Des syndicalistes qui s’accrochent à leur poste; Tribunaux en panne; Une police qui tue; Tourisme sexuel; Fausse idée sur la mixité raciale; La « paléo-grotte » d’Amazonie

sindicato

Selon une statistique du Ministère du Travail, 8’500 dirigeants syndicaux occupent leur poste depuis plus de 10 ans, au sein d’une constellation de 10’620 syndicats différents qui récoltent annuellement3,18 milliards de R$ de cotisations obligatoires (1,06 milliards de CHF / 972 millions d’euros).

 C’est un impôt syndical inscrit dans la loi, équivalent à la rémunération d’une journée de travail, qui frappe tous les salariés, même les non-syndiqués. L’usage de cette manne financière par les centrales de défenses des travailleurs est tout sauf transparente. Il y a des abus criant comme celui de cette présidente du syndicat des employés de commerce de Niteroi, dans l’Etat de Rio de Janeiro, qui vit la plupart du temps dans un luxueux penthouse… à Dubai ( !) résidence de son mari. De source syndicale, on affirme que seuls 30% des syndicats au Brésil peuvent être considérés comme « sérieux ».

Tribunaux en panne

tribunais em atrasoA l’heure où pleuvent les inculpations de politiciens et de chefs d’entreprise en relation avec le scandale de corruption de Petrobras, les brésiliens s’interrogent sur les suites judiciaires de ces enquêtes. Seront-ils jugés ? Seront-ils condamnés ? Et quand ? Car les tribunaux brésiliens sont totalement engorgés à cause d’une pesante bureaucratie et d’une inertie sans limite de leurs fonctionnaires.

Le Conseil national de Justice estime qu’actuellement les tribunaux détiennent un stock de 70 millions de cas en attente de jugement et 30 millions de nouveaux cas se sont ajoutés ces 12 derniers mois. Soit 100 millions d’actions pendantes, pour une population de 204 millions d’habitants, c’est pratiquement un procès pour 2 habitants !

Résultat, seuls 29 cas sur 100 reçoivent une sentence, en outre toujours susceptible de recours, ce qui enclenche une nouvelle procédure. Ce système judiciaire chaotique accumule ainsi les records de lenteur dans les affaires, comme celle de la catastrophe du « Bateau Mouche » qui a coulé dans la Baie de Guanabara à Rio de Janeiro lors du Réveillon de 1988, faisant 153 morts. Il a fallu 15 ans pour arriver à une première condamnation des responsables, qui ont fait recours. Le procès court donc toujours, 27 ans après la tragédie…

Une police qui tue sans discernement

Violência-nas-favelas-do-Rio-Wilton-Júnior-AEDans une enquête-choc qu’elle vient de publier, Amnesty International affirme que le Brésil « vit une crise aigue de sécurité publique depuis 30 ans, avec une moyenne de 29 assassinat pour 100’000 habitants. La moitié de ces morts sont des jeunes de 15 à 29 ans. Pire, une partie non négligeable de ces assassinats, 16%, indique encore le rapport d’Amnesty « Vous avez tué mon fils, homicides commis par la police militaire à Rio de Janeiro », peuvent être assimilés à des exécutions sommaires pratiquées par des policiers, sous le couvert de « légitime défense face à des comportements de résistance de suspects ».

José Mariano Beltrame, Secrétaire d’Etat à la Sécurité de Rio de Janeiro critique la démarche d’Amnesty International. Il considère la publication comme « téméraire et injuste, car elle stigmatise par anticipation l’attitude de la police au moment où les indice de criminalité sont en forte baisse à Rio de Janeiro ». Atila Roque, directeur exécutif d’Amnesty International pour le Brésil reconnaît que Rio de Janeiro a fait d’importants progrès au cours de cette dernière décennie pour réduire le nombre d’homicides et les actes de résistance, mais il souligne que « la culture de guerre est toujours très présente au sein de la police militaire ».

