Tourisme sexuel en Amazonie ; à la recherche des miséreux « invisibles » ; flux migratoires en baisse ; nouvelle loi sur les prisons ; nègre, discriminé et mort.

Le Département américain de la Justice enquête sur une agence de voyage pour businessman d’Atlanta  qui aurait organisé des séjours de tourisme sexuels en Amazonie, sous couvert de safaris de pêche. 4 jeunes femmes affirmant avoir été victimes de ces pratiques ont déposé plainte au Brésil. L’une d’elle prétend n’avoir que 12 ans. L’avocat de l’agence de voyage nie les faits et demande au procureur d’archiver le cas pour faute de preuves.

A Brasilia, la Ministre au Secrétariat des Femmes sollicite l’aide des autorités brésiliennes pour empêcher l’abandon de l’enquête contre l’entreprise Wet-A-Lines Tours aux Etats Unis. Iriny Lopes va demander l’appui du Ministère de la Justice et de la Police Fédérale afin qu’elles agissent au niveau international pour que l’affaire soit poursuivie. « L’extinction de cette enquête serait un grave revers pour le Brésil et une prime à l’impunité » justifie la Ministre.

A la recherche des miséreux « invisibles »

Un million de brésiliens seraient dans l’incapacité d’accéder aux prestations sociales de l’Etat, comme les soins gratuits, l’école obligatoire, la retraite ou la Bourse Famille parce qu’ils n’ont pas d’existence officielle. Leur identité n’est pas enregistrée dans les registres des municipalités, soit parce qu’ils n’ont jamais fait la démarche de s’y inscrire, soit parce qu’ils  ne possède pas d’extrait de naissance, sésame indispensable pour obtenir une carte d’identité au Brésil.

Cette estimation ressort des chiffres du recensement général de la population de 2010. Mais si on connaît maintenant à peu près le nombre de ces « invisibles », on ne sait pas où ils résident car le recensement à été fait par échantillonnage. Tous les domiciles n’ont donc pas été visités

Retrouver ces gens qui devraient être les premiers bénéficiaires du nouveau programme d’assistance « Brésil sans Misère » lancé en mars dernier par la Présidente Dilma Rousseff est aujourd’hui un défi pour le gouvernement. C’est le Ministère de la Santé qui est chargé de s’atteler à cette tâche. Les agents du « Programme de Santé des Familles » vont donc quadriller le pays pour tenter d’identifier ce million de  citoyens sans existence légale.

Flux migratoires en baisse

L’enquête « Déplacement des Populations au Brésil », divulguée par l’IBGE mi juillet 2011 révèle que les flux migratoires à l’intérieur du Brésil sont en nette diminution depuis 15 ans. Selon les observations de l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques, 3,3 millions de personnes ont migré entre 1995 et 1999, 2,8 millions entre 1999 et 2004, et seulement 2 millions entre 2004 et 2009. Un phénomène lié à la croissance économique qui a multiplié les occasions d’emploi dans les régions d’origine traditionnelles des migrants.

Hypothèse confirmée par le fait que le Sud-Est, la partie la plus développée du pays, montre un solde migratoire négatif depuis 2004. Les « migrations du retour » y sont en nette augmentation : vers le Rio Grande do Sul (23,98%), le Paraná (23,44%), Minas Gerais (21,62%), Sergipe (21,52%), Pernambuco (23,61%), Paraíba (20,95%) et Rio Grande do Norte (21,14%). Par ailleurs, ce sont maintenant les villes de moins de 500’000 habitants qui croissent au Brésil, les grandes métropoles comme São Paulo et Rio de Janeiro, ont tendance à voir leur population se stabiliser.

Nouvelle loi sur les prisons

Une nouvelle loi sur les prisons est entrée en vigueur début juillet qui permet désormais aux juges d’accorder la liberté provisoire à des inculpés accusés de petits délits en attendant leur procès. Les magistrats pourront aussi décider plus facilement de prononcer des peines de prison domiciliaire ou de condamnations avec sursis, afin d’éviter les incarcérations inutiles.

Cette nouvelle loi va faire sortir des prisons brésiliennes surpeuplées entre 50’000 et 100’000 détenus, qui attendent leur jugement derrière les barreaux. Une récente statistique démontre que 80% des prisonniers sont des délinquants sans antécédents, arrêtés pour la plupart suite à des infractions bénignes liées à l’usage ou au  petit trafic de drogue.

Nègre, discriminé et mort

Le triptyque est macabre, mais il sert de titre au dernier rapport de l’Observatoire des Favelas sur la Marginalité Urbaine : « aujourd’hui, un jeune noir a trois fois moins de chance qu’un jeune blanc de vivre jusqu’à l’âge de 18 ans ». Le risque qu’il meure assassiné par une arme à feu est en augmentation, en comparaison avec celui que courent les blancs. L’enquête porte sur des comparaisons entre 2002 et 2008. « Cela  montre la nécessité de poursuivre l’effort de mise en place de politiques publiques adaptées à cette catégorie de la population » conclut l’Observatoire.

Des politiques comme l’octroi de quotas pour les noirs dans les universités et la fonction publique par exemple. Car une autre enquête, émanant cette fois de l’IBGE, l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques, affirme que 63% des 15’000 personnes interrogées admettent que la race et la couleur de peau joue un rôle déterminant dans leur vie quotidienne.

Au point que nombre d’entre eux s’autodéfinissent différemment que les autres en ce qui concernent leur propre couleur. Ainsi, 49% des personnes interrogées se sont cataloguées comme blanches alors que selon la définition officielle, ils étaient 56% à appartenir à cette catégorie raciale. Une nuance importante lorsqu’il s’agit d’indiquer sa race dans un  curriculum vitae, par exemple. Cette exigence n’est pas toujours sans conséquence pour un futur candidat. La complication est encore plus grande lorsqu’il s’agit de la catégorie des « métis ».

L’IBGE suggère de revoir le système officiel de classification racial brésilien, et d’adopter le modèle nord-américain où les personnes déclarent à la fois leur couleur et leur origine. Comme « blanc d’origine hispanique » par exemple, ce qui réduit les confusions.

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