extraçao Areia praiaPraia Buena, em São Francisco de Itabapoana, RJ.

C’est l’ONU qui tire la sonnette d’alarme: l’exploitation sans limite du sable au niveau mondial,  pour les besoins croissants de la construction liés à l’urbanisation met en danger les zones littorales du globe et personne parmi les responsables politiques n’en a conscience. Non seulement l’écosystème est détruit par l’extraction sans précaution sur les plages et dans les zones sablonneuses, mais la destruction des côtes accentue le risque de catastrophes naturelles pouvant toucher les populations riveraines.

Selon les estimations conservatrices du PNUMA, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, 40 milliards de tonnes de sable et de gravier sont extraits du sol chaque année dans le monde. Un kilomètre de route requiert 30 tonnes de sable, une maison 200 tonnes.

Le Brésil dans le collimateur

construçao estradaLa situation est particulièrement critique dans 70 pays, dont l’Inde, le Maroc, mais aussi le Portugal et le Brésil. Même lorsque la législation établit des règles pour
préserver l’environnement dans le cadre de l’ouverture de carrières, le danger n’est pas écarté car l’exploitation illégale est systématiquement pratiquée et mal contrôlée. C’est le cas à Rio de Janeiro, métropole de 12 millions d’habitants, en proie à une pénurie permanente de logements, et qui a entrepris des grands travaux de rénovation urbaine dans le cadre de la préparation des JO 2016.

Seropédica par exemple, municipalité située à 75km de Rio fait partie des « cas critiques » aux yeux du PNUMA. La région a vu s’éteindre en quelques années sa vocation agricole, remplacée par l’exploitation à grande échelle d’une zone sablonneuse de 50km2 où 80 sites d’extraction sont en activité. Vu des airs, la région semble perforée d’une multitude de lacs et d’étangs d’une très belle couleur bleu turquoise.

seropedica aerea

Nappe phréatique polluée et population abandonnée

Au sol, le paysage est moins idyllique : routes défoncées, poussière en permanence et cette couleur artificielle des eaux résultat des procédés géochimiques d’extraction du sable utilisés par les dragues flottantes qui empoisonne la nappe phréatique. Les habitants de la région, naguère paysans, survivent mal au sein de ce microcosme lunaire et, paradoxalement, ils manquent d’eau au milieu de 80 lacs de cratère !

extraçao areia« Il n’est pas possible de récupérer à 100% un lac de cratère creusé par l’extraction du sable », reconnaît Eduardo Duarte Marques, du Service géologique du Brésil. « En 2001 et 2003, des protocoles de bonne conduite ont été passés entre le syndicat des exploitants de Seropédica et les organes de protection de l’environnement pour récupérer les zones les plus dégradées. Beaucoup d’idées ont circulé, comme l’installation de pisciculture ou de cultures maraîchères hydroponiques, mais rien ne s’est réellement fait ».

Une importante source de revenu

estoque areiaC’est que le Syndicat des exploitants des mines de sable de l’Etat de Rio de Janeiro n’est pas prêt à remettre en question le trésor sur lequel il est assis. Il assure 70% de l’approvisionnement de la capitale à travers les sites qu’il exploite à Seropédica, à Duque de Caxias et à Cabo Frio. « N’importe quelle exploitation
minière a un impact sur l’environnement » résume Decio Tubbs, professeur à l’Université Fédérale rurale de Rio de Janeiro, « mais ce que l’on peut faire pour réduire cet impact, c’est inciter au recyclage des matériaux, remettre les zones en état après exploitation et surtout, lutter contre l’extraction illégale ».

Trabalhador em draga para extração ilegal de areia no Rio PotiCe combat contre l’extraction illicite du sable, c’est l’objectif principal de la campagne que l’ONU lancer au plan international. Elle a fait inscrire ce thème dans les « questions émergentes » de la COP 20, la Conférence sur le climat qui s’est tenue à Lima au Pérou début décembre dernier. 2015 devrait être l’année de la prise de conscience. (Source, O Globo, 4 janvier 2015)

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