Rio de Janeiro, la plage n’est pas à tout le monde; radiographie de la violence politique; « l’invention du Brésil » suite…

Bonjour,

praia ipanema cheia 3L’hiver boréal donne des envie d’été austral. Les plages de Rio de Janeiro sont donc bien séductrice à cette époque de l’année. Elles ne sont pourtant pas le creuset social égalitaire que l’on pourrait croire… La violence au Brésil n’est pas que criminelle: les rivalités politiques l’alimentent aussi largement, même si ce sont d’abord des affrontements de personnes. Radiographie. Et puis, en ce 3° trimeste 2013, le Brésil semble afficher de mauvais résultats économiques ainsi que dans ses performances scolaires, en comparaisons internationales. Mais si l’on examine ces chiffres d’un peu plus près, ils cachent des progrès non négligeables.

Bonne lecture et bonnes fêtes de fin d’année

Jean-Jacques Fontaine

bonecas-de-dona-lia-bandeira-do-brasil_anna-guerra_09-x-12P.S.: des nouvelles de mon livre : votre appui et mon insistance ont payé! « L’invention du Brésil » va paraître. Les éditions l’Harmattan ont en effet accepté de le publier. Dès que j’en saurai plus sur la date à laquelle il sera disponible dans les librairies, je vous en informerai. Merci de tout coeur à ceux qui se sont engagés à soutenir cette aventure!

Rio de Janeiro et ses plages : un espace faussement démocratique

photo 2

Avec l’été austral qui pointe le bout de son nez, les plages de Rio de Janeiro sont attirantes. Sont-elles pour autant accueillantes pour tous ? Pas vraiment. Les touristes s’y sentent parfois en état d’insécurité, les résidents du bord de mer se plaignent d’être envahis par la population pauvre des quartiers du nord de la ville qui ne se sont pas les bienvenus en bordure d’océan. A Rio de Janeiro contrairement aux apparences, la plage n’est pas un espace démocratique. Elle est même un lieu de ségrégation sociale affirme Julia O’Donnel, dans un ouvrage, « l’invention de Copacabana : culture urbaine et style de vie à Rio de Janeiro entre 1890 et 1940 ».

praia-ipanema cheia 2Mais si la grève carioca n’est pas équitablement partagée, c’est aussi parce que la notion du respect de l’autre est loin d’être la norme. Alors, pour jouir d’une baignade tranquille, sans se faire voler ses affaires, il faut encore souvent se méfier des intentions de son voisin de sable, quand il est jeune, noir et pauvre. Discipliner la plage pour en faire un espace public ouvert à tous impose une meilleure stratégie de surveillance de la part des forces de l’ordre, mais surtout un puissant effort d’éducation à la citoyenneté.

praia ipanema 1920Julia O’Donnel,  anthropologue originaire de São Paulo, vit à Rio de Janeiro depuis 2004. Pour sa thèse de doctorat, elle s’est penchée sur « l’histoire du projet de civilisation qui s’est construit sur la plage à partir de son occupation par les cariocas à la fin du XIX° siècle ». Avant le début des années 1900, les gens n’allaient en effet à la plage que sur indication médicale. Le bord de mer était perçu comme socialement sans intérêt. Mais dès 1920, par imitation de l’Europe et des Etats-Unis, la presse commence à en donner une autre image. La plage devient un endroit où il est élégant de se faire voir.

Domaine réservé

praia ipanema 1930Mais pas n’importe comment ! La plage est le royaume de l’élite : bronzés et élégants, ceux qui la fréquentent font et défont les modes. Leur référence s’appelle Coco Channel, telle qu’elle s’exhibe en tenue de bains dans les revues de luxe. A Copacabana, les « taiobas » qui se risquent ne sont pas accueillis à bras ouvert ! Les « taiobas », ce sont les passagers des tramways de seconde classe qui relie la Zone Nord au centre-ville. Par extension, les habitants des régions moins fortunées sont surnommés « taiobas ». La plage est un domaine qui leur est implicitement interdit.

Dans les années 1930, la presse se fait l’écho de diatribes enflammées dénonçant cette « invasion ». Ainsi, en 1929, le journal « Beira-Mar » (Bord de Mer) publie un éditorial dans lequel il affirme : « nous ne sommes pas de ceux qui veulent faire de Copacabana un lieu exclusivement pour les riches, mais nous défendons l’ordre et la beauté sociale de nos plages. Soyons progressistes, mais en séparant le bon grain de l’ivraie ».

