Des femmes contre les eucalyptus ; l’Eternit plus propre au Brésil qu’ailleurs ? Transgéniques alimentaires cachés ; polémique sur le sable de Copacabana

Une plantation de 115’000 hectares d’eucalyptus, de la firme de papier et cellulose Suzano a été occupée par 1’000 femmes du Mouvement des Sans-Terre dans le sud de la Bahia. Une manière pour ces militantes de marquer la Journée Internationale des Femmes. Elles veulent dénoncer « la dégradation sociale et environnementale que provoque la monoculture industrielle de l’eucalyptus par les multinationales et ses conséquences, l’expulsion de l’homme des campagnes ».

Les femmes du MST annoncent qu’elles vont encore occuper 10 autres propriétés de Suzano dans tout le Brésil, d’ici à fin mars, « afin de revendiquer leur morcellement en parcelles de cultures vivrières pour les Sans-Terre ». (A propos des dégâts causés par la monoculture des eucalyptus, voir Vision Brésil n° 30, janvier 2012, « Le désert vert »).

L’Eternit plus propre au Brésil qu’ailleurs ?

Suite au jugement rendu en Italie par un Tribunal de Turin au début du mois de février, qui condamne à 16 ans de prison deux hauts dirigeants d’Eternit, pour avoir contaminé à l’amiante certains membres de leur personnel, Eternit Brésil s’est fendu d’un communiqué pour expliquer qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire !

On y lit qu’Eternit Brésil est une entreprise brésilienne, qu’elle n’a pas de lien avec la firme condamnée à Turin et que son personnel manipule l’amiante « en utilisant les techniques les plus modernes de production et de protection des travailleurs ». Elle obéit aux normes de sécurité imposées par les autorités et ses produits « ne présentent donc aucun risque pour les consommateurs ».

Eternit Brésil était pourtant une filiale d’Eternit Suisse au moment de sa création et continue à exploiter une mine d’amiante ouverte dans l’Etat de Goias à cette époque. La firme se bat pour empêcher le banissement de l’amiante, réclamée par des voix de plus en plus nombreuses au Brésil. Eternit Brésil affirme qu’il s’agit d’une « campagne de dénigrement », orchestrée « par un groupe français concurrent qui fabrique les mêmes produits au Brésil, mais en utilisant des fibres synthétiques ». Le groupe français montré du doigt est la firme Saint-Gobain.

Transgéniques alimentaires cachés

Les produits alimentaires qui contiennent des transgéniques sont en vente libre au Brésil, mais doivent légalement porter une indication bien visible signalant cette particularité : un T noir dans un triangle jaune. Cette exigence est loin d’être respectée affirme l’association de défense des consommateurs Proteste qui a fait analyser en laboratoire 44 produits industrialisés susceptibles de contenir des OGM. 23 d’entre eux en contenait effectivement, mais seuls 6 le mentionnaient sur leur emballage.

Un laisser-faire coupable, estime Maria Inês Dolci, Directrice de Proteste, qui demande aux autorités de renforcer les contrôles : « les consommateurs ont droit à l’information, c’est un principe inscrit dans la loi, il n’est pas respecté ici».

Polémique sur le sable de Copacabana

On se bronze toute l’année sur les plages de Rio de Janeiro. Mais on ne s’y baigne pas nécessairement, la mer est souvent forte et la propreté de l’eau laisse parfois à désirer. C’est pourquoi les douches artisanales, installées par les tenanciers des kiosques à boissons, fleurissent sur le sable de Copacabana, Ipanema et Leblon. Le principe est simple : un pommeau de douche, un tuyau d’arrosage et un petit générateur à essence qui permet de pomper l’eau  de la nappe phréatique affleurant à cet endroit. Un bonheur pour les plaisanciers lors de journées caniculaires.

Mais voilà qu’une enquête commandée par le journal O Globo à un laboratoire privé révèle que l’eau dispensée par ces douches de fortune n’est pas propre du tout ! Elle concentre même un niveau de colibacilles alarmant, supérieur à celui de la mer elle-même. En cause, la contamination de nappe phréatique des plages par des rejets d’égouts.

Interdire ces douches sauvages serait une manière de régler le problème, mais outre que cette mesure serait très impopulaire, elle ne résoudrait pas la question de la pollution de la nappe phréatique qui peut déborder ailleurs, par d’autres canaux que ces installations. Mais supprimer les infiltrations de rejets souterrains pollués afin d’assainir la nappe phréatique est une entreprise titanesque, extrêmement difficile à réaliser, et dont on ne maîtrise pas toute la technologie.

En attendant, et pour tout compliquer, l’INEA, l’Institut officiel de l’Environnement de l’Etat de Rio a répété, 2 semaines après, l’enquête commanditée par le journal O Globo et ses conclusions sont à l’opposés des premiers résultats : les 8 douches contrôlées distribuaient toutes une eau parfaitement propre ! Entre les 2 enquêtes, pourtant, pas une goutte de pluie n’est tombée à Rio de Janeiro qui pourrait expliquer ces différences… Le débat est donc loin d’être clos !

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