joaquim-barbosaUne fois encore, Joaquim Barbosa a pris tout le monde par surprise en envoyant finalement derrière les barreaux 12 des 25 condamné du « mensalão », en débit des derniers recours qui doivent encore être jugés. Il aura fallu 8 ans pour parvenir à l’exécution concrète de cette sanction. La date choisie par le Président du Tribunal Suprême pour faire emprisonner ces 12 condamnés n’a peut être pas été choisie au hasard : le 15 novembre, date anniversaire de la proclamation de la République. Comme pour signaler « une refondation de la République après les manifestations du mois de juin » pense savoir Merval Pereira, chroniqueur politique.

awahunting_screen500 ans durant ou presque, les indiens Awá ont réussi à éviter le contact avec l’homme blanc pour préserver leurs coutumes. Mais depuis quelques années, ils se battent pour préserver le peu qu’il reste encore de la forêt amazonienne dans l’Etat du Maranhão. 30% de leur réserve a déjà été détruite. C’est Survival International qui a le premier tiré la sonnette d’alarme. Un grand Quotidien brésilien a repris l’information et enquêté sur place. Sa série de reportages vient d’être distinguée par le « Prix Esso de journalisme 2013 », une sorte de Pulitzer brésilien. Cette récompense va contribuer à sensibiliser l’opinion publique à la cause des Awá.

Michelle-BachelletMichelle Bachelet sera vraisemblablement la prochaine Présidente chilienne. Elle jouit d’une grande popularité, non pas seulement à cause des succès qu’elle a remporté au cours de son premier mandat entre 2006 et 2010, mais parce que son actuel programme politique reprend les exigences de changement de société posées par les manifestations étudiantes de 2011. Une leçon, peut-être pour les candidats à l’élection présidentielle brésilienne d’octobre 2014. 

bonecas-de-dona-lia-bandeira-do-brasil_anna-guerra_09-x-12Enfin, vous êtes maintenant presqu’une centaine à avoir manifesté votre intérêt pour l’acquisition de « L’invention du Brésil » si le livre est publié au début de l’an prochain. C’est un magnifique résultat dont je vous remercie. Toutefois, pour le cas où aucun éditeur ne veut s’engager, il me faudrait doubler le nombre des souscripteurs pour pouvoir envisager une édition à compte propre. Alors merci aux lecteurs qui n’ont pas encore répondu à cet appel de le faire, et merci à tous d’informer vos cercles de connaissances…visionbresil@gmail.com

« Mensalão », l’impunité n’est pas passée

2005 o ano do mensalao

Tout relève du symbole dans cette affaire de corruption politique datant de 2005. Deux ans après avoir été élu et en pleine gloire populaire, le Président Lula doit faire face à l’un des plus grand scandales politique de l’histoire républicaine du pays : les principaux dirigeants de son  parti, le Parti des Travailleurs, montent une opération d’achat de votes de députés afin de faire passer certaines lois et d’assurer au nouveau chef de l’Etat une majorité parlementaire durable. Le scandale met en cause une quarantaine d’hommes politiques et de leurs collaborateurs. On parlera alors « d’Ali Baba et des 40 voleurs ». Pour des raisons politiques, le Président Lula lui-même est épargné, mais s’il n’a vraisemblablement pas trempé directement dans l’affaire, il semble douteux qu’il n’ait pas été au courant. Le plus vraisemblable est qu’il ait laissé faire, ce qui ne sera pas considéré comme un délit !

dossiers mensalaoIl aura ensuite fallu 6 ans pour mener l’instruction judiciaire à son terme. Six longues années durant lesquelles les pressions pour étouffer l’enquête, ont été permanentes. Mais ni la Police Fédérale, ni Joaquim Barbosa, alors responsable de l’instruction au sein du Tribunal Suprême, ne se laisseront influencer. En août 2012, l’affaire est mise en jugement. Au terme de multiples recours et rebondissements, les 11 ministres du STF condamnent 25 des 40 inculpés, certains à la prison ferme, d’autre à de simples travaux d’intérêt général, mais ce qui fait jurisprudence dans leur jugement, c’est que pour la première fois, les corrupteurs sont condamnés et plus seulement les bénéficiaires de la corruption, comme c’était le cas jusqu’à présent.

