Moins de morts chez les jeunes à Rio de Janeiro ; les noirs moins bien payés dans la capitale économique qu’ailleurs ; tension entre le MST et la Présidente ; crise économique, la nouvelle classe moyenne menacée de pauvreté en Amérique latine ; prothèses PIP, 88 femmes opérées.

jovens mortosLa mort violente et prématurée de jeunes entre 15 et 29 ans est considérée au Brésil comme une épidémie. Une étude de l’UERJ, l’Université d’Etat de Rio de Janeiro montre que cela commence à changer, notamment dans cette métropole qui a inventé un nouveau concept de sécurité, les Unités de Police de Pacification, il y a 4 ans. Selon cette étude, le nombre de victimes de mort violente de cette tranche d’âge a baissé de 50% entre  2000 et 2010, passant de 1’779 à 831.

L’implantation de la Police de Pacification dans les favelas en 2008 est la pierre fondamentale de ce changement, précise Alba Zualar, responsable de l’enquête : « cette nouvelle politique de sécurité n’a pas seulement touché les favelas où les unités de upp-1pacification sont actives, elle s’est répercutée dans les autres aussi. Le trafic de drogue est devenu moins violent et les gangs ont réalisé qu’ils ne pouvaient plus comme auparavant imposer arbitrairement leur loi, leur couvre-feu, leur justice expéditive. Il y a moins d’arme en circulation et cela est très significatif ».

Au point que les policiers des Unités de Pacification eux-mêmes désarment. Après 4 ans de présence dans les favelas, ils abandonnent le fusil, qui faisait partie de leur équipement standard, pour ne plus s’équiper que de pistolet et d’armes non létales. Une petite révolution dans les forces de l’ordre.

Les noirs moins bien payés dans la capitale économique qu’ailleurs

trabalhadornegroA São Paulo, les salariés et salariées noirs ne sont pas à la fête. Selon un recensement du Département Intersyndical d’Etudes Socio-Economique, le DIEESE, une femme noire ne gagne en moyenne que 47% du salaire d’un homme pour le même emploi. A Salvador, Recife, Porto Alegre, Fortaleza et Belo Horizonte, cette différence est nettement moindre. Les choses ne vont pas vraiment mieux chez les hommes, dans la région métropolitaine de São Paulo : un salarié noir de sexe masculin ne gagne que 60% du salaire de son collègue blanc. São Paulo est ainsi l’endroit où les inégalités salariales entre les races et les sexes sont les plus accentuées.

Tension entre le MST et la Présidente

mstRien en va plus entre le Mouvement des Sans Terre et la Présidente Dilma Rousseff. Une série de manifestation des militants ruraux en colère viennent d’être organisées pour dénoncer le fait que 2012 a été la pire année en ce qui concerne la réforme agraire depuis l’arrivée du Parti des Travailleurs au pouvoir en 2002. Jamais le nombre d’hectares distribués aux paysans sans terre n’a été aussi réduit. Le MST était pourtant jusqu’à présent un fidèle allié de la coalition en place, menée par le PT. Tel n’est plus vraiment le cas. Les manifestants ont bloqué pendant plusieurs heures les principaux axes routiers autour de Brasilia.

Crise économique, la nouvelle classe moyenne menacée de pauvreté en Amérique latine

classe CLa croissance économique du Brésil durant ces 10 dernières années n’a pas seulement eu pour effet le gonflement de la classe moyenne à l’intérieur des frontières nationales. Cette expansion a aussi entraîné les autres pays de la région : entre 2003 et 2009, cette catégorie de la population a crû de 50% en Amérique latine et le Brésil est responsable pour 40% de cet enrichissement. Les chiffres sont de la Banque Mondiale, qui alerte cependant sur la fragilité de ce processus. Pour l’organisation internationale, 38% de ces « nouveaux riches » sont dans une situation vulnérable et pourraient retomber dans la pauvreté si la situation économique se détériore.

Ce sont des personnes qui n’ont pas la capacité d’amasser de façon autonome une rente suffisante et qui dépendent des aides sociales comme la Bourse Famille au Brésil pour maintenir leur niveau de vie. Un fléchissement de la croissance régionale, qui pourrait se traduire par une baisse du montant des aides à cette catégorie de la population aurait par conséquent des effets immédiats.

Prothèses PIP, 88 femmes opérées

protese PIPDe février à septembre, 88 femmes se sont faites opérer dans un hôpital public pour retirer des prothèses de marque PIP ou Rofil, fabriquées par la firme française à base de silicones industriels, donc  dangereux et non conformes aux critères de sécurité sanitaire. Le scandale concerne le monde entier mais aucun pays n’a recommandé le retrait systématique des prothèses chez toutes les femmes qui s’en sont faites implanter.

Au Brésil, selon l’Agence Nationale de Contrôle Sanitaire, l’ANVISA, 34’631 unité des 2 marques ont été importées, 24’534 commercialisées et 10’097 détruite après l’éclatement de l’affaire. « 88 personnes seulement qui se les sont faits enlever dans le service public de santé, c’est très peu, dénonce Wanda Elisabeth Correa, Présidente de la Commission du silicone de la Société Brésilienne de Chirurgie Plastique. Vu les délais imposé par le Système Unique de Santé, le SUS, il y en a sans doute beaucoup qui ont eu recours à la médecine privée pour cette opération et ne sont pas comptabilisées ».

Des patientes qui ont dû payer l’intervention car seul le SUS procède à ce retrait gratuitement. Avis contraire du Ministre de la Santé Alexandre Padilla, qui estime lui que ce faible nombre révèle bien que la politique brésilienne en la matière était correcte, qui ne recommande le retrait des prothèses que dans le cas de complication ou sur avis médical : « il y a eu beaucoup de discussions à ce sujets et nous avons conclu qu’il n’était pas nécessaire de procéder à cette opération de façon indiscriminée. »

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