Le Brésil, principal producteur mondial de biodiesel en 2012 ; Aparecida 1° ville « minergie » ; Alerte pluie dans les montagnes de Rio de Janeiro ;  soupçon de corruption à Nova Friburgo ; une Organisation Mondiale de l’Environnement lors de Rio + 20 ?

En 2012, le Brésil devrait devenir le plus grand producteur mondial de biodiesel, surpassant l’Allemagne. La progression est spectaculaire, elle a plus que doublé entre 2008 et 2011, passant de 1,1 millions de m3 à 2,6 millions. 

Croissance quantitative ne veut cependant pas nécessairement dire succès opérationnel, explique Miguel Rossetto, Président de Petrobras Biocombustiveis : « nous avons un problème de distribution en direction des producteurs ruraux de l’agriculture familiale qui devraient être la cible principale de l’utilisation du biodiesel ».

Le problème se situe en effet au niveau des circuits d’approvisionnement qui sont balbutiants. Le raffinage est trop centralisé dans ce pays où les distances à parcourir, sont immenses. Autre facteur qui freine l’utilisation de ce carburant renouvelable, la proportion légale de biodiesel ajouté à l’huile minérale distribuée aux pompes. Elle est de 5% aujourd’hui, une limite qui devrait être augmentée à 20% au minimum pour que la production soit rentable.

Le biodiesel brésilien se porte pourtant bien et voit l’avenir en couleur. Ce qui n’est pas le cas de l’éthanol, qui est lui en chute libre. En cause, la hausse du prix du sucre sur le marché mondial, le prix à la pompe a monté à 2R$ le litre, 2R$ contre 3R$ pour l’essence. Une voiture consomme un tiers de plus de carburant quand elle roule à l’alcool plutôt qu’à l’essence, le rapport rendement-prix est donc devenu défavorable. Miguel Rossetto annonce que Petrobras et les autorités étudient des mesures pour stimuler l’utilisation de l’alcool-carburant. A travers une baisse prix qui pourrait signifier une baisse des taxes perçues par le gouvernement sur la vente de l’éthanol à la pompe.

Aparecida, 1° ville « minergie »

Aparecida, on ne peut pas la manquer lorsqu’on voyage par la Via Dutra, entre Rio de Janeiro et São Paulo. A 168km de la métropole économique, son énorme basilique écrase le paysage rural environnant. Aparecida, c’est un peu le Lourdes du Brésil. Cette capitale religieuse va maintenant  devenir aussi un laboratoire pilote  en matière d’économie d’énergie. Toute la consommation sera mesurée centralement, à travers 15’000 compteurs électroniques qui vont éliminer les relevés manuels de la consommation, mais aussi réduire les fraudes liées aux raccordements clandestins. Ces appareils procéderont à une observation en temps réel qui permettra de réagir instantanément aux pics de surconsommation et aux incidents.

Un vaste programme d’économie d’énergie, avec  la mise en place d’un éclairage public aux LEDs, la distribution gratuite d’ampoules LEDs et de frigos peu gourmands en énergie aux habitants à faible revenu et l’utilisation de source alternatives comme les panneaux solaires font aussi partie du projet. Maître d’œuvre de l’opération, EDP, Electricité du Portugal, partenaire de la compagnie d’électricité locale qui a choisi Aparecida pour ses ressemblances avec la ville d’Evora au Portugal où une telle expérience est déjà en cours. EDP investira 10 millions de R$ dans ce projet (5 millions de CHF / 4 millions d’ €)

Alerte pluie dans les montagnes de Rio de Janeiro

A moins de 2 mois du début de la saison des grandes pluies, les regards sont tournés vers les montagnes de Petropolis, Teresopolis et Nova Friburgo, au nord de Rio de Janeiro, qui ont connu en janvier dernier les pires inondations de l’histoire du Brésil. Elles ont fait plus de 800 morts et 14’000 sans-abris. Malgré la catastrophe, la situation dans le domaine de la prévention semble aujourd’hui encore très précaire. Un état de fait récurant dans tout le pays : « généralement, les municipalités ne s’intéressent aux risques dans leurs communes qu’à partir du mois de novembre », explique désabusé Reinhardt Fuck, nouveau directeur du CEMADEN, le Centre National de Surveillance et d’Alerte pour les Désastres Naturels, créé il y a seulement 4 mois.

Le CEMADEN, dont les locaux viennent d’être inaugurés à São Paulo, n’est toujours pas opérationnel : « la salle de contrôle qui nous permettra de lancer des alertes 6 à 8 heures avant l’arrivée d’une tempête ne nous sera livrée qu’en décembre. Et il faudra quelques semaines d’ici à ce que tous les appareils fonctionnent correctement » explique Reinhardt Fuck. D’ici là, la saison des inondations sera largement entamée.

La plupart des 1’386 municipalités et des 1’417 zones à risques recensées ne disposent pas d’un géologue attitré pour la surveillance. Seules 25 d’entre elles (3,4%) possèdent une carte géotechnique des endroits dangereux, pentes susceptibles de s’effondrer ou fons de vallées pouvant être noyées par les eaux. L’Association Brésilienne de Géologie et d’Ingénierie Environnementale relève que seules 200 personnes travaillent dans ce domaine, « il en faudrait 100 à 200 de plus ». Recruter de nouveaux professionnels est difficile, le métier, mal considéré, n’attire pas les spécialistes.

Soupçon de corruption à Nova Friburgo

Si les mesures de prévention contre une éventuelle nouvelle catastrophe climatique dans les montages de Rio de Janeiro tardent à se mettre en place, la reconstruction après le désastre de janvier dernier avance, à pas de tortue et donne lieu semble-t-il à une multiplication d’actes de malversation.

Ainsi, le Parlement Municipal de Nova Friburgo a lancé une enquête publique sur les agissements du Préfet intérimaire en exercice, Dermeval Barboza, qui est soupçonné d’être impliqué dans des manœuvres de corruption englobant des fonctionnaires publics et des entreprises de travaux publics. 10 millions de R$ (5 millions de CHF / 4 millions d’€) de fonds d’urgence versés par le gouvernement fédéral pour aider les victimes de la catastrophe auraient été détourné au profit d’intérêts particuliers.

Parallèlement à la commission d’enquête parlementaire, le Ministère Public Fédéral de Nova Friburgo a aussi lancé une procédure « d’empeachment » administratif contre le Présfet et contre le Procureur Général de la Municipalité, soupçonné d’être de mèche.

Une Organisation Mondiale de l’Environnement lors de Rio + 20 ?

Selon Jean-Pierre Thébaut, Ambassadeur français Délégué à l’Environnement, une centaine de pays soutiennent l’idée de créer, lors de la Conférence sur le réchauffement climatique Rio+20 de juin 2012, , une Organisation Mondiale de l’Environnement au sein du système des Nations Unies, sur le modèle de l’Organisation Mondiale du Commerce ou de l’Organisation Mondiale du Travail. Actuellement, le PNUE, qui s’occupe de cette question n’est qu’un programme de nature technique, ce qui ne lui permet pas d’être le creuset de grandes conférences internationales des décideurs ni le dépositaires de normes acceptées universellement par la communauté internationale.

Rio +20 serait donc le forum où cette idée devrait être discutée. Les organisations non-gouvernementales proposent qu’on profite de l’événement pour instaurer aussi une Cour Internationale de Justice pour l’Environnement. A Rio +20, on débattra en effet aussi  de l’inclusion sociale et de la lutte contre la pauvreté, en lien avec la protection de l’environnement.

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