Il y a 50 ans, le coup d’État; la fin du Kombi; sa majesté le Frevo; un clic contre les nids-de-poule;

golpe 64L’année 2014 donne l’occasion de se souvenir du 4 avril 1964, le jour où les militaires prirent le pouvoir au Brésil pour ne plus le lâcher avant 1985. L’occasion pour beaucoup de revisiter les différents moments de ces 21 ans d’état d’exception. L’historien Marco Antonio Villa, par exemple, affirme que les premières années du régime militaire ne peuvent être qualifiée de « dictature » : le parlement, quoique bridé fonctionnait toujours, un mouvement culturel vivace né autour des chanteurs engagés du « tropicalisme » comme Chico Buarque ou Gilberto Gil occupait le devant de la scène et des manifestations de rue, à l’instar de la « Passeata des cem mil » avaient régulièrement lieu pour protester contre les restrictions aux libertés.

« Contrairement à ce qui s’est passé après l’instauration du AI5 en 1968, qui marque vraiment le début de l’arbitraire et de la dictature, les 4 premières années qui ont suivi le coup d’Etat doivent être vues comme celle d’un régime simplement autoritaire » estime Marco Antonio Villa.

Vision Brésil reviendra dans un prochain numéro sur ce moment d’histoire, notamment à l’occasion de la parution d’un livre de Jorge Ferreira et Angela de Castro Gomes, qui se sont intéressés à la période précédant immédiatement le coup d’Etat, une période encore peu étudiée. L’ouvrage doit paraître au courant du mois de mars.

La fin du Volkswagen Kombi

ultimo kombiLa célèbre fourgonnette lancée par VW en 1957 est morte de sa belle mort le jeudi 19 décembre 2013, date où fût fabriqué l’ultime exemplaire de ce véhicule à Sao Bernardo do Campo, banlieue industrielle de Sao Paulo. Le Brésil était le dernier pays à produire encore ce modèle. La mise en retraite de la « Vieille Dame », comme on la surnomme, a causé la polémique. Le syndicat des métallurgistes de Sao Paulo a en effet cherché sans succès à prolonger sa fabrication, déclanchant un mouvement de sympathie dans l’opinion publique.

Hélas, les nouvelles normes de la sécurité routière brésilienne exigent depuis le 1er janvier 2014 la présence d’airbags et de freins ABS sur tous les nouveaux véhicules. Le « Kombi » n’était pas adaptable à ces nouvelles normes. Sa robustesse légendaire, cependant nous garantit que nous allons encore le rencontrer sur les routes brésiliennes durant… allez, disons 20 ans ! Pour mémoire, la fabrication de l’autre véhicule mythique de Volkswagen, la Coccinelle -petite sœur du Kombi appelée « Fusca » au Brésil – a été stoppée en 1986. 28 ans après, on la croise toujours beaucoup. Dans les campagnes particulièrement où elle passe pratiquement partout !

Sa majesté le « Frevo »

musoe do frevo« Manifestation d’origine populaire, qui a surgi parmi les travailleurs de Recife dans le Nord-Est du Brésil, lorsque cette capitale était un foyer d’agitation nationaliste et républicain et luttait pour l’émancipation des esclaves ». C’est ainsi que l’UNESCO définit en 2012 le « Frevo », cette danse typique emblème du Carnaval dans le Pernambouc, lorsqu’elle choisit de l’élever au rang de Patrimoine Immatériel de l’Humanité.

Désormais le « Frevo » a son musée, dans un palais du centre du Vieux Recife, aménagé par la Mairie et la Fondation Roberto Marinho. Sur quatre étages, on peut y découvrir des des expositions sur la richesse de ce genre musical, mais aussi fréquenter une école de musique et de danse, ou rendre visite aux studios d’une radio online consacrée exclusivement à diffuser du « Frevo ».

Un clic contre les nids-de-poule

colabIl fallait y penser : mettre à disposition des citoyen un outil informatique leur permettant d’entrer en contact avec les autorités pour déposer une réclamation ou faire l’éloge d’une initiative des pouvoirs publics sans passer par la lourde machine de l’administration officielle. Au Brésil, avec la bureaucratie ambiante, l’idée tient de l’œuf de Colon, elle a pour nom « Colab » et elle permet entre autre à l’automobiliste de signaler immédiatement aux services d’entretien concernés la formation de trous sur la chaussée.

Il s’agit d’une forme de réseau social d’un type nouveau, créé par trois jeunes entrepreneurs de Recife, sur lequel le citoyen, au lieu de « twitter » une information en lui ajoutant un qualificatif « j’aime » -« j’aime pas », envoie un « je dénonce », « je propose » ou « j’évalue » à propos d’une réalité de son quotidien urbain qu’il constate. Charge ensuite aux trois informaticiens de Colab de convaincre les autorités de l’intérêt pour elles de cette forme de communication citoyenne. A Recife, cela a marché, la Mairie a signé un accord de collaboration avec le site, désormais intégré au portail informatique de la Municipalité. L’outil développé par les créateurs de Colab été désigné comme une des meilleures applications par la fondation franco-suisse New Cities.

Advertisements