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Bonjour,

Le résultat du second tour des élections municipales au Brésil confirme celui du premier tour : recul significatif des partisans de Jair Bolsonaro, seuls deux des 13 candidats encore en lice soutenus par le président ont été élus. Mais c’est aussi une cuisante défaite pour le Parti des Travailleurs. Pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1985, en effet, plus aucune capitale d’État n’est contrôlée par le PT. Pour cette formation de gauche, la défaite est amère. Le PT de Lula était à la tête de 630 municipalités en 2012, et encore de 256 après les élections de 2016, même en pleine tourmente du scandale de corruption « Lava-Jato », il ne lui reste plus que 183 mairies à administrer dans tout le pays. (suite…)

Bonjour,

Dimanche prochain 29 novembre, les Suisses diront s’ils acceptent en votation l’initiative dite « pour des multinationales responsables ». Elle exige que les entreprises ayant leur siège en Suisse, qui violent les droits de l’homme ou dérogent à la préservation de l’environnement, où que ce soit dans le monde, puissent être jugées par des tribunaux helvétiques si la justice du pays concerné ne peut pas le faire. L’adoption de l’initiative « pour des multinationales responsables » serait d’une extrême importance pour la préservation de la forêt amazonienne et de ses habitants au Brésil.

La Suisse abrite en effet les sièges de très nombreuses entreprises internationales actives dans l’agronégoce et celui d’importants fonds d’investissement qui opèrent dans ce secteur. Limiter leur impunité, au moment où le déboisement s’accélère au Brésil, sous la pression de la politique du président Jair Bolsonaro et de son ministre de l’environnement Ricardo Salles, est donc non seulement souhaitable, mais impérativement nécessaire pour lutter contre la dégradation de la couverture forestière mondiale et le réchauffement climatique.

Selon les derniers sondages, une majorité des votants diront oui dans les urnes dimanche, mais la majorité des cantons n’est peut-être pas acquise. Or il faut cette double majorité en Suisse pour adopter une résolution de ce type, qui modifie la Constitution.

Afin de vous faire une meilleure idée des enjeux de cette votation, je vous livre en annexe un petit dossier de presse tiré de publications suisses et brésiliennes qui se penchent sur les enjeux de la préservation de la forêt amazonienne. J’y ajoute encore l’éditorial de Benito Perez, paru ce lundi 23 novembre dans le quotidien « Le Courrier », qui cerne bien les enjeux de cette votation: « À elle seule, l’initiative ne fera pas des multinationales des entreprises responsables. Mais elle peut rendre ce pays un peu plus conscient de ses responsabilités ».

Bonne lecture

Jean-Jacques Fontaine — https://visionbresil.wordpress.com

Les intérêts économiques qui se cachent derrière la destruction de l’Amazonie – Reporter Brasil

Bolsonaro a promis de publier une liste des pays qui critiquer la déforestation mais importent du bois illégalement du Brésil – Globo.com

Des crédits de carbone grâce aux arbres abattus – Vision Brésil

Déforestation en Amazonie. Le groupe Casino mis en demeure par plusieurs ONG – Ouest France

Banques et fonds américains accusés par l’ONG Amazon Watch de financer la déforestation — RT en français

Concentration malsaine dans l’univers du jus d’orange – Le Temps

Soupçons sur le «delta business» des traders suisses de pétrole au Brésil – Heidi.news

Bonjour,

Le 29 novembre prochain, les Suisses vont voter pour dire s’ils approuvent l’initiative dite « Pour des multinationales responsables ». Elle introduirait une nouvelle disposition dans la Constitution obligeant les entreprises suisses ou étrangères dont le siège ou une annexe du siège se trouve en Suisse à contrôler leurs activités, celles de leurs filiales et l’ensemble de leurs relations d’affaire dans le monde « afin qu’elles respectent, également à l’étranger, les droits de l’homme internationalement reconnus et les normes environnementales internationales. » Si cette disposition est acceptée, elle aura des effets sur le déboisement en Amazonie brésilienne. (suite…)

Daniel García García, et Alexander Vicente Christianini © The Conversation (traduit de l’espagnol)

Un jour, Donald Trump est malade et le lendemain, les marchés boursiers du monde entier s’effondrent. Nous vivons dans un univers globalisé. Les phénomènes engendrés à un endroit sont rapidement transmis à des régions éloignées, affectant la planète entière. Cette mondialisation affecte également la nature. Le climat et les déplacements des animaux relient des écosystèmes éloignés les uns des autres. (suite…)

Transcription du débat du lancement du manifeste « Preserva Brasil » du 6 septembre 2020 à Genève –  Analyse: « Le Jair [ Bolsonaro ] qui est en nous« 

Bonjour,

2’700 personne ont visionné sur youtube le débat tenu à l’occasion du lancement du « Manifesto Preserva Brasil«  débat online piloté depuis Genève. Je vous propose en annexe une transcription en français de cette discussion que vous pouvez visionner en portugais sur youtube à l’adresse: https://www.youtube.com/watch?v=931-xsxWGjU&t=355s).

