Le Brésil ne signe pas le traité anti-corruption de l’OMC ; fusion TAM-LAN, c’est fait ; démanteler les vieux avions pour faire de la place sur les aéroports ; l’Oréal se concentre sur Rio de Janeiro.

Les pays développés ont signé le 15 décembre au siège de l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève un traité établissant des règles pour garantir la transparence des marchés dans les contrats et les achats publics. « Cet accord est un instrument de lutte contre la corruption » affirme Pascal Lamy, Directeur Général de l’OMC. « Il va garantir l’ouverture des marchés publics pour un équivalent de 600  milliards d’euros » renchérit Michel Barnier, Commissaire européen à la Concurrence.

Le Brésil s’est abstenu de signer, au grand dépit des Européens et des Etats-Unis qui espèrent pouvoir participer sans restrictions aux appels d’offres liés à la mise en place de la Coupe du Monde de football de 2014 et des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro de 2016. « Ce traité est sans intérêt pour nous, s’est justifié Antonio Patriota, Ministre brésilien des Affaires étrangères, son application est retreinte à un petit groupe de pays riches et notre priorité est l’ouverture des marchés publics en Amérique latine qui n’est pas concernée par cet accord ».

Questionné si le refus du Brésil n’était pas une carte blanche donnée à la sur-facturation des marchés publics et à la légitimation des pots-de-vin, Antonio Patriote s’est défendu rappelant que lors de la visite du Président Barack Obama à Brasilia en mars dernier, le Brésil et les Etats-Unis avaient lancé une initiative commune pour combattre la corruption dans les marchés publics internationaux. « D’ailleurs, a-t-il précisé, Hillary Clinton doit venir prochainement au Brésil pour une réunion ministérielle destinée à faire avancer ce projet. Prudente sur ce thème, la Secrétaire d’Etat américaine n’a pas commenté les déclarations de son homologue brésilien.

Fusion TAM-LAN, c’est fait

Le Cade (Conseil Administratif Brésilien de la Défense Economique) a donné son accord pour que  la TAM brésilienne et la LAN chilienne fusionnent, devenant la Latam, la plus grande compagnie aérienne d’Amérique du Sud. Toutefois, le Cade a posé deux conditions : la première concerne les programmes de fidélité différents auxquels appartiennent les deux compagnies, ils devront en sélectionner un seul, dans les 15 jours à venir. Tam appartient à Star Alliance et LAN à One World.

Par ailleurs, LAN et TAM effectuent à eux deux presque tous les vols reliant São Paulo à Santiago : ils devront libérer deux slots pour d’autres compagnies intéressées à des horaires « qui se situent à un moment commercialement intéressant ». Le projet de fusion entre les deux compagnies avait été annoncé en août dernier. Le tribunal de défense de la concurrence chilien avait déjà donné son feu vert en septembre. Le OK du Cade autorise donc définitivement la réalisation de cette fusion des 2 compagnies qui ont toutefois annoncé qu’elles allaient continuer à voler sous leurs couleurs respectives.

Démanteler les vieux avions, pour faire de la place sur les aéroports

Avec l’augmentation du trafic aérien au Brésil et les perspectives de croissance encore plus fortes ces prochaines années, la question du stationnement des avions de ligne sur les tarmacs devient un casse-tête. Le goulet d’étranglement va s’accentuer lors de la Coupe du Monde de Football de 2014. Or de nombreux cadavres d’avions de compagnies tombées en faillite, mais dont le passif n’a pas encore été liquidé encombrent les aires de stationnement de plusieurs aéroports. En accord avec le Conseil National de Justice, l’ANAC, l’Agence Nationale de l’Aviation Civile a donc pris une mesure d’urgence pour désengorger ces aéroports : même si les dossiers de liquidation ne sont pas bouclés, certains avions vont pouvoir être démantelés et envoyés à la casse.

Ce programme « Espace Libre sur les Aéroports »  a symboliquement débuté par le démontage de 3 Boeings 727 Cargo de l’ancienne Varilog, stationnés sur l’aéroport international de Rio de Janeiro. L’opération a duré 3 jours. Mais sur l’aéroport de Rio de Janeiro, il reste encore dix avions gros porteurs abandonnés. Et 57 autres sont disséminés dans le reste du pays. « D’ici février, nous allons libérer 10% du tarmac de l’aéroport de Congonhas à São Paulo », un des aéroports les plus encombrés du Brésil, promet l’ANAC. Et démanteler encore 7 autres aéronefs de l’ancienne Varig à Rio de Janeiro et à Manaus.

Reste un autre problème, les avions privés de petite dimension. Il y en a 118 abandonnés sur les aéroports brésiliens. Le problème de leur évacuation est plus compliqué que celui des appareils des compagnies commerciales car le statut des propriétaires n’est pas toujours clair. Plusieurs de ces appareils immobilisés par exemple ont été saisis par la police dans le cadre de la répression du trafic de drogue et les enquêtes les concernant ne sont pas toutes terminées…

L’Oréal se concentre sur Rio de Janeiro

L’entreprise de parfumerie L’Oréal a signé un accord avec le Gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro afin d’installer un centre de recherche et d’innovation dans l’Île du Bom Jesus, voisine du Parc Technologique de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro. La multinationale française va investir 70 millions de R$ (35 millions de CHF / 29 millions d’€) dans la construction d’une unité qui occupera 28’000 m2. 150 emplois seront créés d’ici 2015.

L’Oréal justifie le choix de Rio de Janeiro par le fait qu’elle est déjà implantée dans cette ville, mais aussi « parce que la diversité de la population locale permet de rassembler en ce lieu pratiquement tous les types de cheveux existants au monde ». Avant de se décider pour Rio, l’Oréal a reçu des propositions de la part de Campinas et São Paulo.

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