Trop de bureaucratie dans le secteur industriel ; relance des exportations… moins le café ; taxer ou ne pas taxer les importations ; stimulus pour la pêche

Selon la Confédération Nationale des Industrie (CNI), l’excès de bureaucratie pénalise la compétitivité de 92% des industries brésiliennes et freine les investissements. Ce chiffre émane d’un sondage effectué auprès de 2’388 entreprises dans tout le pays, 1’835 dans le secteur de la transformation, 116 dans l’extraction minière et 437 dans la construction. 

Les principales entraves relevées par les patrons interrogés se situent au niveau du coût de gestion administrative de la main d’œuvre, et de « l’augmentation permanente des activités non liées à la production du fait des exigences légales ». Notamment la préparation des dossiers d’autorisation dans le domaine environnemental qui, de l’avis de la CNI, « sont excessivement bureaucratiques et inutilement compliqués, ce qui ralentit singulièrement les politiques d’investissement des entreprises ».

Plus la firme est grande, plus l’impact de la bureaucratie est fort, estiment encore les personnes sondées. Pour contrer ce phénomène, la CNI demande aux autorités « d’investir des forces et des moyens dans la débureaucratisation et la simplification des procédures, notamment dans le domaine des licences environnementales ». Le gouvernement de Brasilia n’a pas réagi à cette étude.

Relance des exportations… moins le café

Cela va un peu mieux pour les exportations brésiliennes en ce mois de septembre 2012. Elles ont globalement augmenté de 14% par rapport au mois d’août et de 0,2% en relation au mois de septembre 2011. Ce sont surtout les produits manufacturés (éthanol, automobiles, pièces détachées pour véhicules, moteurs et générateurs électriques) qui ont tiré les exportations vers le haut. Dans les semi-manufacturés par contre, (cellulose, acier et huile de soja brute) on constate un recul marqué (-18%).

Ce recul affecte aussi fortement les exportations de café, un des domaine traditionnellement fort des ventes extérieures du Brésil. Elles ont représenté 6,6% de toutes les exportations de l’agro-industrie brésilienne entre janvier et août 2012, en chute de 21% par rapport à la même période de 2011. Selon le directeur du Département du Café du Ministère de l’Agriculture Edilson Alcântara, ce recul s’explique par « des problèmes de qualité dus aux pluies qui ont affecté les plantations et par le repli des ventes en Allemagne, premier consommateur de café brésilien », qui a acheté 27% de moins que l’an dernier. Un effet sans doute de la crise économique qui touche les consommateurs européens.

Taxer ou ne pas taxer les importations ? 

La Chambre du Commerce Extérieur, la Camex, a décidé de révoquer la surtaxe de 182% sur les importations de chaussures en provenance de Chine, qu’elle venait d’introduire à la demande des entreprises du secteur de la chaussure, suite aux protestations émises… par des entreprises du secteur de la chaussure ! Un nouveau chapitre d’un des cas les plus polémiques de la politique de défense commerciale du pays. Selon la Secrétaire au Commerce Extérieure Tatiana Prazeres, cette surtaxe de 182% sur les importations chinoises a été décidée à la demande de Abicalçados, l’Association Brésilienne de l’Industrie de la Chaussure, laquelle a immédiatement introduit un recours pour exempter 95 importateurs « positifs » de cet impôt ! « Ce n’est pas le rôle du gouvernement de promulguer une mesure à la demande de certains qui ensuite exigent de la révoquer en partie. Nous y renonçons donc » explique Tatiana Prazeres.

Derrière cette apparente confusion se cache un bras de fer entre 2 des géants de la de la chaussure, Vulcabras, premier fabricant de tennis du pays, et son principal concurrent Alpartagas, qui importe lui ses tennis de Chine. Les autorités ont donc finalement choisi d’introduire une augmentation plus raisonnable de 18 à 25% des impôts à l’importation sur une centaine de produits, dont les chaussures. Cela ne fait pas non plus l’unanimité des concernés. Les producteurs d’acier, Usiminas, CSN et Braskem applaudissent, qui ont vu leur valeur de marché augmenter significativement au lendemain de cette décision, l’Association Brésilienne de l’Industrie du Plastique, au contraire s’inquiète « de l’impact négatif de cette augmentation sur les prix finaux de produits qui entrent dans la composition du panier de base des consommateurs » alerte son Président, Roriz Coelho.

Le secteur le plus affecté est celui de l’automobile, qui voit le prix de nombre de ses composants grevé par cet impôt, à commencer par l’acier et les pneus. Mais il hésite à monter au créneau car il a en effet été favorisé récemment par une hausse des impôts sur les véhicules importés, ce qui lui a permis de relancer ses ventes sur le marché intérieur. Heurts et malheurs d’une politique protectionniste au coup par coup que de plus en plus de voix critiquent, réclamant des autorités la mise en place d’une stratégie globale cohérente pour le secteur industriel.

Stimulus pour la pêche

6 milliards de R$ (3 milliards de CHF / 2,5 d’€) vont être investi par le Ministère de la Pêche pour stimuler la production et la commercialisation du poisson au Brésil. Objectif, faire du pays, actuellement importateur, un exportateur des produits de la mer. Et faire augmenter dans la foulée la consommation de poisson. « Dans beaucoup de pays développés, le poisson est la denrée animale la plus consommée, au Brésil c’est la viande. Le poisson vient en dernier » a expliqué le Ministre Marcelo Crivella à l’occasion du lancement à Brasilia de la « Semaine de la Pêche 2012 ».

Adepte de la conviction par le verbe, le Ministre est aussi un pasteur de l’église évangéliste, il a lancé le slogan : « le poisson met l’eau à la bouche et fait du bien à la santé. On peut le consommer sous différentes formes, il n’est pas gras et apporte des oméga 3 ». Reste à savoir si cet « appel au consommateur » et cette modeste contribution budgétaire suffiront à relancer un secteur piscicole en léthargie depuis plusieurs années. La pêche artisanale assure l’essentiel de l’approvisionnement national en poisson, mais elle reçoit peu d’attention de la part des autorités pour se moderniser. Les brésiliens consomment 9kg de poisson par an et par personne en moyenne mais 35kg de bœuf !

Publicités