Fin de la taxe américaine sur le jus d’orange ; la chasse aux terres rares ; investissements chinois ;  vie des entreprises : Mitsubishi dans le café, Chevron et Transocéan interdits d’activité, Volkswagen do Brasil s’agrandit.

La Commission Internationale du Commerce des Etats-Unis (ITC) a décidé de révoquer la taxe antidumping appliquée depuis 2006 sur les importation de jus d’orange brésilien, une taxe dissuasive de 50 US$ la tonne, imposée sous la pression des producteurs californiens. Le coup est rude pour ces derniers qui contestent cette décision : « nous n’avons vu aucun effort du Brésil pour revoir au cours de ces 5 dernières années sa politique d’exportation à bas coût vers les Etats-Unis » proteste Michael Sparks, Vice-Président de Florida Citrus Mutual. 

De leur côté, les autorités estiment que les importations brésiliennes ne représentent plus une menace immédiate pour les producteurs américains. Cette surtaxe frappait les 3 grands producteurs d’oranges brésiliens, Cutrale Citrus Juice, Citrosuco Paulista et Louis Dreyfus. Le Brésil produit la moitié du jus d’orange consommé dans le monde et les Etats-Unis en absorbent à eux seuls 38%.

La chasse aux terres rares

La Chine a décidé de contrôler l’exploitation des terres rares, dont elle est le plus grand producteur au monde avec 97% du marché, et de limiter les exportations aux surplus dont elle n’a pas besoin. Les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne ont porté plainte devant l’Organisation Mondiale du Commerce car les terres rares sont un matériau stratégique pour l’industrie électronique et informatique mondiale.

Le Brésil est potentiellement un détenteur  important de ces terres rares, mais il ne les exploite pas encore. Cela pourrait changer vu l’augmentation de la demande et la hausse des cours : le marché des terres rares était estimé à 1 milliards de US$ en 2009, 11 milliards de US$ deux ans plus tard !

Le Service Géologique du Ministère Brésilien des Mines et de l’Energie va consacrer 18 millions de R$ (9 millions de CHF/ 7,5 millions d’€) à recenser et prospecter les réserves nationales en néodimium, lantanium ou Cérium. « Le Brésil détient le potentiel et la technologie nécessaire, analyse Fernando Landgraf de l’Institut de Recherches en Innovation, reste à savoir si les investisseurs privés suivront ». Le cours des terres rares est en effet très volatile, ce qui implique un risque certain.

Investissements chinois

Les chinois ne se contentent plus d’inonder les nations émergentes (et les autres !) de produits de consommation à bas coût. Pour réduire leur dépendance, ils investissent maintenant aussi massivement dans les pays et les secteurs où les ressources naturelles dont ils ont besoins sont abondantes. L’APEX, l’Agence Brésilienne de Promotion des Exportations vient de procéder à un recensement des investissements chinois directs au Brésil. Ils sont 5 fois plus importants que les estimations officielles de la Banque Centrale ! 16,7 milliards de US$ au lieu de 3 milliards.

La différence s’explique par le fait que l’APEX a pris en compte les capitaux d’origine chinoise en provenance de Hong Kong et d’autres paradis fiscaux. Ces investissements sont souvent réalisés par des prises de participation dans des entreprises multinationales, mais la plupart du temps, il y a derrière des consortiums appartenant aux autorités de Pékin.

L’appétit chinois au Brésil se concentre dans les secteurs de la sidérurgie et du pétrole. « C’est le bon moment pour offrir nos produits manufacturés aux chinois comme contre-partie, commente Marcos Lelis, Coordinateur de APEX-Brésil, mais il nous faudrait pour cela investir dans les technologies tournées vers l’agriculture et l’extraction minière ».

Vie des entreprises, Mitshubishi, Chevron, Transocéan, Volkswagen

On connaît le groupe japonais Mitsubishi par ses voitures et voilà qu’on  le retrouve dans le café brésilien ! Trading Mitsubishi va en effet acquérir une participation de 20% dans Ipanema, une des plus grande plantation de café du monde. Objectif, approvisionner le Japon en café de haute qualité. Ipanema produit en effet sur 6’000 hectares, 9’200 tonnes de grains de café par an certifiés écologiquement corrects en Europe et aux USA.

Le Ministère Public Fédéral brésilien demande l’interdiction de travailler au Brésil pour la compagnie pétrolière américaine Chevron et la multinationale Transocéan, leader de l’exploitation des plate-formes off shore, dont le siège est en Suisse. Cette mesure fait suite à un début de marée noire mal contrôlé qui s’est déclaré au large des côtes brésiliennes en novembre passé. Une interdiction qui pourrait coûter des millions de US$ chaque jour aux deux compagnies. Chevron et Transocéan estiment la mesure exagérée et affirment respecter les normes brésiliennes de sécurité.

Volkswagen du Brésil va augmenter la capacité de son usine de Taubaté, à 120km de São Paulo d’ici 2016 afin de produire 1’900 véhicules par jour. Cette fabrique deviendra ainsi la plus grande de la marque en Amérique latine. 1’000 nouveaux postes de travail devraient être créés et 6’000 chez les sous-traitants. Originalité du projet, il a été négocié avec les syndicats qui ont obtenus des garanties importantes pour les ouvriers, notamment dans le domaine de la participation aux bénéfices.

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