, ces deux associations que nous connaissons bien pour les avoir accompagnées durant plusieurs années. Nous le ferons avec les fonds propres de l’association Jequitiba, dans la limite de nos moyens, et ceci aussi longtemps que durera la pandémie au Brésil. Mais nos ressources, évidemment, ne sont pas sans limite ! C’est pourquoi je me permets de vous solliciter pour nous épauler afin que nous puissions continuer à répondre aux besoins urgents de l’ASVI et, peut-être, de Saude&Alegria.

Si cet appel vous parle, merci de verser vos dons, avec la mention « aide Brésil« , sur l’un des deux comptes bancaires suivants :

En francs suisses sur le compte de l’association ONG Jequitiba, c/ UBS Switzerland, case postale 1211 Genève 2, IBAN CH40 0024 0240 6195 0301L , BIC/SWIFT: UBSWCHZH80A

En euros sur le compte de Barbara Hepp-Fontaine c/ Crédit agricole des Savoie, 74160 St-Julien-en-Genevois, IBAN FR76 1810 6000 3494 1197 6705 059, BIC/SWFT AGRIFRPP881

Merci beaucoup à tous, bon confinement et amitiés

Jean-Jacques Fontaine – https://visionbresil.wordpress.com

Bonjour,

Jair Bolsonaro joue à la roulette russe avec le coronavirus, c’est en tout cas le message qu’il semble donner à ses concitoyens en qualifiant l’épidémie de petite grippe et en s’affichant au milieu des foules malgré la quarantaine décrétée par son ministre de la Santé. Une cacophonie politique qui laisse présager une grave crise si la pandémie s’étend au Brésil comme le pensent tous les spécialistes.

Mais pendant que la maladie avance, la chasse aux militants qui défendent les Droits de l’Homme et l’environnement ne faiblit pas, c’est ce qu’est venu nous confier Claudelice da Silva Santos, invitée par le FIFDH, le Festival international des films sur les Droits de l’Homme qui s’est tenu en mode confiné à Genève du 6 au 15 mars dernier.

Bonne lecture et prenez soin de vous !

Jean-Jacques Fontaine – visionbresil@gmail.com

Post-scriptum: l’association Jequitiba à laquelle j’appartiens, qui fait de la formation pour les radios communautaires a décidé d’aider financièrement 200 familles des enfants de Cidade de Deus à Rio de Janeiro, qui fréquentent l’ONG « Semente da Vida » avec laquelle nous avons collaboré, en prenant sur les fonds réservés à notre projet en Colombie, gelé dans les circonstances actuelles. Les personnes qui voudraient s’associer à cette action d’aide d’urgence peuvent verser leurs dons sur le compte de l’ONG Jequitiba, mention « aide Brésil », UBS Switzerland AG, case postale, 1211 Genève 2, Compte postal 80-2-2, IBAN CH40 0024 6195 0301L, BIC: UBSWCHZH80A (pour les versements depuis l’étranger).
Précision complémentaire: il s’agit de fournir un kit de produits sanitaires et d’aliments de base à chacune de ces famille pour un montant de 100 R$, équivalent à 20CHF / 18 euros

Bolsonaro dans la foule à Taguatinga-Brasilia, dimanche 29 mars

Depuis une semaine, il les accumule… Mardi 24 mars, le Brésil comptabilise officiellement 2’200 cas de coronavirus et 26 morts. Dans son appel à la nation, le président Bolsonaro demande la fin du confinement, le retour à la normale des transports publics et qualifie l’épidémie de légère grippe. « Il ne faut confiner que les personnes à risque, moi-même, j’ai 65 ans, mais je ne risque rien parce que je suis un sportif ! »

Le surlendemain, jeudi 26 mars, il décrète que les cérémonies religieuses font partie de la liste des activités indispensables. Les églises sont donc dispensées de la quarantaine dans la perspective des fêtes de Pâques. Sans commentaire, on se rappelle que l’épidémie dans le Grand Est de la France a démarré lors d’un culte évangélique à Mulhouse ! Le Tribunal suprême, heureusement, va annuler ce décret présidentiel le lendemain, vendredi 27 mars.

