Bonjour,

J’ai l’immense plaisir de vous signaler que mon livre « l’Invention du Brésil » est paru aux éditions l’Harmattan. Après une longue course d’obstacles de plus d’un an, il est désormais disponible en librairie. 

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Reste maintenant à le faire connaître. En effet, 65’000 nouveaux titres ou nouvelles éditions sont mis sur le marché francophone chaque année et seuls 9’000 à 15’000 sont présents dans les librairies. Je souhaite que « l’Invention du Brésil » en fasse partie afin que cet ouvrage ne passe pas inaperçu. Pour cela, j’ai besoin de votre aide !

FAITES SAVOIR QUE CE LIVRE EXISTE !

Demandez à votre libraire habituel de vous le commander et d’en avoir un certain nombre d’exemplaires sur ses rayons.

VENEZ AUX DIFFERENTS LANCEMENTS 

que j’ai pu organiser et invitez-y vos connaissances : il y en a actuellement 8 agencés :

–       Vendredi 2 mai, Genève            17h30, Librairie du Boulevard, 34 rue de Carouge

–       Samedi 3 mai, Lausanne           15h30,, Librairie Payot, Place Pépinet 4

–       Mercredi 7 mai, Fribourg          17h30, Librairie Albert-Le Grand, 1 rue du Temple

–       Lundi 12 mai, Paris 8ème            19h00, Association France-Amériques, 9-11 avenue Franklin D. Roosevelt (payant, inscription en ligne: http://www.france-ameriques.org/events.html                                                                      

–       Mardi 13 mai, Paris 7ème            18h00, IHEAL CREDA, (Institut des Hautes Etudes sur l’Amérique Latine), 28 rue Saint-Guillaume

–       Mercredi 14 mai, Paris 5ème     18h30, Librairie l’Harmattan, 16 rue des Ecoles

Pour les lecteurs de Belgique, il y aura peut-être un lancement à la Librairie Filigranes, mais je n’ai pas encore de confirmation. Les lecteurs du Brésil, eux, devront attendre un peu, les lancement auront lieu vraisemblablement à Rio de Janeiro et Sao Paulo, après le 26 mai.

En annexe, je vous livre la préface écrite par Jean-Pierre Langellier, ancien correspondant du Monde au Brésil, l’introduction et la table des matières de l’ouvrage

Bonne lecture, j’espère pouvoir vous rencontrer

Jean-Jacques Fontaine, Vision Brésil

https://visionbresil.wordpress.com

Sans titre

 

PRÉFACE (J-Pierre Langellier, ancien correspondant au Brésil du journal Le Monde).

Après cinq siècles d’existence, le Brésil fait désormais partie des grands de ce monde. Un destin souvent promis, longtemps ajourné, et qui enfin s’accomplit. Tout intéresse et concerne le géant sud-américain, devenu « acteur global » dans un monde multipolaire : diplomatie, économie, commerce, énergie, climat, espace, culture, religion, sport. Tout ce qui l’affecte ou l’agite retient, en retour, l’attention accrue de ses grands partenaires, et de leurs opinions publiques. D’où la curiosité du monde lorsque des manifestations ont enfiévré ses grandes villes en 2013. D’où, aussi, l’attente particulière que suscitent les deux événements sportifs planétaires dont le Brésil sera bientôt l’hôte – la Coupe du Monde de football cette année et les Jeux Olympiques en 2016.

Riche de son long compagnonnage avec le Brésil, devenu son pays d’adoption, Jean-Jacques Fontaine explore, avec empathie mais sans complaisance, l’histoire de cette « invention » d’une nation, en plantant avec soin le décor naturel et humain d’un territoire aux atouts exceptionnels. A commencer par sa taille – quinze fois la France – et les ressources agricoles dont il regorge, qui ont fait aujourd’hui du Brésil « la ferme du monde ».

Ce voyage dans l’espace et le temps nous conduit des mégapoles surpeuplées, chaotiques et violentes, aux immensités convoitées d’Amazonie, où les derniers peuples indiens se battent pour leur survie collective. L’auteur, au passage, tort volontiers le cou à certains mythes lénifiants comme ceux du « melting pot » ou de la « démocratie raciale » : le Brésil, souligne-t-il, reste « une addition de minorités ethniques », moins pauvre que naguère, mais toujours profondément inégalitaire, où il vaut mieux a priori descendre d’une lignée d’émigrants d’Europe que d’une ancienne famille d’esclaves.