Une ségrégation qui dure

pretos na praia de ipanemaCopacabana est aujourd’hui un quartier populaire et sa plage est fréquentée par tous. Mais la discrimination se perpétue note Julia O’Donnel, au fur et à mesure qu’on avance vers l’ouest, vers Ipanema et Leblon. « Les résidents du bord de mer parent toujours de nous et les autres. Depuis l’arrivée du métro en 2009, la zone de l’Arpoador, au début de la plage  d’Ipanema est vue comme le lieu des favelados. Il suffit qu’un groupe d’adolescents de couleur décide de s’installer au niveau du Poste 10 d’Ipanema, pour que les habitués migrent vers le Poste 11 à Leblon »[*].

vendedores 2Le constat est incontestable : la plage de Rio de Janeiro est objet de discrimination. Mais si l’espace du  bord de mer est aussi mal partagé, ce n’est pas seulement à cause d’idées toutes faites. La réalité, hélas, rejoint souvent l’imaginaire: en majorité, les vols, les désordres et la saleté abandonnée sur le sable en fin de journée sont le faits des baigneurs provenant de la Zone Nord. Le simple réflexe de chercher à préserver sa tranquillité impose donc souvent de s’éloigner des lieux investis par cette catégorie de la population. Les faits nourrissent les préjugés, qui à leur tour alimentent la perception des faits. Et la stratégie des autorités, ou plutôt le manque de stratégie, n’aide pas à résoudre la question.

Des faits et des préjugés…

Arrastão, Marcelo CarnavalTémoin « l’ arrastão », la razzia perpétrée contre des baigneurs par plusieurs groupes de jeunes et d’adolescents lors d’un beau dimanche ensoleillé de mi-novembre sur la plage de l’Arpoador, qui a donné lieu à des course poursuite avec les policiers jusque dans l’eau dont les photographes de presse se sont régalés ! Dès le lendemain, plus de 600 policiers étaient déployés le long de la grève d’Ipanema pour prévenir le retour de tels incidents. Sauf qu’on était lundi et qu’il pleuvait. Les forces de l’ordre étaient inutilement plus nombreuses que les baigneurs. 48 heures après, les képis avaient disparus !

vendedoresAutre phénomène, la prolifération des baraques et des vendeurs ambulants sur le sable. Par un respectable souci démocratique de préserver le commerce ambulant pour donner du travail aux personnes les plus modestes, la vente de boissons, glaces et autres en-cas sur la plage n’est pas limitée. Il faut seulement être au bénéfice d’une autorisation qui s’obtient facilement. Aussi respectable soit-elle, leur activité débordante génère une énorme quantité de déchets, canettes de bière, emballages et autres, qui s’accumulent en fin de journée, particulièrement dans les zones investies par les populations les plus pauvres, qui, par manque d’éducation, n’ont jamais été incité à ramener leurs déchets avec eux ou à les déposer dans une poubelle.

Réglementer et éduquer

limpeza na praiaC’est donc un immense travail de réglementation de l’usage de la plage et de surveillance systématique qu’il faut entreprendre à Rio de Janeiro, pour éviter que, comme dans les années 1990, les plages ne soient à nouveau désertées par les touristes à cause de l’insécurité et de leur saleté. Mais c’est aussi un énorme effort d’éducation à la citoyenneté partagée qu’il faut faire, pour que tous les cariocas (et les visiteurs !) prennent conscience que cet espace est leur et qu’ils en sont responsables.

plage pavillon bleuLes choses ne se sont pas passées autrement d’ailleurs, sur les plages européennes. Il a fallu bien des années pour les discipliner, pour que le pavillon bleu de la propreté flotte partout, que des poubelles en suffisance soient installées pour inciter les baigneurs à les utiliser, et que des surveillants en nombre adéquat aide à faire régner l’ordre.  Avec d’ailleurs un effet pervers que le Brésil ne connaît pas encore : la réglementation est devenue si rigoureuses sur certaines partie du littoral français, par exemple, que les buvettes et échoppes qui les bordent pratiquent souvent des prix qui éloignent de certaines zones les populations les moins fortunées.

200069988-001A y regarder de plus près, les plages publiques « européennes » n’ont peut-être de démocratique que l’apparence. Même si la « privatisation » du sable dont l’Italie s’est faite la championne n’est encore l’apanage que de peu de pays, la ségrégation basée sur capacité économique n’est peut-être pas si différente des préjugés de classe qui règnent sur les plages de Rio de Janeiro.


