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Plusieurs médias francophones dont le site de la RTS (Radio-télélvision suisse) se sont fait l’écho des quelques 3’400 employés fédéraux licenciés dans différents ministères au lendemain de l’intronisation du président Jaïr Bolsonaro, interprétant allègrement ces mesure comme le début d’une chasse aux sorcières. Ils se trompent…

Au Brésil, lorsque ‘un nouveau gouvernement est nommé ou qu’un nouveau ministre entre en fonction, il a le droit de nommer un certain nombre de collaborateurs extérieurs au cadre de l’administration publique pour son service. La durée de contrat de ces employés « commisionados » comme on les appelle à Brasilia est liée à la permanence dans son poste de la personne qui les a contracté. Laquelle, bien entendu va s’entourer de personnes qui pensent comme lui.

Les « commisionados » en place jusqu’à fin 2018 étaient donc des collaborateurs issus des rangs de l’équipe du PT de Dilma Rousseff, confirmés par Michel Temer ou nommés par lui. Normal donc que la nouvelle équipe en place se sépare de ces contractuels pour mettre à leur place des « hommes à eux ».

C’est donc un procédé habituel auquel on assiste avec le départ de ces 3’400 personnes et pas une chasse aux sorcières. Ce qui ne veut pas dire qu’une telle chasse aux militants pétistes n’aura pas lieu. Mais rendons à César ce qui est à César…

 

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Bonjour et bonne année!

Fin 2018, un futur ministre de l’environnement vient d’être suspendu de ses droits politiques pour 3 ans par un juge pour avoir violé, alors qu’il était secrétaire à l’environnement de l’État de São Paulo, les lois de protection du milieu ambiant et favorisé un appel d’offres dans le dossier de la correction du Rio Tietê. Pourtant, il est confirmé dans sa charge par le nouveau président Bolsonaro. Le dossier d’accusation contre le médium João de Deus, gourou des artistes et des people, ne cesse de s’étoffer. Il est dénoncé pour le viol de 330 femmes, pratiqué au cours des séances de spiritisme qu’il commande. Le Brésil semble donc poursuivre sa descente aux enfers. 

Mais ce pays multiple et fascinant cache aussi des trésors qui méritent d’être relevés pour vous accompagner vers une bonne et heureuse nouvelle année 2019. Vision Brésil a choisi de vous proposer ces clins d’œil réjouissants à travers des sujets qui ne font pas nécessairement la une des médias du moment : une baisse de la violence dans tout le pays grâce à une meilleure coordination des forces de sécurité, la découverte d’une termitière géante de la taille de la Grande-Bretagne dans le Nord-Est et d’autres petites informations à ne pas manquer. Une fois n’est pas coutume, Vision Brésil sort aussi de ses frontières habituelles pour vous transporter au nord de la Colombie

Je m’y suis rendu début décembre dans le cadre du programme de l’ONG Jequitibá de formation au journalisme des animateurs de radios communautaires. J’étais accompagné, comme d’habitude, par Yves Magat qui a publié, pour le magazine en ligne suisse Bon pour la Tête, un dossier sur l’état de la situation dans la région des Montes de Maria, derrière la ville de Cartagena, maintenant que l’accord de paix entre le gouvernement et la guérilla des FARC’s est en train de se mettre en place. Une plongée vertigineuse dans ce que furent, pour la population, ces 40 années de guerre intérieure…

Mais pour bien commencer, ce sondage effectué par l’institut Datafolha le 23 décembre qui fait état d’un regain d’optimisme au sein de la population brésilienne. 65 % des interviewés pensent que la situation économique du pays va s’améliorer dans les douze prochains mois. Même si ce genre de vague d’optimisme est habituel au début d’une nouvelle législature, cet indice de confiance est le plus haut relevé depuis que ce type de sondage existe, soit 1997.

Il révèle sans doute plus le désarroi des Brésiliens après les 4 années noires des présidences Dima Rousseff et Michel Temer qu’un blanc-seing donné au nouveau président Jair Bolsonaro. Malgré l’espoir d’un redressement souhaité par tous, le pays reste toujours aussi divisé politiquement. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer la légitimité populaire de la nouvelle équipe au pouvoir.

Bonne lecture et bonne année !