Pour varier le rythme et le ton de son ouvrage, mais aussi pour mieux illustrer les évolutions contemporaines de ce pays-continent, Jean-Jacques Fontaine alterne analyses et reportages, en convoquant souvent ses premières expériences brésiliennes, qui remontent aux années 1980. Ces allers retours font ressortir les insuffisances et les lenteurs des progrès dans des secteurs cruciaux de la vie sociale : infrastructures, éducation, santé, sécurité. Car le Brésil, démocratie ouverte et ardente, est malade de son État.

Un État dépensier, gourmand, qui s’engraisse trop lui-même mais n’investit pas assez, qui redistribue une part de sa manne fiscale dans la protection sociale, mais remplit mal ses devoirs primordiaux envers ses citoyens, qui continue d’allouer trop de ressources à la quête d’alliés politiques pour élargir sa base parlementaire. Un État durablement affaibli par la persistance de ses maux ancestraux : clientélisme, féodalisme régional, confusion entre argent public et privé. Jean-Jacques Fontaine fournit un utile mode d’emploi de la corruption, à tous les étages, dont l’État est à la fois victime et acteur.

Comment ensuite s’étonner que les classes médianes urbaines brésiliennes, mieux éduquées et mieux informées qu’hier, se sentent aussi mal représentées par leurs élus? Qu’elles mettent en doute la légitimité même des trois grands pouvoirs de la nation dans lesquels elles se reconnaissent de moins en moins ? Et qu’elles descendent dans la rue pour le dire haut et fort ? L’auteur espère, et nous avec lui, que le sursaut de la société civile contre la corruption hâtera les indispensables réformes, notamment judiciaires, prélude à une moralisation de la vie publique. Dans ce domaine essentiel, comme dans beaucoup d’autres, le Brésil n’a pas fini de s’inventer. 

INTRODUCTION

Brésil… un drôle de pays bâti à l’envers, qui couvre la moitié de l’Amérique du Sud. Sur la carte, sa tête est en pleine forêt amazonienne, au nord de l’Equateur, et ses pieds, 4’000 km plus bas, dans les savanes du 35e parallèle, en-dessous du Tropique du Capricorne. Economiquement cependant, c’est le pied qui commande, qui forge la prospérité. Le Brésil a bel et bien la tête à l’envers ! Voilà une nation pétrie de différences raciales, métissée à souhait, mais qui a su garder sa langue et une unité, forgée par cinq siècles de colonisation, alors que le reste espagnol du sous-continent s’est divisé en dix-neuf républiques différentes. Le Brésil est géant agricole, moteur industriel, sanctuaire environnemental, déboiseur frénétique, auteur d’une politique de redistribution sociale qui a sorti 30 millions de personnes de la pauvreté en vingt ans, mais aussi champion des inégalités, creuset de la violence et encore laboratoire d’une pacification des bidonvilles citée en exemple mondialement. Le Brésil est sans limites, le Brésil est un paradoxe. Le futur lui est toujours promis mais il ne se réalise jamais vraiment. Pourtant, le Brésil a toujours osé tout et son contraire, sans jamais s’attarder sur l’échec. C’est ce qui fait sa séduction.

« Ici, le surréalisme n’a pas réussi à exister comme mouvement artistique, mais il est devenu art de vivre » persifle Zuénir Ventura, écrivain et critique littéraire. « Le Brésil n’est pas un pays pour les débutants » ajoute le compositeur Tom Jobim. « Le Brésil est cette terre de l’absurdité où il est difficile de comprendre, à la lumière de la logique et du bon sens, certaines choses étranges qui arrivent et sont admises comme normales », tente d’expliquer le musicien Tim Maia. On ne peut plus vrai ! Ce monde nous semble bien familier au premier abord, à nous Européens, mais plus on en pénètre les différents cercles, plus son identité profonde se révèle énigmatique.

Prenez l’histoire[1]. Elle est pareille à nulle autre. La « découverte » date de 1500, avec l’arrivée de Pedro Alvares Cabral aux environs de Porto Seguro[2]. Pourtant, le Brésil existait déjà et personne ne le savait ! En effet, le traité de Tordesillas, signé six ans plus tôt, en 1494, avait fixé la division du monde entre l’Espagne et le Portugal. Une bonne moitié du Brésil actuel était donc possession portugaise, mais à Lisbonne, on l’ignorait. Cette anomalie est la première invention du Brésil.