[*] Les Postes sont les centres de surveillance de la mer des pompiers installés tous les 700 mètres le long de la plage. Ils sont numérotés de 1 à 12, le premier, le Poste 1 est installé au début de Copacabana et  le dernier, le Poste 12, à la fin de la plage de Leblon.

* * *

Radiographie de la violence politique

assassinado

Le constat est atterrant. 1’113 assassinats d’hommes politiques en 34 ans. Soit un chaque 11 jours. Au Brésil, les rivalités se règlent encore beaucoup par la violence. Et les coupables sont rarement poursuivis en justice. Ce phénomène n’est pas seulement l’apanage de zones rurales éloignées, c’est toute la chaîne du pouvoir, de l’élu local au parlementaire fédéral siégeant à Brasilia qui est impliquée. Ce sinistre tableau est dressé par Leonencio Nossa, journaliste au quotidien « O Estado de São Paulo », qui a enquêté durant 17 mois sur le sujet.

plantados no chao assassinadoPrenant pour référence la période qui commence à la loi d’amnistie promulguée par les militaires le 28 août 1979 et se termine à fin août 2013, Leonencio Nossa a dépouillé les archives de tribunaux, d’organisations de défense des droits de l’homme, des commissions d’enquêtes parlementaires, de commissariats de police et de cabinets de notaires. Il avertit : le chiffre avancé de 1’113 assassinats reste un estimation, mais elle ne doit pas être loin de la réalité. Et les histoires que raconte cette enquête approfondie font dresser les cheveux sur la tête.

Araquan contre Bemvindo, drogue contre armes

vava araquanAinsi en est-il de la sanglante épopée des clans Araquan et Benvindo qui se déchirent pour le contrôle politique de Belém de São Francisco dans le Sertão du Pernambouc. Le conflit a débuté en 1988 par une simple dispute, un soir de trop plein d’alcool, lorsque Clodoaldo Gonçalves, du clan des Araquan s’est moqué des femmes de la famille rivale. Clodoaldo a été abattu dans le bar où il pérorait en public, et qui était la propriété des Benvindo. Il est le premier mort de la série. Depuis, cela n’a plus guère cessé.

plantio de maconhaA la fin des années 1980, les plantations de marijuana se mettent à proliférer dans la région, bientôt surnommée « le polygone de la drogue ». Les agriculteurs des deux familles se convertissent rapidement à ces nouvelles cultures, abandonnant le maïs, le haricot noir et l’oignon. La marijuana est vendue au « Comando Vermelho » qui contrôle une bonne partie de la vente de drogue dans les favelas de Rio de Janeiro, 2’000 km plus au sud. Le produit de ce commerce sert aux deux clans à s’acheter des armes de plus en plus lourdes, également fournies par le « Comando Vermelho », pour affronter « l’ennemi de l’autre bord ».  Cela va durer 10 ans, jusqu’à ce que, à la fin des années 1990, l’armée vienne arracher les plantations de chanvre, décidemment trop voyantes.

Rivalités et meurtres politiques

assasinato em belem de s franciscoLe « Comando Vermelho » se retire et les deux familles se retrouvent privées de ressources et d’armes pour alimenter leur guerre. Elles vont la continuer à travers l’affrontement entre les députés locaux des deux clans, élus à coup de pressions insistantes sur les « citoyens vassaux » de chacune des familles. Pour « nettoyer la place » avant chaque élection, la sinistre litanie des morts violentes se poursuit : en 1994, le conseiller municipal Geraldo Gonçalves, des Araquan est assassiné par un membre de la famille Russo, liée aux Benvindo. En 1996, Miguel Benvindo, candidat au législatif de la commune, est battu par son rival José Menezes, mais ensuite assassiné par 18 pistoleiros des Araquan, pour avoir osé défier le clan dans les urnes.

a luta que virou luto em belem de s franciscoCette fois c’est trop, Chico Benvindo tente l’instauration d’une trêve : « j’en tue dix, ils en tuent dix, alors j’en tue cinq et ils en tuent cinq. C’est sans fin. La seule chose à faire, c’est de trouver un accord ». Sans résultat. La lutte se poursuit. Aujourd’hui le chef du clan des Araquan, Osvaldo José dos Santos dit Vava est au pouvoir. Il a passé un an et 10 mois en prison pour avoir trempé dans l’assassinat de Miguel Benvindo. Dans le hameau de Sequeiro, qui a connu le plus gros des affrontements, il n’y a plus personne. Les habitants sont partis, les cultures sont à l’abandon. Ceux qui voudraient y revenir pour commencer une autre vie n’ont pas l’argent pour le faire …