« Embargos infringentes »

stf embargosMais ce n’est pas fini ! Début 2013, les avocats des condamnés tentent une ultime manoeuvre : ils déposent des « embargos infringentes », une disposition qui permet aux accusés de recourir lorsqu’au moins 4 juges de la Cour Suprême les ont absouts d’un des chefs d’accusation. En septembre 2013, le STF admet la cause, les recours de 12 des condamnés sont considérés comme valables. On croit alors qu’une fois de plus, les auteurs du « Mensalão » vont échapper à leur punition : le risque est en effet grand que la prescription puisse s’appliquer avant que ces recours soient jugés.

C’était compter sans l’obstination de Joaquim Barbosa, nommé depuis Président de la Cour Suprême. A ce titre, il considère que seules les peines pour lesquelles les « embargos infringentes » s’appliquent doivent être suspendues, mais pas les autres. Son interprétation est validée par l’ensemble des 11 juges du STF le 15 novembre et dans la nuit, Joaquim Barbosa expédie aux Polices Fédérales des différents Etats 12 ordres de prison. Le 16 novembre, la plupart des condamnés sont derrière les barreaux. Un seul, possédant la double nationalité s’est enfui en Italie.

genoinoParmi ces prisonniers, José Genuino, ancien président du Parti des Travailleurs et José Dirceu, ex-bras droit du Président Lula et tête pensante du PT. C’est lui qui aurait mis en place le schéma de corruption des parlementaires.  José Dirceu se retrouve ainsi pour la seconde fois en prison. Il avait été arrêté et torturé par les militaires durant la dictature, puis relâché en échange de la libération de l’ambassadeur américain Charles Elbrick, séquestré par des guérilleros de gauche en septembre 1969.

José Dirceu l’incarnation du mal ?

jose-dirceu-acena-na-chegada-a-sede-da-policia-federal-em-sao-paulo-apos-ter-a-sua-prisao-decretada-nesta-sexta-feira-15112013-reutersnacho-1384560247704_1920x1080José Dirceu se considère une nouvelle fois comme un prisonnier politique, « victime d’une démocratie sous pression de l’élite : je n’ai pas été condamné pour mes actes durant mes 50 ans de vie politique entièrement dédiés au Brésil, à la démocratie et au peuple, affirme-t-il dans une lettre ouverte publié à son entrée en prison, il s’agit d’une tentative de juger la lutte et l’histoire de la gauche et du projet politique du PT, « peu importe qu’ils m’aient enlevé la liberté, je continuerai à défendre notre cause par tous les moyens »

presidente-lula-sobre-dilma-8-meses-sao-pouco-para-quem-vai-governar-por-8-anos1315013568Curieux argument, s’étonne Merval Pereira, « se dire victime d’un procès d’exception alors que la plupart des membres du Tribunal Suprême ont été désignés en toute démocratie par l’ancien Président Lula ou l’actuelle Présidente Dilma Rousseff, tous deux membres du PT qui est au pouvoir depuis 11 ans ».  « Dirceu se dit victime de la haine et de la jalousie de l’élite, mais en fait, il est victime de sa propre ambition démesurée » juge plutôt Paulo de Tarso Venceslau. Ex-compagnon de route de José Dirceu, il a été emprisonné durant 5 ans pour sa participation à l’enlèvement de l’ambassadeur Elbrick, puis a ensuite été expulsé du PT qu’il avait contribué à fonder. A la décharge de José Dirceu, il semble que cette « ambition démesurée » n’est pas fondée sur une recherche personnelle du pouvoir ou de puissance, mais sur un projet politique autour duquel il aurait construit le schéma du « Mensalão ».

