SP doit subir une levée de boucliers perpétuelle : c’est moche, c’est sale, ça sent mauvais, c’est pollué, il n’y a pas d’arbres, y circuler est juste impossible… Bon ça suffit comme ça ! Moi j’aime São Paulo parce que … (écrit par AMÉLIE PERRAUD-BOULARD – Le Petit Journal / São Paulo, www.lepetitjournal.com – Brésil)

1. Ses murs sont artistiques, poétiques, parfois même politiques. Les stencils, les dessins contestataires des pixaçoes, le graf trouvé au détour d’une rue ou les grands murs qui en sont ornés sous le tunnel de la Paulista ou le long de la Radial Leste : impossible de passer à côté et de rester insensible à ces œuvres dont nous font cadeau les maîtres du Street Art pauliste. Sourire inévitable devant le comique de situation lorsque coincés dans le tunnel de la Rebouças depuis 20 bonnes minutes, le mur se moque de tous les « escravos do trânsito » (esclaves des embouteillages) partageant mon triste sort.

2. Pas mieux que les Paulistes ! Si ce n’est pas pour la ville, on ne peut que « tomber en amour » avec ses habitants qui doivent sans conteste figurer sur le podium des populations de mégalopoles tentaculaires les plus charmantes.

3. Qui dit São Paulo, dit inévitablement « trânsito« . En effet, combien d’heures passées enfermé dans sa voiture à pester. Et pourtant, mesdames et messieurs il y a de multiples raisons de s’en réjouir ! Grâce aux embouteillages, nous pouvons nous accorder de larges tranches de temps d’introspection, ce qui nous coûte toujours moins cher que de se rendre chez son psy. Et l’agressivité déchargée au volant ? Une bénédiction nous amenant à rentrer à la maison en étant le plus doux des agneaux, d’autant plus que nous aurons pu écouter tranquillement trois fois de suite notre CD préféré.

4. Il y a certaines images de la ville devant lesquelles je ne peux m’empêcher d’être émue : un coucher de soleil à la si bien nommée Praça do pôr do sol (Place du coucher de soleil), la sortie du tunnel de Pacaembu et la vue plongeante sur la vallée (qui, allez savoir pourquoi, m’évoque systématiquement la sortie du tunnel des Champs Elysées par les cyclistes du Tour de France), la déferlante humaine noire et blanche (Corinthians) ou verte et blanche (Palmeiras) à l’approche du stade les jours de match.

5. Le Brésil est réputé pour son métissage, et São Paulo est un excellent exemple de vie cosmopolite. Elle abrite des communautés du monde entier : Japonais, Boliviens, Coréens, Italiens, Libanais, Allemands, entre autres, sont tour à tour venus s’installer dans la capitale. Visiter la ville, c’est réaliser un tour du monde à peu de frais qui nous offre aussi les plus belles escapades culinaires. Les savoureuses pizzas (meilleures qu’en Italie ? Le débat est lancé !) font la renommée de la ville, tout comme les sushis, gyozas ou bien le houmous que l’on peut y déguster.

6. S’ennuyer ? Impossible ! Sampa est la ville de tous les possibles, et elle regorge de propositions alléchantes à faire à ses visiteurs d’un jour ou d’une vie : nombre de concerts, d’expositions souvent gratuites, de belles librairies aux fauteuils accueillants, de bars et de restaurants vous tendent les bras.

7. São Paulo n’a certes pas la beauté immédiate de Paris, Rome ou Rio, mais un charme qui lui est tout particulier. Le mélange modernisme/tradition alimente cette atmosphère propre à la ville : le côté new-yorkais avec les buildings, les grands centres commerciaux clinquants et climatisés, les ponts, les milliers de lumières, les bâtiments historiques du Centro côtoient les petites maisons colorées, les lanchonetes, les marchands de rue, le désordre latin.

N’ayant rien d’une fille facile, il faut partir à la conquête de cette ville. S’y sentir bien en sera la récompense suprême. Si elle vous laisse la conquérir, vous vous en sentirez enrichis.

Si je n’ai pas réussi à vous convaincre, sans doute Blaise Cendrars y parviendra-t-il bien mieux !

Saint-Paul (1924)


J’adore cette ville

Saint-Paul est selon mon cœur

Ici nulle tradition
Aucun préjugé

Ni ancien ni moderne

Seuls comptent cet appétit furieux cette confiance absolue

cet optimisme cette audace ce travail

ce labeur cette spéculation

qui font construire dix maisons par heure de tous styles ridicules grotesques beaux

grands petits nord sud égyptien yankee cubiste

Sans autre préoccupation que de suivre les statistiques

prévoir l’avenir le confort l’utilité la plus-value et d’attirer une grosse immigration

Tous les pays

Tous les peuples

J’aime ça

Les deux trois vieilles maisons portugaises qui restent sont

des faïences bleues
.

Mais São Paulo n’est pas un amour aux yeux de tous… C’est une ville qui peut mieux faire indique PricewaterhiouseCoopers (PwC) dans la 4ème édition de son étude « Villes des chances » parue en novembre 2011.

« L’enquête tient compte de données provenant d´organisations internationales comme le FMI (Fond Monétaire International) et la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement). A partir de 10 indicateurs et 66 variables qui mesurent entre autres la satisfaction de la vie, le confort thermique, le logement, sur 26 grandes villes,  la mégapole pauliste est considérée comme la deuxième plus mauvaise au niveau de la sécurité et de la santé, la troisième ville la plus épouvantable au niveau de ses infrastructures et la pire de toutes pour le coût élevé de la vie. Les cités qui font encore moins bien que la capitale économique du Brésil sont Johannesburg et Mumbai. Les meilleures du classement : New-York, Toronto, San Francisco, Stockholm et Sydney. São Paulo obtient son meilleur résultat pour sa consommation d´énergie renouvelable et les émissions de carbone où elle se situe huitième. On respire… » (Joseph SIVIERI www.lepetitjournal.com – São Paulo)

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