Un tourisme sexuel toujours bien présent

turismo do sexoDe 2013 à aujourd’hui, 3’350 sites internet associant le Brésil à la pornographie ont vu le jour dans différentes langues. C’est plus que les 2’165 pages de ce type que le Ministère du Tourisme à réussi à éjecter de la Toile entre 2011 et 2012. La majorité de ces nouveaux sites à connotation sexuelle associent des symboles brésiliens à de la pornographie, à l’image du Pain de Sucre comme objet phallique, mais 555 promeuvent la prostitution, et 124 autres la pornographie infantile.

Pour la Police fédérale, qui fait la chasse à ces sites douteux, les grands événements comme la Coupe du Monde de football de 2014 ou les futurs Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016, qui mettent le Brésil en exergue sur le plan international stimulent cette recrudescence malsaine. Les autorités appellent à dénoncer systématiquement ces pratiques en appelant le « Disque 100 », du Secrétariat aux Droits de l’Homme de la Présidence fédérale qui a déjà reçu plus de 5,4 millions d’appels ces 2 dernières années pour dénoncer des cas d’exploitation sexuelle infantile.

Le Brésil a reçu 6,9 millions de touristes en 2014, 87% ont organisé leur séjour par l’intermédiaire d’internet. Le Ministère du Tourisme, cependant, ne dispose par d’estimation sur la quantité de visiteurs qui se rendent au Brésil motivés par le tourisme sexuel.

Fausse idée sur la mixité raciale du Brésil

mistura racialLa population a beau sembler un chaudron multiracial aux yeux des visiteurs qui débarquent au Brésil pour la première fois, elle n’est pourtant pas si mélangée qu’on l’affirme souvent. Une étude génétique de l’ancestralité des brésiliens vient en effet de démontrer que les personnes se marient majoritairement entre égaux et qu’ainsi, les lignées de descendants sont plus homogènes qu’il n’y paraît. Trois échantillons différents ont été choisis par les chercheurs pour mener cette analyse génétique, 3’736 habitants de Pelotas dans le Rio Grande do Sul, 1’442 à Bambuí (Minas Gerais) et 1’309 à Salvador.

76% des gènes trouvés à Pelotas et 78% de ceux recueilli à Bambuí révèlent une ascendance européenne, alors que 50% des gènes collectés à Salvador sont de souche africaine, et seuls 6 à 8% sont d’origine indigène dans les 3 villes. Les gens auraient donc une tendance majoritaire à se marier au sein de leur propre groupe social concluent les auteurs de cette étude. « Nous sommes mélangés, mais pas autant qu’on le croit », conclut Eduardo Tarazona Santos, un des auteurs de la recherche. « Je ne dirais pas pour autant que notre étude détruit le mythe de la démocratie raciale brésilienne, mais elle relativise ou modère cette image ».

La « paléo-grotte » de Ponta de Abunã

caverna-escavada-por-preguica-gigante-e-descoberta-na-ponta-do-abuna940x529_93162aicitono_19ris0areovv1ogu1fmjdadacmaL’Amazonie recèle décidément bien des surprises… Des géologues viennent de découvrir une succession de tunnels géants creusés dans le sol, dans la région de Ponta de Abunã dans l’Etat du Rondônia, à la frontière de la Bolivie. Circulaires ou en demi-cercle, ces excavations auraient été percées il y a 10’000 ans par des animaux aujourd’hui disparus, des paresseux géants mesurant plus de 6 mètres de long et pesant 1 tonne et demi. Parfaitement conservées, les parois de ce réseau de galeries long de 200m portent encore les traces de griffe de ce mammifère préhistorique.

preguisa_CASAIl faut dire qu’à cette lointaine époque, l’Amazonie n’avait rien d’une forêt ! C’était une vaste savane habitée par des animaux géants dont des crocodiles mastodontes et ces paresseux gigantesque. Les habitants du lieu connaissaient certes l’existence de ces tunnels, mais ils les considéraient comme des excavations d’origine humaine, creusées par des chercheurs d’or. Au total, on a recensé au Brésil plus de 1’000 de ces « paléo-grottes creusées par des animaux préhistoriques disparus, un phénomène strictement limité au continent sud-américain.

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