Le PT au pouvoir pour 20 ans !

Selon plusieurs observateurs, son véritable objectif aurait en effet été « d’assurer la permanence du PT à la tête de l’Etat pour 20 ans ». L’opération a échoué, mais le pari est peut-être en passe de se réaliser de la façon la plus démocratique qu’il soit : par les urnes. Voilà en effet 10 ans que le PT gouverne le pays, d’abord avec Lula et maintenant avec Dilma Rousseff, encore aux commandes jusqu’à la fin de l’an prochain.

lula_dilma_33anosSi elle est réélue pour un second mandat, ce que prédisent aujourd’hui les sondages, le PT va gouverner au moins encore jusqu’en 2018. Ce qui fera 15 ans de gouvernement pour le Parti des Travailleurs. Un beau parcours pour une formation fondée par l’alors syndicaliste Lula et José Dirceu au lendemain de la fin de la dictature militaire, comme un outil « pour lutter contre l’injustice, la corruption et pour l’instauration d’un Etat démocratique plus juste ».

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Le dernier combat des « indiens invisibles »

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Ce n’est pas pour rien qu’ils portent ce nom « d’indiens invisibles« . Durant presque 500 ans, les indiens Awá du Maranhão ont réussi à échapper au contact avec l’homme blanc grâce à leurs incroyables facultés à vivre dans la forêt : une acuité auditive surhumaine, qui leur permet d’entendre des sons à des kilomètres de distance, une mobilité hors du commun pour se déplacer en silence avec rapidité et une habileté à grimper aux plus grands arbres à la force des mollets et d’une simple liane pour se cacher. Mais en 1979, tout bascule lorsque les premiers contacts ont lieu avec les indiens Awá : hécatombe à cause des maladies, puis invasion de leur territoire, d’abord par les coupeurs de bois, puis par les agriculteurs qui s’installent sur les surfaces défrichées.

awa s salgadoAujourd’hui les Awá sont en voie de disparition, 30% de leur réserve, de 116’000 hectares pourtant dûment homologuée et contrôlée par les autorités, par l’intermédiaire de la FUNAI, la Fondation pour l’Indien, a déjà été rasée par le défrichement illégal. Au-delà de la tragédie humaine, c’est aussi une perte sèche pour l’environnement, le territoire des Awá est situé à l’orée de la forêt équatoriale et renferme une multitude d’espèces spécifiques qu’on ne trouve nulle part ailleurs en Amazonie.

Les 450 indiens derniers Awá en danger de mort

colin-firth-awa-survival-internationalL’alerte sur cette tragédie silencieuse qui menace les quelques 450 Awá survivants a été donné en 2012 par l’organisation non gouvernementale Survival International qui s’est fait l’écho d’une campagne lancée par l’acteur Colin Firth, Oscar du meilleur acteur 2011 pour « Le discours d’un roi ». Mi 2013, le célèbre photographe Sebastião Salgado se rend sur place pour le compte du magazine Vanity Fair. Il est accompagné par Miriam Leitão, journaliste du quotidien O Globo. Leur reportage sur la vie quotidienne des Awá et leur lutte de tous les jours contre le déboisement remporte le « Prix Esso de journalisme 2013 ». En voici un résumé et quelques extraits.

1-aerialviewofLa terre des Awá, une peuplade qui parle le Guajá, une des langues Tupi a été démarquée en 1961 déjà, au sein de la « Réserve biologique du Gurupi », à la frontière ouest de l’Etat du Maranhão avec celui du Pará. Il se situe au milieu de ce qui est devenu le « triangle du déboisement », délimité au sud par la ville d’Imperatriz (MA) et à l’ouest par la région de Paragominas (PA). Depuis, leur survie est devenue un enfer. « Les bûcherons sont en train de tuer les arbres. Je vais les affronter, j’en ai le courage ».