Une chaîne de complicité

prefeitura belem de s franciscoIl ne faut pas croire, avertit Leonencio Nossa, que c’est uniquement dans des endroits reculés comme  Belém de São Francisco que de tels affrontements sanglants ont lieu. « La violence qui prospère à l’ombre de la démocratie n’est l’objet d’aucune attention. La Justice Electorale n’a détecté que 100 morts suite à des disputes politiques depuis 1979. Un chiffre absurde ! Rien que pendant les 8 premiers mois de cette année 2013, il y en a déjà eu 13. Et en 2012, 91 ! C’est toute une chaîne de complicité, jusqu’aux plus hautes instances de Brasilia, qui contribue à camoufler ce phénomène ».

material apreendido Belem de s franciscoA quoi s’ajoute un jeu massif d’impunités : lorsque les enquêtes sont lancées par la justice, c’est généralement la police locale qui s’en charge. Or elle est subordonnée au Gouverneur de l’Etat, qui au vu de sa couleur politique, fera tout ce qu’il faut pour retarder les investigations. Voire, si nécessaire, faire taire les juges d’instruction trop remuants et les défenseurs publics, qui sont des fonctionnaires sous contrat de l’Etat concerné.

Des causes politiques qui cachent des affrontements personnels

belem s franciscoDernier constat de Leonencio Nossa, et pas des moins troublants, cette violence politique a rarement des causes idéologiques. Dans 73% des cas recensés par le journal « O Estado de São Paulo » la police n’a jamais réussi trouver, derrière les exécutants, un responsable qui a donné l‘ordre de tuer ou payé les assassins, permettant de remonter jusqu’à l’appareil des partis politiques. Sans doute en partie à cause des déficiences des enquêtes, nuance Leonencio Nossa, mais pas seulement.

Le journaliste constate que depuis l’adoption de la Constitution de 1988, les morts de Maires en exercice ont beaucoup augmenté : plus de 65 assassinats. Cela s’expliquerait par le fait que la policia em belem de s francisconouvelle Charte fondamentale du pays impose à l’Etat central de redonner aux municipalités des compétences locales, impliquant le versement croissant de fonds provenant du budget fédéral. Cette manne publique est l’objet principal de la convoitise et des rivalités.

La lutte pour y avoir accès a largement supplanté les discordes purement politiques et le contrôle des Mairies et des assemblées communales pour s’approprier ces subsides est aujourd’hui un instrument de pouvoir régional en passe de remplacer celui des grands propriétaires traditionnels de la terre.

* * *

Et puis encore en bref, quelques nouvelles qui donnent espoir

Education, mauvaise note mais des progrès

Ranking do Pisa_blogLe Brésil continue à être un des mauvais élèves du PISA. Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves 2013 de l’OCDE classe le pays en 58° position sur 65 nations examinées. Un mauvais score pour un pays qui affronte un énorme déficit de formation scolaire. Mais lorsqu’on se penche sur les détails, ce chiffre global doit être nuancé : le Brésil est aussi le pays qui a connu la plus grande progression depuis 2000 pour ce qui est des performances en mathématique des élèves de 15 ans. Il se distingue aussi par sa capacité à intégrer de plus en plus d’enfants des milieux défavorisés dans le cursus scolaire. Ils étaient 65% du total en 2000, 78% maintenant.

ensino medioEnfin, autre indicateur, qui n’est pas pris en compte par le PISA, le profil de l’endettement des consommateurs brésiliens change : c’est désormais moins pour s’acheter des biens de consommation ou de l’électro-ménagers que les ménages emprutent aux banques, mais pour faire face aux frais de scolarité de leurs enfants : 61% des personnes endettées sont dans ce cas et ce sont en général des personnes qui ont interrompu leur formation et veulent la reprendre. L’éducation au Brésil semble donc être en transition vers une perspective d’amélioration de sa qualité.

bolsa familiaCe qui fait dire à Marcelo Neri, ministre-chef du Secrétariat aux Affaires stratégiques du gouvernement Dilma Rousseff, qu’un pays idéal devrait s’appeler « Chisil », une contraction de Chine et Brésil, la Chine qui affiche la meilleure note du PISA, et dont le Brésil devrait s’inspirer, mais qui devrait elle même prendre exemple sur le Brésil pour ce qui concerne l’intégration des plus pauvres.