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Témoignage de Claudelice da Silva Santos, militante écologiste brésilienne

Claudelice Da Silva Santos était l’une des invitées du FIFDH. Elle devait rencontrer des parlementaires fédéraux à Berne pour évoquer avec eux les conséquences de l’accord de libre-échange entre la Suisse et le Mercosur. La rencontre a finalement dû être annulée à cause des mesures de précaution face à l’épidémie de coronavirus. J’ai tout de même pu m’entretenir avec Claudelice Da Silva Santos en marge du Festival international du Film sur les Droits de l’Homme.   (suite…)

Bonjour et bonne année !

D’abord, une bonne nouvelle : les Brésiliens font confiance à la démocratie. Un sondage réalisé par Datafolha, début décembre 2019, révèle que 61 % d’entre eux estiment que la démocratie est meilleure que toute autre forme de gouvernement. Pour 49 % des personnes interrogées, le risque d’une nouvelle dictature au Brésil est pratiquement nul — ils étaient 42 % à défendre ce point de vue en octobre 2018 lors du premier tour de l’élection présidentielle — et seuls 12 % appellent toujours aujourd’hui de leurs vœux la mise en place d’un régime autoritaire.

Et encore ce rappel : mes livres « Le Brésil de Jair Bolsonaro, chroniques avril-mai 2019 » et « Amazonie en feu, état d’urgence »sont disponibles en souscription au prix respectifs de 14,50 euros /16 CHF et  15,50 euros / 17 CHF en m’envoyant un email avec votre adresse postale sur visionbresil@gmail.com

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6,3 millions d’hectares déjà consumés par le feu en Australie, 25 morts et 480 millions d’animaux anéantis jusqu’à aujourd’hui, et seulement 125 000 hectares brûlés en Amazonie en 2019. Il ne s’agit pas de minimiser la catastrophe qui est en cours en Australie, pourtant, les incendies qui ont eu lieu au Brésil en juillet et août de l’an dernier sont beaucoup plus dommageables que ceux qui blessent aujourd’hui ce pays. C’est un paradoxe, mais les scientifiques sont unanimes : les effets sur la biodiversité, les conséquences pour la planète et la difficulté de récupération de la forêt sont bien plus graves en Amazonie que dans le bush australien. (suite…)

 

Le feuilleton des pompiers volontaires d’Alter do Chão qui auraient mis le feu intentionnellement à une réserve forestière pour susciter des dons d’ONG étrangères a fait long feu. Les quatre personnes arrêtées ont été relâchées, la police fédérale dément les accusations portées contre eux, soupçonnant plutôt des bûcherons clandestins d’être à l’origine du sinistre et le chef de la police de Santarém a été dessaisi de l’enquête au profit du responsable de la police de l’environnement de l’État du Pará. L’accusation était grotesque, elle n’a pas tenu plus de quatre jours.

Plus à l’Est, cependant, dans l’État du Maranhão, deux leaders indigènes de l’ethnie des Guajajara ont été froidement abattus le 7 décembre alors qu’ils rentraient d’une réunion avec la FUNAI, la Fondation pour l’Indien et la compagnie d’électricité Electronorte dont l’objectif était de fixer le montant des indemnités à octroyer aux habitants de la réserve de Coquinho qu’une ligne à haute tension allait survoler. Deux autres membres de la même délégation indigène ont été grièvement blessés.

Cette tuerie intervient un mois après l’assassinat de Paulo Guajajara, un des membres des « gardiens de la forêt » qui luttent contre le déboisement sauvage pratiqué dans leur réserve par des bûcherons clandestins. Dans les deux cas, les responsables semblent liés aux réseaux de ceux qui s’approprient illégalement des terres du domaine public pour les déboiser.

Devant l’aggravation de la situation, le gouvernement a décidé d’envoyer l’armée pour protéger l’intégrité physique des indigènes, mais dans le même temps, le président Jair Bolsonaro signe un décret permettant de légaliser la possession de terres publiques occupées sans autorisation ni titre de propriété. Une mesure destinée à régler la question des lotissements de la réforme agraire, prétend le gouvernement, la porte ouverte à l’appropriation illégale du sol et au déboisement s’insurgent les défenseurs de l’environnement. (suite…)