Durant ce débat les orateurs brésiliens, Fernando Gabeira, Reinaldo Azevedo et Jamil Chade ont insisté tous trois sur la nécessité de construire un autre discours autour de ce qui se passe en ce moment au Brésil que celui tenu par les autorités en place. Moi-même, j’ai apporté une contribution complémentaire en tentant d’expliquer ce qu’est la démocratie suisse et comment elle peut en partie inspirer le Brésil pour sortir de l’impasse politique actuelle.Transcription Lancement du Manifesto Preserva Brasil

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Autre point de vue complémentaire, l’analyse de Ivann Lago sociologue et politologue, professeur à l’université fédérale de la frontière sud de Campo Cerro (RS) qui se penche sur le phénomène de ce qu’on appelle le « Brésilien moyen » qui, de son point de vue, « a un Jair Bolsonaro dans la tête » et considère que ce président exprime son moi profond. Terriblement inquiétant, mais réaliste. 

Ivann Lago explique ainsi pourquoi aujourd’hui encore, deux ans après son élection, 30% des électeurs de Bolsonaro continuent inconditionnellement à croire en lui, malgré ses dérapages perpétuels. Ce constat amère ne doit cependant pas nous décourager, en octobre 2018, Jair Bolsonaro avait obtenu les voix de 66% des électeurs, aujourd’hui, même si un tiers d’entre eux le soutiennent encore, un autre tiers a pris ses distances. C’est sur ce socle qu’il faut imaginer construire une alternative démocratique unitaire… LE JAIR QUI EST EN NOUS

Bonnes lectures

Jean-Jacques Fontainehttps://visionbresil.wordpress.comvisionbresil@gmail.com

 

Débordé par l’épidémie de Covid-19, épinglé pour son bilan climatique, critiqué pour stratégie des privatisations, le Brésil accumule aujourd’hui les indices négatifs. Et la dynamique en cours semble montrer que le pays nage à contre-courant du reste du monde. Il recule là où il devrait avancer.

(suite…)

« On a su tout de suite que nous serions les plus atteints vu les déficiences du service public de santé, » explique le Front de mobilisation de la Maré, un complexe de favelas situé près de l’aéroport international de Rio de Janeiro. Face à la paralysie du système public de santé et aux difficultés rencontrées par les dizaines de milliers de travailleurs autonomes qui ont perdu leur emploi, le Front de la Maré a choisi l’information comme outil de lutte contre la pandémie. C’est l’une des nombreuses initiatives qui sont nées dans les favelas de Rio de Janeiro pour pallier au collapse du système public de santé et faire face aux conséquences, pour les plus démunis, des déficiences des pouvoirs publics face à l’arrêt forcé de toute l’activité économique. (suite…)

« Nous avons besoin d’être ravitaillés en denrées alimentaires de base, nous avons besoin de soutien financier. Sans votre aide, les peuples indigènes du Brésil ne pourront faire face à cette terrible maladie. » Raoni a lancé cet appel au monde depuis son village où il s’est confiné. Comme d’autres communautés amérindiennes.

Ainsi, dès l’apparition des premières manifestations du Covid-19, mi-mars, deux peuples de la Terre Indigène Caru, dans le nord de l’État du Maranhão, ont décidé de se réfugier au plus profond de la forêt pour se protéger. « La décision a été prise après une réunion avec la majorité des Indiens de nos villages », explique Antônio Guajajara, cacique de l’une de ces ethnies. Désormais, seuls les habitants locaux sont autorisés à aller et venir, les fonctionnaires gouvernementaux de la FUNAI, la Fondation pour l’Indien et les indigènes des autres villages sont interdits d’entrée jusqu’à nouvel ordre. (suite…)

Bonjour,

Jair Bolsonaro joue à la roulette russe avec le coronavirus, c’est en tout cas le message qu’il semble donner à ses concitoyens en qualifiant l’épidémie de petite grippe et en s’affichant au milieu des foules malgré la quarantaine décrétée par son ministre de la Santé. Une cacophonie politique qui laisse présager une grave crise si la pandémie s’étend au Brésil comme le pensent tous les spécialistes.

