botafogo

Botafogo, quartier du centre-ville plus riche que Lagoa et Ipanema, adresses nobles de la Zona Sul, Pavuna, dans la Zona Norte en queue de liste depuis que les grands axes routiers de la Linha Vermelha et de la Linha Amarela ont fait du quartier un « îlot cerclé de favelas », ce sont quelques-unes des surprises de l’Indice de Progrès Social (IPS) divulgué la semaine dernière par l’Institut Perreira Passos de la Municipalité de Rio de Janeiro. Un indice qui va de zéro à cent points et prend en compte 36 indicateurs différents comme l’accès au réseau de distribution d’eau potable, la mise à l’égout des habitations, le taux de mortalité, l’incidence de la dengue et du HIV, les homicides perpétrés contre les jeunes de couleur et la fréquentation de l’enseignement supérieur.

Il est donc bien plus complet que l’IDH, l’indicateur du Développement Humain de l’ONU qui ne se base, lui que sur 3 facteurs, l’espérance de vie à la naissance, la scolarité moyenne et le PIB par tête, mais ne prend pas en compte les données économiques. C’est donc un tout autre visage d’un lieu donné qui est tracé par l’IPS. Dans le cas de Rio de Janeiro, les résultats réservent des surprises.

Du mieux dans le traitement des eaux usées mais déficit d’écoles

CopacabanaNon seulement à travers le fait que l’ancienne zone résidentielle du centre-ville, Botafogo, Flamengo, Catete, Cosme Velho affiche une dynamique de développement supérieure aux quartiers résidentiels du bord de mer comme Copacabana, Ipanema et Leblon, mais encore parce que le secteur des équipements publics qui présente le plus de carence n’est pas celui qu’on croit : du point de vue de l’approvisionnement en eau potable et du raccordement aux égouts, la municipalité s’en sort plutôt bien, indice de 83,72, alors que sur le plan de l’éducation, le résultat est franchement mauvais, note 32,36.

saneamentoAutre indication de cette statistique, la Zone Nord de Rio de Janeiro reste celle qui affiche le plus de carence : « un des principaux messages de ce rapport », explique Michel Green, directeur exécutif du Social Progress Imperative qui a élaboré la méthodologie de cette enquête, « c’est que deux régions administratives de la Zona Sul, Botafogo et Lagoa affichent une croissance du progrès social très élevée, indice supérieur à 85 alors que six régions administratives, toutes situées dans la Zona Norte à l’exception de la région portuaire présentent des indices de progrès social inférieur à 50 ».

Une carte de l’inégalité qui évolue peu

MARCOS46 - RJ - 26/03/2015 - EDUCACAO/FABRICA DE ESCOLAS DO AMANHA/RIO - CADERNO ESPECIAL DE EDUCAÇÃO - CIDADES OE - Obras da Fábrica de Escolas do Amanhã, que está sendo construída no Complexo da Maré, na zona norte do Rio de Janeiro. Foto: MARCOS DE PAULA/ESTADÃO

Dans le domaine de l’éducation, cela se traduit par le fait que seul 1 % des habitants de la région de Jacarezinho ont accès à l’enseignement supérieur contre 58 % dans la zone de la Lagoa. La carte de l’inégalité ci-dessous est donc tout à fait révélatrice, 48 % de la population de Rio de Janeiro vit dans des quartiers, au sud, où l’indice de progrès social peut être considéré comme acceptable ou satisfaisant (indice supérieur à 50), alors que l’autre moitié des Cariocas (52 %) vit dans des régions, au nord, pénalisées par des carences sociales.

La politique de redistribution sociale des bénéfices de la croissance adoptée par les gouvernements successifs depuis 2003 n’a donc pas entièrement porté ses fruits. Par contre l’embellie économique que Rio de Janeiro a connu depuis 2009 avec l’envolée des prix du pétrole jusqu’à l’année dernière et les travaux entrepris pour la préparation des Jeux olympiques ont dynamisé l’emploi, particulièrement pour la main d’œuvre qualifiée et cela explique sans doute l’amélioration des conditions de vie dans les régions centrales de Botafogo, Flamengo, Catete et Cosme Velho.

Instituto Trata Brasil - Onde o Rio é melhor e pior (1)

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