Les bûcherons qui tuent les arbres tuent les Awá

déboisement illégalCe cri de guerre d’un des caciques du village de Juriti est difficile à entendre, car les Awá, contrairement à la plupart des autres indiens ne parlent pas le portugais. « Ne pas pouvoir les comprendre est un choc linguistique et culturel pour nous les brésiliens qui pensons toujours que nous sommes un seul et même peuple » note Miriam Leitão en exergue de son reportage. « C’est pourquoi nous nous sommes sentis soulagés lorsqu’un jeune de la tribu s’est adressé à nous en mauvais portugais ». Pour déclarer que les indiens ne vendaient pas de bois, mais qu’il défendaient la forêt. « Les bûcherons qui tuent les arbres tuent les Awá ».

130805-Salgado7Son nom : Jui’í, qui veut dire « bois dans la forêt » Tous les enfants Awá portent désormais le nom d’un arbre, en signe de lutte ceux qui veulent massacrer leur environnement. « On est fâché avec les blancs » explique Piraíma’á, un autre ancêtre de Juriti « parce qu’ils ont envahi la forêt et cela me met en colère. Pourquoi coupent-ils les arbres ? La maison des blancs est déjà complètement déboisée, alors ils doivent partir. Ma maison à moi, c’est la forêt et je veux rester dans ma maison ». Et de d’expliquer que le bruit des tronçonneuses et des trax fait fuir le gibier.

Punition divine et réaction humaine

67105288_awa1La chasse devient difficile, les Awá, qui sont des chasseurs-cueilleurs ne trouvent plus à se nourrir. Et dans leur vision du monde, c’est Dieu qui les punit pour ne pas avoir assez lutté afin de protéger la forêt : « Fils, dit le Ciel, tu es trop mauvais. Tu as laissé entrer les coupeurs d’arbres chez toi. Alors maintenant, je condamne tous tes fils à mourir de faim ». Les Awá sont déterminé à se battre, mais ils savent qu’ils ne peuvent pas le faire tout seuls. Ils appuient donc la mobilisation médiatique qui est faite autour de leur situation.

awa-guaja exercitoLes premiers effets de cette campagne viennent de se faire sentir. En août, sur injonction de la justice, l’armée brésilienne a envoyé 700 hommes sur place pour lancer une opération de « désintrusion » : procéder à l’expulsion de tous les occupants non-indigènes de la réserve. « Notre politique n’est pas de forcer le contact avec les indiens, mais d’intervenir là où ils sont en danger » explique Carlos Travassos, coordinateur du département des Indiens isolés  de la FUNAI. « Et les Awá sont en extrême danger d’extermination à cause de l’extraction illégale du bois ».

Résistance des « ruralistes »

????????????????????????L’opération « désintrusion » ne fait cependant pas l’unanimité au Brésil. La Présidente de la Confédération Nationale de l’Agriculture, la CNA, Katia Abreu, demande que cette campagne soit accompagnée par des observateurs, « non pas pour contester un ordre judiciaire, mais pour défendre le droit des petits agriculteurs qui vivent déjà en situation de misère dans la région ». José Hilton Coelho, Président de la FAEMA, la Fédération des agriculteurs et éleveurs du Maranhão, le bras régional de la CNA fait écho :  « dans le Maranhão, 2,2 millions d’hectares sont des réserve environnementale ou indigène, sans aucune aptitude économique à survivre. Cette superficie inculte représente un préjudice énorme pour les finances de l’Etat et génère une grande perte de richesse pour la région qui ne peut pas produire des aliments ».