Entre le Portugal et sa colonie ensuite, les choses étaient claires : le Brésil fournissait le sucre, exclusivement destiné au marché lusitanien, mais pas question d’y installer des manufactures, d’y cultiver de la vigne ou d’y extraire du sel, des monopoles que la métropole se réservait dans le commerce avec ses territoires d’outre-mer. Sauf que le Portugal, petit pays attardé du vieux continent, était lui-même une colonie des grandes puissances européennes de l’époque, l’Angleterre et la France. Cette double dépendance originelle du Brésil, directe envers le Portugal et indirecte à l’égard des puissances européennes, justifierait un certain repli du territoire sur lui-même, à la différence des possessions espagnoles, et le développement d’une société coloniale marquée à la fois par un fort esprit associatif et la mise en servitude de 5 millions d’esclaves importés d’Afrique.

Les incongruités ne s’arrêtent pas là. Le 29 novembre 1808, un roi, une reine, des princes et princesses d’un petit royaume de l’extrême Sud-Ouest de l’Europe, se lancent à travers l’Atlantique pour échapper aux troupes de Napoléon et viennent fonder à Rio de Janeiro, cité alors parfaitement provinciale, la nouvelle capitale tropicale de leur empire européen. Carlota Joaquina, une souveraine à moitié folle et Don João V, un empereur indécis, sont ainsi à l’origine de la seconde invention du Brésil, qui inverse d’un coup les rapports entre la métropole et sa colonie.

L’envol du Brésil actuel est le résultat de ces naissances à répétition. Il faut y ajouter l’extermination de la population indienne, un régime esclavagiste interminable qui durera plus longtemps que les autres (jusqu’en 1888), puis l’immigration soutenue des Européens chassés par la révolution industrielle à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les républiques successives, l’aventure dictatoriale et corporatiste de Getulio Vargas dans les années 1930, le « rattrapage de 50 ans de retard en 5 ans » de l’ère Kubitschek, le fondateur de Brasilia, les années sombres du régime militaire entre 1964 et 1985, la dette et l’hyperinflation de 1980 à 1993, le redressement économique du Plan Real à partir de 1994, la redistribution des bénéfices de la croissance aux pauvres durant la période Lula…

Le Brésil d’aujourd’hui est peuplé de 192 millions de citoyens. Ils n’étaient que 17 millions en 1900. Il est devenu la 7ème économie du monde et c’est la première nation catholique de la planète. C’est une forte démocratie, plutôt sûre d’elle, qui ose jouer dans la cour des grands, malgré des jeux politiques parfois troubles et une corruption qui en ternissent l’image. Le pays, cependant, est toujours à la recherche des chemins de sa stabilité. Les manifestations qui ont secoué la rue en 2013 en sont la preuve. Même si elles paraissent ne pas avoir eu les lendemains qu’on pouvait en espérer, elles annoncent une nouvelle période de mutation identitaire. Cette colère populaire signifie que le Brésil doit une fois encore se réinventer, au moment où il accueille la Coupe du Monde de football de 2014 et les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016.

« L’invention du Brésil » se veut une modeste contribution à cette réflexion. Il est le produit de 30 années d’une cohabitation discontinue entre un journaliste suisse et le Brésil. Divisé en quatre parties distinctes, qui peuvent se lire indépendamment les unes des autres, ce livre propose une approche thématique de la réalité d’hier et d’aujourd’hui, afin de permettre au lecteur d’aborder pas à pas la complexité de ce pays. Un ultime chapitre esquisse, sous forme d’épilogue, les voies que le Brésil a encore à explorer dans son chemin vers l’invention de sa stabilité.

TABLE DES MATIERES

Avant propos :  Juin 2013, la réinvention de la démocratie directe  

Première partie :   S’inventer une manière de vivre ensemble

– Démographie

– Tous pareils, tous différents

– Favelas…

– Mégalopoles

Deuxième partie :  Inventer son développement

– Agriculture

– Economie

– Emploi

Troisième partie :  Inventer des solutions pour l’environnement           

– Amazonie

– L’équation énergétique

– Mélodie en sous-sol

– Environnement et climat

Quatrième partie :  La difficile invention de la démocratie d’État

– Politique et corruption

– Médias et Églises

– Les héritages de la dictature

Epilogue : inventer des chemins vers la stabilité

[1] Pour une chronologie historique, voir l’annexe 1 en fin d’ouvrage.

[2] Les lieux géographiques mentionnés au long de l’ouvrage sont indiqués sur la carte figurant en annexe 2.

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