Les marchés ont aimé ; les marchés n’ont pas aimé ; le serpent de mer du TGV brésilien, armes brésiliennes aux mains des américains.

Les marchés ont aimé…

positivo… Le fait que malgré la crise, 2012 a été une année historique pour les pays émergents. Pour la première fois, ils ont davantage attiré les investissements internationaux que les pays développés. Selon un classement de l’Onu, le Brésil se trouve en quatrième position des Etats ayant le plus attiré d’investissements étrangers. Il se positionne ainsi juste derrière les Etats-Unis, la Chine, et Hong Kong. Il a ainsi attiré près de 65 milliards de dollars d’investissements étrangers. L’Onu constate une petite baisse par rapport à 2011, mais rien de significatif par rapport au ralentissement enregistré au niveau international.

positivo…. Les mesures du gouvernement pour stimuler la croissance en 2013, notamment la baisse du prix de l’électricité et l’allégement de la fiscalité des entreprises grâce à une modification du prélèvement des charges sociales: désormais, au lieu d’une ponction unique de 20% sur la masse salariale, le fisc appliquera un taux de 2% sur le chiffre d’affaire.

positivo… La confirmation par le gouvernement de la concession au secteur privé des aéroports du Galeão à Rio de Janeiro et de Confins à Belo Horizonte. Avec les installations de Viracopos près de São Paulo, déjà privatisées, ces 3 aéroports devraient générer des revenus de 11 milliards de R$ dont une partie sera utilisés pour soutenir l’aviation régionale. Le gouvernement envisage en effet de subventionner, à hauteur de 60% les vols qui desservent des destinations peu concurrentielles éloignées des grands centres. Ces subsides coûteront un milliard de R$ par an mais devraient stimuler la concurrence entre les compagnies aériennes.

Les marchés n’ont pas aimé…

negativo-sinalLa « comptabilité créative » mise en place à la fin de l’année 2012 par le Ministre des Finances Guido Mantega, au vu de la faible croissance du pays, afin de faire croire au maintien des réserves monétaires qui garantissent la dette brésilienne, en manipulant les comptes de l’impôt de près de 200 milliards de R$. L’opération a consisté à faire payer au Trésor National une partie du manque à gagner fiscal en transformant les intérêts d’un prêt octroyé à la Banque Nationale de Développement Economique, la BNDES en recettes pures. Tout cela reste une cuisine interne au secteur public, mais cette opération attaque directement la crédibilité de la politique fiscale mise en place depuis 1994 pour stabiliser la monnaie brésilienne et garantir la solidité économique du pays.

negativo-sinal…. Le fait qu’après être devenu 6ème puissance économique mondiale devant le Royaume Uni, à fin 2011, le Brésil ait régressé à la 7ème place, à nouveau devancé par l’économie anglaise, à cause de la dévalorisation du réal face au dollar et à une croissance brésilienne qui s’essouffle de façon régulière. Depuis le record atteint en 2010 (+ 7,5%), elle est tombé à + 2,7% en 2011 et à + 1% ou peut-être moins en 2012 (le chiffre officiel n’est pas encore connu). La reprise prévue pour 2013 devrait être faible. La différence de richesse entre le Brésil et le Royaume Uni s’établit actuellement à 200 milliards de US$ en faveur de ce dernier, l’équivalent du PIB de la Roumanie.

negativo-sinalLe manque de clairvoyance dans les réformes adoptées pour relancer la croissance, toutes orientées vers le maintien des subsides à la consommation afin de stimuler un marché intérieur en déclin et l’absence de mesures d’allègement de la fiscalité pour les industries d’exportation qui veulent investir.

Le serpent de mer du train à Grande Vitesse

TAV1Ce n’est pas demain la veille que les voyageurs pourront enfin parcourir le trajet São Paulo – Rio de Janeiro en TGV. Promis d’abord pour la Coupe du Monde de Football de 2014, le projet a été reporté à l’échéance des Jeux Olympiques de 2016. On parle maintenant plutôt de 2019 ou 2020.  C’est que les conditions posées pour les entreprises candidates à la construction et à l’exploitation de cette ligne rapide de 500 km ne sont pas très attractives.

Le coût de construction est élevé, 27 milliards de R$ (12,2 milliards de CHF / 10 milliards d’€) et la rentabilité n’est pas assurée sur le trajet Rio-São Paulo (seuls les 120km du tronçon Campinas-São Paulo paraissent rentables, mais un train à grande vitesse ne se justifie pas sur un parcours aussi court). Les autorités cependant tiennent à cette réalisation, raison pour laquelle l’Etat va augmenter sa participation financière directe au projet à hauteur de 45%.

TAV_Rio_São_Paulo_mapQui devraient s’ajouter aux crédits que la BNDES accordera aux entreprises concessionnaires, des crédits qui pourront se monter à 70% des coûts engagés. Les candidats ont maintenant jusqu’au 19 septembre pour présenter leurs nouvelles offres et si tout va bien, les travaux commenceront en 2014, avec près de 5 ans de retard sur le programme initial. Des consortiums espagnols, coréens, allemands et français sont sur les rangs, mais les chinois, qu’on disait favoris, ne semblent plus être en lice.

Armes brésiliennes aux mains des américains

taurus_pt57En Amérique, les légions de citoyens qui défendent leur droit à porter une arme de poing (un droit qui ne sera pas modifié par les restrictions proposées par l’administration Obama sur les armes semi-automatiques), se partagent entre  les adeptes du Smith&Wesson et les propriétaires d’un Taurus, fabriqué par la firme Forjas Taurus installée à Porto Alegre dans le sud du Brésil. Selon la National Rifle Association, un révolver sur 5 acheté par un américain en 2012 était d’origine brésilienne. Il s’est vendu plus de Taurus aux USA qu’au Brésil !

empresa taurusCette expansion n’est pas tout à fait un hasard. Après d’humbles débuts en tant que fabricant de petits outils à Porto Alegre, il y a plus de 60 ans, Forjas Taurus est devenue une entreprise diversifiée à l’emprise internationale et l’un des plus grands fabricants d’armes légères du monde. La société a produit son premier revolver en 1941. Elle a ensuite racheté la licence du pistolet Beretta. A l’image de la Kalachnikov soviétique, le Taurus Forjas est ainsi devenu le « beretta du pauvre ». Et la holding Taurus a adopté récemment une politique agressive d’exportation, notamment vers l’Afrique et l’Amérique Centrale, deux régions qui d’après l’ONU concentrent le plus grand nombre de morts par armes à feu.

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