L’offensive des « ruralistes » contre l’expulsion des bûcherons du territoire Awá intervient à un moment où ces derniers semblent redoubler d’activité dans tout le Brésil. Selon les chiffres du gouvernement, le déboisement a repris en Amazonie entre août 2012 et juillet 2013. 28% d’arbres coupés de plus que durant la même période en 2011-2012, soit 5’843 km2 défrichés contre 4’571. C’est la première fois depuis 2009 que le déboisement augmente à nouveau dans l’Amazonie légale. C’est surtout dans le nord du Mato Grosso et l’ouest du Pará que les défricheurs ont sévi, une zone qui subit la pression de l’extension des cultures de soja.

Un crime impardonnable

deboisementPour la Ministre de l’Environnement, Isabella Teixeira, « si quelqu’un réussit à déboiser 1’000 hectares illégalement quelque part, c’est qu’ailleurs, quelqu’un d’autre le couvre officiellement. C’est un crime inacceptable et nous avons actuellement 3’921 enquêtes en cours contre des serviteurs publics pour de tels agissements ». Si réellement autant de fonctionnaires du service public sont impliqués, cela est peut-être dû à l’entrée en vigueur du nouveau « code forestier » qui, en acceptant d’amnistier les crimes commis contre l’environnement avant 2008, peut laisser penser qu’il ouvre indirectement la voie à l’impunité pour le déboisement illégal d’aujourd’hui, estiment les spécialistes de la question.

desmatamento-na-floresta-em-dak-lak-no-vietna-e-resultado-da-migracao-e-da-acao-da-agricultura-dos-ultimos-anos-a-regiao-perdeu-media-de-26-mil-hectares-por-ano-nos-ultimos-cinco-anos-1363887954414_956x500Question déboisement, le Brésil semble à nouveau faire partie des mauvais élèves, mais il n’est pas le pire d’entre eux. A l’occasion de la Conférence sur le climat de Varsovie, la COP-19, qui se tient dans la capitale polonaise du 11 au 22 novembre 2013, la revue « Science », a calculé qu’entre 2000 et 2012, le Globe a perdu 2,3 millions de km2 de forêts, soit une superficie équivalente à l’Argentine. Mais « Science » fait l’éloge du Brésil qui, pendant ces 12 ans, a réussi à réduire de moitié le déboisement en Amazonie.

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Leçons chiliennes pour le Brésil

Chile Elections2_r620x349Michelle Bachelet sera élu Présidente aujourd’hui 17 novembre, au premier tour ou en décembre s’il y a un second tour.  Elle va diriger le Chili pour la seconde fois, mais avec un programme bien plus offensif que lors de son précédent mandat, entre 2006 et 2010. C’est que dans l’intervalle, le mouvement des étudiants chiliens a été le premier, avant les printemps arabes et bien avant les manifestations populaires au Brésil à poser cette exigence de revisiter les institutions démocratiques héritées des dictatures de la fin du siècle passé, pour plus de transparence, une éducation de meilleure qualité et plus d’égalité.

La_educación_no_se_vendeMichelle Bachelet a englobé dans sa campagne électorale non seulement ces revendications de la jeune génération chilienne, mais elle a embarqué dans son Etat major les principaux leaders de la contestation de 2011. Avec deux objectifs centraux en point de mire : une lutte déterminée contre l’inégalité, considérée comme  la cause principale du mal-être social qui s’est exprimé dans les manifestations de rue et la réforme de la Constitution, héritée de l’époque Pinochet et donc marquée par de nombreux arbitraires.

Avec ces simples mots d’ordre, qui engagent évidemment à entreprendre de profondes réformes, Michelle Bachelet a déjà conquis une large audience auprès des électeurs chiliens. Les candidats à l’élection présidentielle brésilienne d’octobre 2014 feraient peut-être bien de s’inspirer de la recette s’ils veulent donner un souffle politique neuf au pays. Car ni la préservation des acquis sociaux défendue par Dilma Rousseff pour briguer un second mandat, ni « le plus d’économie et moins d’Etat » prônés par l’opposition traditionnelle ne répondent à ces aspirations de renouveau et d’une modernisation sociale de plus en plus nécessaire.

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