Jean-Jacques Fontaine

visionbresil@gmail.comhttps://visionbresil.wordpress.com

L’été austral s’annonce pluvieux au Brésil à cause d’un El Niño très actif qui peut favoriser la formation de tempêtes. Anticipant les risques d’éboulement, la défense civile de Rio de Janeiro a procédé à un relevé des zones critiques. Il y en aurait 2 700 dans l’ensemble de l’État, qui abritent 300 000 personnes. Certains endroits sont particulièrement préoccupants, car ils avaient déjà été interdits de construction après des catastrophes, mais avaient été réinvestis par leurs anciens habitants. (suite…)

4 DÉCEMBRE 2018 | YVES MAGAT

San Juan Nepomuceno, Colombie. Dans les Montes de Maria, il est difficile de partager un moment autour d’un café sans que chacun ne relate un tragique événement qui lui est arrivé entre 1994 et 2005. Cette période marque le sommet de la violence dans une des régions les plus touchées par cemqu’on appelle pudiquement en Colombie le «conflit armé»: 4000 morts, 56nmassacres, 200’000 personnes déplacées seulement dans cette sous-régionncaraïbe. Plus de 100’000 habitants sur 500’000 dans cette région sontnaujourd’hui considérés par le gouvernement comme victimes de la violence etndonc sujettes à une indemnisation.

Articulo Montes de Maria

 

Bonjour,

A la demande de l’hebdomadaire en ligne suisse « Bon pour la Tête » (https://bonpourlatete.com), j’ai fait le point sur les enquêtes Lava-Jato, à l’heure où le juge d’instruction Sergio Moro quitte ses fonctions à Curitiba pour prendre la tête du ministère de la Justice à Brasilia.

Bonne Lecture!

En acceptant de devenir le ministre de la Justice du futur gouvernement Bolsonaro,  le petit juge Sergio Moro, comme on le surnomme, laisse derrière lui un chantier pénal gigantesque. Depuis mars 2015, 200 enquêtes préliminaires ont été diligentées, 36 ont abouti à des dénonciations criminelles, 8 d’ente elles, concernant 100 inculpés, sont en attente de procès susceptibles de déboucher sur des peines de prison et 163 accords de délation à la justice, permettant à leurs auteurs de bénéficier de réduction de peine ont été conclus. (suite…)

Sergio Moro sera le prochain ministre de la Justice. Le juge fédéral de Curitiba, en charge de la plupart des enquêtes sur la corruption de l’affaire Lava Jato, a accepté avec promptitude à l’invitation qui lui avait été faite, au lendemain de sa victoire électorale, par Jaïr Bolsonaro d’occuper ce poste dans son futur gouvernement. Ce faisant, il renonce immédiatement à poursuivre les instructions en cours, liées aux affaires de corruption dont il a la responsabilité.

C’est une mauvaise nouvelle pour les condamnations qu’il a déjà prononcées, dont celle de l’ex-président Lula à 12 ans de prison, verdict confirmé ensuite par le Tribunal Suprême.

C’est une mauvaise nouvelle, car, en cédant ainsi aux délices de la politique, ce magistrat adulé par la population pour sa rigueur et son honnêteté, donne du blé à moudre à ceux qui, particulièrement dans les instances dirigeantes du Parti des Travailleurs, ont fait de lui un ennemi public, l’accusant de partialité idéologique et de chasse aux sorcières contre la gauche.

Je vous livre ci-dessous la traduction d’un éditorial, paru ce matin dans le journal Folha de São Paulo, qui me paraît particulièrement pertinent à ce sujet.

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontaine – Vision Brésil (suite…)

Bonjour,

Sauf très grande surprise, le Brésil va s’enfoncer, dimanche prochain, 28 novembre 2018, dans une longue nuit qui va durer au moins 4 ans. Jair Bolsonaro sera élu président du pays  par un front des déçus du monde politique et des révoltés contre la corruption.  

Ce messie de pacotille, ancien militaire nostalgique de la dictature, décidé à « liquider les criminels rouges », raciste, antiféministe et grand manipulateur des fake news décevra sans doute très vite la coalition des électeurs qui attendent la rédemption grâce à cet homme providentiel, mais que tout oppose entre eux. 

Dans l’intervalle, les décisions qu’il menace de prendre menacent la démocratie, l’intégrité de la forêt amazonienne, les minorités  et les programmes sociaux d’aide aux plus pauvres. D’autant qu’il aura sans doute l’appui au Congrès du bloc « BBB » – [Boi = les éleveurs de boeufs, Bala = le lobby des armes, Bispo = les prédicateurs des églises évangéliques].

Si le scénario ne semble pas pouvoir être changé, il n’y a guère de doute qu’à terme, ce pays de 210 millions d’habitants, dixième puissance économique mondiale, saura se redresser comme il l’a toujours fait.  Cependant, pour cela, la résistance doit maintenant s’organiser.  Elle sera évidemment l’oeuvre des Brésiliens eux-mêmes, mais l’appui qu’ils pourront trouver à l’étranger sera déterminant. 

Il va falloir relancer les réseaux de solidarité pour contribuer à préserver ce qui fait la richesse citoyenne et environnementale du Brésil. Dans cette perspective, je vous propose deux excellents articles publiés en français par le site « TheConversation » qui énumère quelques-uns des risques que l’on peut craindre de l’action du gouvernement Bolsonaro.


 

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