Sautes de température ; les brésiliens ne roulent plus « renouvelables » ; nouvelle vie pour le bois illégal ; bœuf vert… vraiment vert.

D’après une étude réalisée par l’Unesp (Université d’Etat de São Paulo), différents quartiers de la capitale pauliste enregistrent jusqu’à 14°C de différence de température. A un même moment, il faisait par exemple plus de 30°C dans Itaim Paulista, quartier situé à l’est de la ville, alors que dans la zone nord de la Serra da Cantareira on relevait une température inférieure à 20°C. D’après la géographe Magda Lombardo, responsable de cette recherche, l’explication de ce phénomène est assez simple : dans les quartiers très fortement urbanisés, où il y a peu – voire pas – de zone verte, se forment des « îles de chaleur« . 

Les rayons du soleil se reflètent sur le sol et réchauffent la superficie. La coupole formée par les arbres absorbe cette énergie ».

 Une des solutions pour enrayer ce phénomène (dans une ville comme New York, les différences de températures ne sont « que » de 6°C) serait l’arborisation de São Paulo. La Secrétaire Municipale aux Questions de l’Environnement affirme que de nombreux parcs ont déjà été créés depuis 2005, mais plutôt dans la périphérie que dans les parties centrales de la ville où le coût de l’immobilier reste un frein.  (www.lepetitjournal.com/sao-paulo)

Les brésiliens ne roulent plus « renouvelables »

C’est le côté pervers des moteurs d’automobiles « flex » qui permettent d’utiliser indifféremment l’éthanol ou l’essence : le consommateur choisit le carburant financièrement le plus avantageux. En ce moment, c’est l’essence, malgré la hausse du baril sur le marché mondial. L’alcool est en effet devenu cher à la pompe, à cause de la hausse du cours mondial du sucre et de la politique gouvernementale de frein à la hausse du prix de l’essence.

Ecologiquement, c’est un mauvais point à la veille du sommet environnemental Rio +20. Le Brésil se vante en effet de posséder une matrice énergétique propre, 45% de sa consommation provient de sources renouvelables. C’est même 65% pour l’approvisionnement électrique. Le comportement des automobilistes et la croissance de la flotte de véhicules sont en train de ternir cette image.

Rappelons qu’un moteur flex consomme un tiers de plus lorsqu’il fonctionne à l’alcool que lorsqu’il est alimenté à l’essence. Pour être retable, l’éthanol doit donc coûter 30% de moins que le prix de l’essence. Aujourd’hui, il est vendu à la pompe 26% meilleur marché seulement que le litre d’essence.

Nouvelle vie pour le bois illégal

Grâce aux efforts des autorités pour lutter contre le déboisement illégal, les saisies se multiplient et la police accumule les stocks de bois précieux dont elle ne sait que faire. Ces troncs ne peuvent pas être commercialisés tant que la justice n’a pas bouclé ses enquêtes. Après, il est souvent trop tard, les troncs ont pourri.

A la demande de la Ministre de l’Environnement Izabella Teixeira, l’architecte japonais Shigeru Ban, spécialiste de la reconstruction après les catastrophes naturelles, élabore un projet afin d’utiliser ce bois dans la construction d’écoles, de crèches et de centres sociaux. « C’est un défi que je ne peux pas refuser, déclare Shigeru Ban, et c’est un beau projet que de redonner vie à ce matériau voué à la destruction. Un million de mètres cubes de bois a été saisi par l’IBAMA au cours de ces 3 dernières années.

Bœuf vert… vraiment vert

Le propriétaire de la Fazenda São Marcelo dans le Mato Grosso peut enfin se réjouir. Avec 3 de ses voisins, il a pu fournir à la marque Gucchi la première livraison du monde de cuir issu d’un élevage de bétail certifié « vert ». Pour en arriver là, il lui a fallu batailler des années afin de satisfaire les 136 critères permettant d’obtenir le label RAS (Rede de Agricultura Sustentavel) : interdiction d’abattre des arbres  sans autorisation, contrat de travail formel pour tous les salariés, interdiction de pourchasser l’once, animal protégé même s’il mange les petits veaux, obligation de reboiser les rives des cours d’eau et autres exigences allant de la réduction des gaz à effet de serre au bien-être du  bétail.

« Il ne s’agit pas de bonté d’âme, mais de business, explique Péricles Salazar, Président de l’Association Brésilienne des Frigorifiques (Abrafrigo). Pour répondre aux exigences du marché étranger, il nous faut apprendre à produire en préservant la forêt »

C’est la première fois au monde que RAS, qui a déjà certifié 250’000 fermes dans 33 pays depuis 1992, labélise un élevage. L’avoir fait en Amazonie  est plus qu’un symbole : un tiers du bétail brésilien y est concentré et 80% des surfaces déboisées sont utilisées pour l’élevage. Le label RAS n’est délivré qu’après qu’une expertise indépendante ait été effectuée par un organisme indépendant extérieur au pays. Jusqu’à présent, aucun système de surveillance de ce genre n’était actif dans l’élevage au Brésil.

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