» #alerteamazonie  »

La nuit qui s’est abattue à 15 :00 sur les 18 millions d’habitants de Sao Paulo, lundi dernier 19 août, à cause de la fumée des incendies en Amazonie n’a pas été sans effet… Une vaste prise de conscience semble se dessiner, suite à cet événement climatique spectaculaire, de l’urgence de la situation et de la nécessité de se mobiliser : prises de position officielles au plan international, convocations de manifestations citoyennes et pétition ont fait leur apparition depuis deux jours. Insuffisant sans doute pour mettre fin à la catastrophe actuelle, mais un espoir pour qu’elle ne se reproduise plus…

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU s’est dit jeudi sur Twitter « profondément préoccupé » par les incendies en Amazonie en réclamant que l’Amazonie soit protégée: « En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité ». Peu avant, Emmanuel Macron, également sur les réseaux sociaux, a déclaré : « notre maison est littéralement en feu, la forêt amazonienne, qui produit 20% de l’oxygène de notre planète brûle, c’est une crise internationale, je vais mettre cette question urgente  à l’ordre du jour du G7 qui se réunit ce week-end à Biarritz.

Mentalité coloniale

Réaction de Jair Bolsonaro : « le président Macron cherche à instrumentaliser une question intérieure au Brésil pour son profit personnel. Mettre cette question à l’ordre du jour du G7 où le Brésil n’est pas représenté relève d’une mentalité coloniale ». Et d’ajouter, reprenant un slogan largement employé par les autorités durant les années de la dictature : les pays étrangers veulent s’emparer de l’Amazonie, il nous faut défendre ce territoire brésilien.

Bolsonaro condamne le ton sensationnaliste employé par le président français à propos de l’Amazonie, « qui n’aide pas à la solution du problème », mais se dit « ouvert au dialogue à partir de données objectives et dans le respect mutuel ». C’est dans sa manière, après avoir agité menaces et anathèmes, le président brésilien recule. Il est sensible aux pressions et à l’opinion publique.

Bolsonaro met de l’eau dans son vin

C’est ainsi qu’après avoir accusé sans preuve les ONG d’être à l’origine des incendies criminels qui ravagent la forêt, Jair Bolsonaro admet que c’est peut-être « aussi » les fermiers qui les ont allumés – sans avancer non plus aucun élément de preuve – et appelle tous les acteurs de la région à s’unir pour combattre la catastrophe. Il convoque aussi tous ses ministres aujourd’hui même vendredi, afin de mettre sur pied un cabinet de crise en vue de maîtriser la situation « et publier des chiffres officiels réels sur le déboisement ».

Même si visiblement les « institutionnels » s’en mêlent, il ne faut donc pas relâcher la pression citoyenne. Une série de manifestations sont convoquées ce week-end, une quarantaine dans les villes du Brésil, sous le hasthag « #SOS Amazônia » et plusieurs autres à Londres, Paris, Madrid, Lisbonne et Dublin.

Pétition et intervention dans les médias

Une pétition a aussi été lancée sur le site Avaaz (en portugais), mais je vous traduis son contenu ici. N’hésitez pas à la signer.

 » C’est effrayant ! Nous avons perdu un demi-milliard d’arbres en Amazonie l’an dernier. En ce moment même, les défenseurs de la forêt au Congrès brésilien étudient de nouvelles mesures de protection et les groupes autochtones demandent l’aide internationale pour faire pression et sauver la forêt. Nous montrerons que les citoyens du monde entier soutiennent la défense de l’Amazonie ! C’est terrifiant, mais Avaaz vient de déposer plus d’un million de signatures au Congrès national brésilien. Cette pétition est en train de se généraliser au plan international. Les incendies sont incontrôlables, augmentons la pression sur le gouvernement pour nous assurer qu’il prenne des mesures avant qu’il ne soit trop tard. Signez et partagez cet appel autant que vous le pouvez !

https://secure.avaaz.org/campaign/po/amazon_apocalypse_loc/?bTVmZkb&v=118610&cl=16151942835&_checksum=5e72521837bae814ee1fe7d5397b4de2111564e0b30afdb533027a6d9d169c40

Aux membres du Congrès brésilien, au gouvernement de Jair Bolsonaro et aux dirigeants du monde :

En tant que citoyens du monde, nous sommes horrifiés de voir l’augmentation rapide de la destruction de la forêt amazonienne ces derniers mois. Le sort de l’humanité est directement lié au sort de l’Amazonie. Nous vous demandons de faire tout ce que vous pouvez pour protéger la forêt, y compris d’adopter des lois pour protéger les réserves publiques et mettre fin à la déforestation illégale, et d’accroître la pression internationale pour empêcher la destruction de l’Amazonie.

Pour ma part, je suis intervenu sur la question à la demande de la radio suisse RTS La Première, émission Forum et du Journal télévisé de 18 :00 de Radio Canada. Voici les liens sur ces deux émissions :

https://rtsww-a-d.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/2019/forum_20190822_standard_developpement-2_7c463479-ccc3-4411-9005-ae6f83de0f4e-128k.mp3?mediaId=10637605

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2730215367023453&id=131191820259167

Les incendies en cours vont se poursuivre

Quant aux feux eux-mêmes, il est pratiquement impossible de les arrêter par l’action de l’homme. Les foyers de combustion se propagent dans le sol, sous les grands arbres, à travers l’humus et les racines, et les zones où il se répand sont souvent inaccessibles. La forêt amazonienne va donc certainement bruler encore des jours voire quelques semaines avant que la pluie et les conditions naturelles mettent fin à ces incendies.

Actuellement, on recense près de 72’000 foyers actifs,  le double de la même période de 2018. D’habitude, disent les spécialistes, les feux de forêt d’Amazonie dégagent entre 500 et 600 tonnes de dioxine de carbone par an. En 2019, on en est déjà à 200 tonnes et ce n’est que le début de la saison sèche.

La mobilisation est donc particulièrement nécessaire et elle ne doit pas s’arrêter:  

#alerteamazonie 

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