Repentir tardif.

darly1A 78 ans, le propriétaire terrien Darly Alves da Silva a échappé de justesse à la mort dans un accident de voiture. Sur son lit d’hôpital à Rio Brance dans l’Etat d’Acre, il a convoqué la presse pour faire part de son repentir : « j’aurais dû mourir pour ce que j’ai fait, mais comme toujours le destin m’a épargné ». C’est que Darly Alves da Silva est l’auteur du crime qui a mis fin aux jours de Chico Mendes, le syndicaliste cueilleur de caoutchouc, il y a 44 ans.

chico mendesDarly Alves da Silva et son fils Darci co-responsable de cet assassinat ont été condamné à 19 ans de prison. Ils en ont purgé 6 derrière les barreaux avant d’accomplir le reste de leur peine en semi-liberté. « C’est une expérience douloureuse que je ne souhaite à personne » a affirmé Darly Alves da Silva. «  Ce n’est pas seulement le Brésil qui s’est dressé contre moi ce jour-là, mais le monde entier. Le crime ne paye jamais. »

Corruption oui mais…

corrupçao brasilLe Brésil a perdu 3 points au dernier ranking de la corruption, établi par l’organisation Transparency International. Un mauvais message pour ceux qui croient au futur de ce pays, mais qui doit être relativisé par une nouvelle fermeté des autorités judiciaires en ce qui concerne la punition des coupables. C’est ainsi que les auteurs du « mensalão » se sont effectivement retrouvé derrière les barreaux, malgré leur notoriété, et que les « privilèges » qui leur ont été accordé les premiers temps de leur incarcération ont été vite supprimé devant les protestations des familles des autres prisonniers qui dénonçaient ces traitements de faveur.

mensaleiros-620x450C’est la Pastorale des Prisons de la Conférence des Evêques brésiliens qui a lancé la discussion en affirmant que de cette manière, les « puissants » allaient enfin connaître de près l’enfer et l’injustice des prisons du pays. 20’000 condamnés qui devraient effectuer leur peine en régime de semi-liberté, sont de fait soumis au régime de privation totale de liberté, faute de structure permettant la mise en place de la surveillance hors des enceintes des prisons.

Un tassement économique qui cachent quelques bonnes performances

variacao-pib-trimestralLe 3ème trimestre 2013 a vu le PIB brésilien se rétracter de 0,5% par rapport au trimestre précédent, faisant craindre l’émergence de la récession. Quelques indicateurs, toutefois montrent que ce risque est faible et le fléchissement peut-être momentané : la consommation intérieure a repris par rapport au 3 mois précédent, l’industrie a aussi progressé, ce qui devrait se traduire par une hausse du PIB au 4ème trimestre.

L’année 2013, cependant ne va pas afficher des performances brillantes, la valorisation du dollar et le fléchissement des marchés des matières premières agricoles pénalisent le Brésil, et le pénaliseront vraisemblablement encore en 2014 : on prévoit une augmentation du PIB qui dépassera difficilement les 2% l’an prochain.

rodovia-ohl-2011-size-598Cependant, les économistes s’accordent à dire que l’essentiel n’est pas dans ces indicateurs, mais dans le fait que le Brésil a recommencé à investir dans ses infrastructures, à travers la mise en concession de certains aéroports et routes nationales qui ont eu lieu ces dernières semaines. C’est un changement de cap, d’une stratégie économique orientée vers la consommation intérieure vers le souci de redonner à l’économie brésilienne une certaine compétitivité internationale. Un tel virage ne donne pas de résultats immédiats, il est donc prévisible que les performances restent modestes durant cette phase de transition.

Pont aérien esthétique entre Luanda et Rio de Janeiro

TAAG galeaoCe n’est pas d’hier que les avions de la TAAG, la compagnie aérienne angolaise, déversent au Brésil leur cargaisons de « frères lusophones » en provenance de l’autre côté de l’Atlantique. Dans les années 1970-1980, c’était pour fuir la guerre civile que les angolais venaient au Brésil. Ensuite pour fuir la misère de l’après-guerre civile.

angolanas estetica rioAujourd’hui que le pays connaît une croissance accélérée, ce sont ceux qui composent la nouvelle classe moyenne angolaise, qui remplissent les longs courriers de la TAAG. Pour venir s’offrir à Rio de Janeiro, une séance de lifting, une lipoaspiration, un implant capillaire ou une cure de botox, tous services qu’on ne rencontre pas encore du côté de Luanda.

Le consulat angolais de Rio de Janeiro estine que sur les 25’000 visiteurs angolais qui débarquent dans la « Cidade Maravilhosa » chaque année, 30% y viennent pour une cure de jouvence esthétique.

Publicités