Mais pendant que la maladie avance, la chasse aux militants qui défendent les Droits de l’Homme et l’environnement ne faiblit pas, c’est ce qu’est venu nous confier Claudelice da Silva Santos, invitée par le FIFDH, le Festival international des films sur les Droits de l’Homme qui s’est tenu en mode confiné à Genève du 6 au 15 mars dernier.

Bonne lecture et prenez soin de vous !

Jean-Jacques Fontaine – visionbresil@gmail.com

Post-scriptum: l’association Jequitiba à laquelle j’appartiens, qui fait de la formation pour les radios communautaires a décidé d’aider financièrement 200 familles des enfants de Cidade de Deus à Rio de Janeiro, qui fréquentent l’ONG « Semente da Vida » avec laquelle nous avons collaboré, en prenant sur les fonds réservés à notre projet en Colombie, gelé dans les circonstances actuelles. Les personnes qui voudraient s’associer à cette action d’aide d’urgence peuvent verser leurs dons sur le compte de l’ONG Jequitiba, mention « aide Brésil », UBS Switzerland AG, case postale, 1211 Genève 2, Compte postal 80-2-2, IBAN CH40 0024 6195 0301L, BIC: UBSWCHZH80A (pour les versements depuis l’étranger).
Précision complémentaire: il s’agit de fournir un kit de produits sanitaires et d’aliments de base à chacune de ces famille pour un montant de 100 R$, équivalent à 20CHF / 18 euros

9 morts et plus de 100 blessés dans la nuit de vendredi15 à samedi 17 novembre à Cochabamba (Bolivie), suite à des confrontations entre police et supporter d’Evo Morales, destitué le 11 novembre dernier de son mandat de président de la Bolivie et réfugié au Mexique. Evo Morales est accusé d’avoir trafiqué le résultat des élections pour obtenir un 4ème mandat. 31 août 2016, destitution de Dilma Roussef au Brésil par les Chambres législatives, elle est accusée d’avoir trafiqué les comptes de l’État pour cacher l’ampleur du déficit des finances publiques.

Octobre 2019, les Chiliens sont dans la rue pour protester contre la hausse du prix du billet de métro, puis revendiquer plus de citoyenneté au sein du gouvernement. Après des semaines d’agitation, le président Sebastian Pinera et l’opposition se sont mis d’accord pour mettre en place d’une nouvelle constitution, précédée d’un plébiscite qui aura lieu en avril 2020. Juin 2013, les Brésiliens sont dans la rue pour protester contre la hausse du prix des transports publics puis réclamer plus de place pour les citoyens dans les organes du pouvoir. Dilma Rousseff propose de nommer une nouvelle constituante, le parlement bloque le projet.

L’histoire fait de désagréables pirouettes en Amérique du Sud. C’est toute la région qui est ébranlée et ces soubresauts ont de quoi inquiéter à juste titre les populations du sous-continent pour ce qui est de leur avenir immédiat alors que les effets de la crise économique du début des années 2010 sont loin d’être résorbés.

Dans ce contexte, que représente la mise en liberté provisoire de Lula ? Il m’a fallu un peu de temps pour en prendre la mesure, laisser retomber l’excitation soulevée par cette relaxation, tant chez les pro que chez les anti-Lula, écouter les réactions multiples et contradictoires des éditorialistes, tant au Brésil qu’en Europe, et finalement cerner ce dont cet événement est porteur.

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Pour plus de détails, je vous propose cet article de The Conversation : « Qu’arrive-t-il à l’Amérique latine ? »

Version anglaise : https://theconversation.com/whats-going-on-in-south-america-understanding-the-wave-of-protests-126336
Version en espagnol : http://theconversation.com/que-esta-ocurriendo-en-sudamerica-127045
Notez également le Festival Filmar en America latina à Genève du 15 novembre au 1er décembre, le plus grand festival de films latino-américains en Europe, 80 longs-métrages, http://filmaramlat.ch
Et encore ce rappel : mes livres « Le Brésil de Jair Bolsonaro, chroniques avril-mai 2019 » et « Amazonie en feu, état d’urgence » sont disponibles en souscription au prix respectifs de 14,50 euros /16 CHF et  15,50 euros / 17 CHF en m’envoyant un email avec votre adresse postale sur visionbresil@gmail.com

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