Tribu indienne inconnue ; quotas officiels pour les noirs et les indiens ; milices et programme Minha Casa, Minha Vida ; 44 favelas en moins à Rio ; protection sociale brésilienne plus confortable que l’américaine.

La FUNAI confirme : une nouvelle communauté indigène, qui n’a pas de contact avec le reste de la société brésilienne, a été découverte dans l’ouest de l’Amazonie. Les observations aériennes menées par la Fondation Nationale pour les Indiens révèlent l’existence de 2 grandes « malocas » et des petites zones de cultures vivrières attestant la présence d’environ 200 indiens qui vivent isolés dans cette partie du Val du Javari. 

Ce n’est pas la première fois que des tribus indiennes n’ayant pas de rapports avec le reste de la société brésilienne sont localisées dans cette région. 14 références de ce type ont déjà été signalées dans la zone. Toutes n’ont pas pu être confirmées.

La FUNAI ne certifie en effet la découverte d’une nouvelle tribu qu’après une certitude basée soit sur un contact direct, soit sur des observations répétées et confirmées sur plusieurs années. La dernière tribu «découverte, officiellement « documentée » par la FUNAI, est celle des indiens Korubos, également dans le Val du Javali. Ils ont été approchés en 1996 par une expédition dirigée par Sydney Possuelo. Le contact avait été établi après un échange de présents contre des fruits de la forêt. Depuis, la politique de la FUNAI est d’éviter le plus possible le contact direct avec ces populations isolées.

Quotas officiels pour les noirs et les indiens 

Le Gouverneur de Rio de Janeiro, Sergio Cabral a décidé d’introduire des quotas dans l’administration publique de l’Etat. Désormais, tous les postes mis au concours devront privilégier les noirs et les indiens dans une proportion de 20%. Les associations indigènes et les afro-descendants applaudissent. Ils espèrent que la mesure fera tache d’huile dans le secteur privé.

Milices et programme Minha Casa, Minha Vida 

« Minha Casa, Minha vida », est un programme fédéral destiné à permettre aux brésiliens les plus pauvres d’acquérir un logement à prix préférentiel. Depuis 2008, on voit surgir un peu partout dans le pays ces nouveaux lotissements d’habitat populaire. Les problèmes au moment de la distribution qui traîne souvent en longueur ou donne lieu à du favoritisme à but électoral.

Un cas extrême de détournement des objectifs généreux de « Minha Casa Minha Vida » a été découvert dans la zone ouest de Rio de Janeiro. 143 appartements du condominium Ferrara à Campo Grande ont été occupé en février par une milice para-militaire clandestine, formée de policiers à la retraite, de pompiers et de gardiens privés. Ils se sont octroyés le monopole de la « sécurité » dans la région et le droit discrétionnaire de « choisir » les nouveaux habitants, en prélevant au passage une « taxe de service ».  Sous les yeux des forces de l’ordre locales qui n’ont pas bougé.

Il a fallu une dénonciation dans la presse et des interpellations  à l’Assemblée législative pour que les autorités de Rio se décident enfin à intervenir, 4 mois après les faits, expulsant la milice de Ferrara. Les sbires ne sont plus là, mais les habitants arbitrairement logés dans ces appartements, oui… Et ils revendiquent le droit d’y rester. Les services sociaux de la ville veulent qu’ils partent car ces maisons sont réservées à 143 familles dûment inscrites, qui n’ont jamais pu les occuper. 74 d’entre elles vivent dans des favelas qui doivent disparaître. Les autorités promettent que tous les occupants illégaux vont être délogés et installés ailleurs, mais qu’elles n’emploieront pas la force. L’impasse risque donc de durer.

44 favelas en moins  à Rio de Janeiro

D’un coup de baguette magique, l’Institut Perreira Passos, un service de la préfecture de Rio de Janeiro chargé d’accompagner la dynamique de l’habitat non officiellement enregistré, a rayé de la carte 44 favelas. Elle sont devenues du jour au lendemain des « quartiers » sur la base de leur niveau d’urbanisation : services de base essentiels, eau courante, tout à l’égout,  collecte régulière des ordures. Cette mutation surprise est en fait le résultat d’une nouvelle définition des caractéristiques des favelas. Selon l’Institut Perreira Passos, il y aurait maintenant 582 favelas à Rio, au lieu des 1000 recensées en 2007.

Cette diminution draconienne provient en partie de la nouvelle politique de pacification et d’accompagnement social mise en place depuis 2 ans par les autorités, mais aussi à cause de la « stabilisation de la croissance des nouvelles favelas ». L’émigration en provenance du Nord-Est vers les grandes villes du Sud-Est du Brésil s’est en effet considérablement ralentie et l’expansion territoriale de l’habitat précaire a diminué d’autant. Il y a désormais très peu de « nouvelles » favelas qui naissent.

Celles qui sont existent par contre, voient leur densité augmenter, à cause de  la croissance interne de leur population. Elles se développent verticalement, les familles ajoutant des étages supplémentaires à leurs logements pour abriter leurs enfants, et horizontalement, mordant sur la forêt protégées environnante ou sur les pentes escarpées des collines qui deviennent dangereuses en cas de fortes pluies.

La reclassification du nombre de favelas à Rio peut avoir un sens si elle permet de réorienter les politiques publiques vers les problèmes affrontés par celles qui existent. C’est un des objectifs du programme « Morar Carioca » de la Préfecture. Il vise urbaniser toutes les favelas de la ville d’ici 2020.

Protection sociale brésilienne : plus confortable que l’américaine

Mieux vaut être salarié au Brésil qu’aux USA ! Ce n’est peut-être pas toujours le cas en ce qui concerne le pouvoir d’achat dégagé à la fin du mois, mais du point de vue de la sécurité sociale, c’est désormais prouvé. L’Université de Campinas a mené l’étude, comparant un à un les différents items de la protection légale des salariés au Brésil et aux Etats-Unis. Depuis 10 ans, l’employé brésilien sort vainqueur toutes catégories. Il bénéficie d’une plus forte mobilité d’emploi, les salaires évoluent de façon plus positives face à l’augmentation du coût de la vie, et ceci même avant la crise de 2008 et la couverture sociale inscrite dans la loi est supérieure.

Exemple, le salarié brésilien a droit au repos hebdomadaire et aux jours fériés payés, l’américain non. Tous deux bénéficient des conventions collectives et jouissent de la liberté syndicale, mais seuls les brésiliens ont droit à une indemnité de licenciement. Le Brésil interdit la discrimination salariale entre les sexes, les Etats-Unis non. Le congé maternité et l’accès aux soins gratuits font partie de la protection sociale au Brésil, pas aux Etats-Unis. Grande différence tout de même, au Brésil, le secteur informel où ces conditions ne sont bien évidemment pas appliquées, occupe encore la moitié de la population laborieuse. Aux Etats-Unis, même si l’emploi hors contrat formel augmente, il serait encore inférieur à 20% de l’ensemble de la main d’œuvre.

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