trablho domestico

Légalement, elles ne peuvent pas mesurer moins de 6 m2 et doivent comporter un espace pour une salle de bain d’au moins 1,2 m2. Elles, ce sont les chambres de bonnes qu’on trouve encore dans la plupart des appartements des grandes villes du Brésil. Cette norme établissant la surface vitale minimum à respecter pour pouvoir loger chez soi une employée de maison n’a été établie dans les années 1970. Elle n’a pas effacé l’image de la ségrégation sociale qu’incarnent ces cubiculums de fond de couloir.

quarto de empregada« L’histoire des chambres de bonne montre à quel point ce pays n’a jamais cherché à effacer les barrières sociales qui divisent sa population ». C’est la thèse exposée par William Bittar, professeur à la Faculté d’Architecture et d’Urbanisme de l’Université fédérale de Rio de Janeiro : « La division dans l’habitat remonte à l’époque de l’esclavage. Les demeures de maîtres étaient séparées entre la Casa grande, la grande maison où vivaient les familles et la Senzala, l’annexe, où s’entassaient les esclaves ».

Une vie séparée du reste de la maison

Après l’abolition de la servitude et l’apparition des immeubles à plusieurs logements, cette séparation s’est perpétuée. « Dans les années 1920, le Brésil a cantonné les chambres de bonnes à la mode parisienne, dans les derniers étages, là où la chaleur en été et le froid en hiver rendaient la vie difficile. Puis on s’est mis à les construire au sein des logements, dans l’arrière des cuisines ».

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Ces appentis attribués aux employés sont desservis des ascenseurs de service et des portes secondaires qui permettaient d’éviter le contact direct avec les habitants et leurs invités. D’après Mario Saleiro Filho, professeur d’architecture à l’Université rurale de Rio de Janeiro, il y avait même un discours affirmant qu’il ne fallait pas mélanger la cuisine avec la salle à manger afin d’éviter d’entendre les voix des employés de maison lorsqu’on dinait !

Des espaces désormais réversibles

Ce n’est qu’à partir des années 1980 que les choses ont commencé à évoluer. Non pas pour le bien-être des femmes de ménage, mais parce que le renforcement des droits légaux octroyés aux employés de maison rendait leur coût de plus en plus élevé. Les chambres de bonnes ont quartoempregada escritorioalors commencé à avoir un statut réversible, pouvant être transformées au gré des besoins en bureau ou en réduit de rangement. Mais elles continuent à garder leur fonction en cas de retour des bonnes dans la maison…

Actuellement pourtant, ces espaces tendent à tomber en désuétude. Sanderson Fernandes, directeur de l’agence immobilière Avanço Realizaçoes Imobiliarias affirme que les nouvelles constructions en chantier ne prévoient plus de chambre de bonne. « Ces espaces ne représentent plus une valeur ajoutée parce que les clients n’en voient pas l’utilité ».

Des préjugés raciaux tout en douceur, qui ont la vie dure

paternalismoPour Giovana Xavier, coordinatrice du Groupe d’Études et de Recherches des Intellectuels Nègres de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, la survivance des chambres de bonne est l’illustration des préjugés véhiculés à l’égard des personnes de couleur : « C’est un paysage violent, une culture de l’espace, qui discrimine les femmes noires, lesquelles composent la majorité des employés domestiques, en reproduisant l’idée qu’elles sont nées pour servir les autres, notamment les familles blanches ».

Eunice tabalhadora domesticaGiovana Xavier rappelle que le Brésil est le pays qui compte le plus grand nombre de travailleurs domestiques au monde et que le sens commun voit cette activité non pas comme une profession, mais une aide : « les patrons sont encouragés à considérer qu’ils font une faveur à leurs domestiques en leur ouvrant leur porte ».

Une inégalité vue comme irréversible

empregadas domestica negraDanielle Cireno Fernandes, coordinatrice du centre de recherche sur les programmes sociaux de l’Université fédérale du Minas Gerais complète : « C’est un emploi précaire où les gens perdent leur identité, cependant la relation entre maîtres et domestique est empreinte d’une cordialité paternaliste. Le modèle fonctionne au Brésil à cause de la persistance de l’inégalité et du manque de possibilité de gravir l’échelle sociale pour les plus pauvres ».

Et Danielle Cireno Fernandes de conclure : « les Brésiliens regardent l’inégalité comme une tragédie, mais pas comme une situation que l’on peut changer. Ils tolèrent donc cette fatalité et les plus pauvres acceptent ces conditions ».

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