Tourbillons marins et prévisions climatiques ; pénurie d’eau ? Richesse de l’exploitation durable de la forêt ; Marina Silva, le film.

Ce sont de gigantesques tourbillons de 400 km de diamètre, qui s’élèvent de 40 centimètres au dessus du niveau de la mer comme des freesby. On les a découvert au large de la Guyane et du Surinam et leur origine est liée aux eaux douces de l’Amazone lancées à pleine vitesse dans l’océan. Leur rencontre avec les courants atlantiques crée ainsi les plus grands tourbillons marins du monde, qui influencent la navigation et le climat.  

Ces moulins gigantesques ont été identifiés par 2 chercheurs de l’Université de Miami qui ont mis en évidence leur comportement : des espèces de fleuves marins qui remontent le long de l’équateur, mus par une rotation gauche droite rapide qui entraîne des courants chauds. « A cause de ces anneaux, les eaux de l’Amazone sont propulsées beaucoup plus loin qu’on ne le pensait dans l’Atlantique », notent les chercheurs. L’effet de ce phénomène sur le climat doit encore être étudié, mais ses conséquences pour la navigation sont déjà évidentes. Selon le Jornal of Geophysical Research, « si les navires arrivent à utiliser ces courants à leur profit, ils vont pouvoir économiser une quantité phénoménale de carburant. »

Pénurie d’eau ?

Le Brésil a beau être un des plus grand réservoir hydraulique de la planète, une partie de ces habitants va tout de même souffrir de manque d’eau dans les années à venir. Une étude que vient de mener l’Agence Nationale des Eaux révèle en effet que 55% des municipalités du pays vont devoir faire face à des problèmes d’eau d’ici 2015, si rien ne change. 3’059 communes sont donc concernées. Pour résoudre la question, l’ANA calcule qu’il faudrait investir 22 milliards de R$ (12,5 milliards de CHF / 9,5 milliards d’€) dans les 3 prochaines années.

Et économiser le précieux liquide… A São Paulo, la Compagnie des Eaux a profité de la journée mondiale de l’eau, mi-mars, pour introduire auprès des consommateurs une mesure d’incitation à l’économie.  En collaboration avec une banque de la place, elle propose à ses clients d’accumuler des points, à la manière des Miles dans les compagnies aériennes, chaque fois que leur consommation diminue. Ces points peuvent ensuite être transformés en bonus divers pour des achats en tout genre.

Richesse de l’exploitation durable de la forêt 

La forêt amazonienne peut être une source de richesse sans qu’on ait besoin de la détruire. C’est la conclusion d’une étude du Ministère de l’Economie qui s’est penché dans le détail sur la gestion forestière de l’Amazonie. Selon les auteurs, une exploitation durable du bois permettrait de gagner 6 millions de R$ par an tout en créant 170’000 emplois. Comment ? En octroyant en concession 30 millions d’hectares de forêt à des particuliers !

Des concessions qui comportent des conditions très strictes : les forestiers peuvent exploiter leur terrain pendant 40 ans, mais la propriété reste aux mains de l’Etat. La coupe annuelle maximum permise est de 3,33% de la surface totale afin de permettre une régénération naturelle de la forêt. La surveillance du respect de ces conditions se fait par photos satellites. Ce régime de concession existe depuis 2003, mais jusqu’à présent, seules 3 concessions ont été octroyées, pour un total de  150’000 ha. Le Ministère de l’Economie appelle donc à intensifier la mise en place de ce système.

Autre initiative, qui concerne cette fois la forêt littorale atlantique, dont il ne reste aujourd’hui que 7% de la couverture originale. Des chercheurs en biologie de l’Université de São Paulo ont réussi à mettre au point une technique permettant de recomposer une forêt native. Avec l’aide de The Nature Conservancy, ils ont lancé un projet expérimental de reboisement au moyen d’espèces nobles avec des petits agriculteurs dans le nord de l’Etat de Sao Paulo. Si l’expérience s’avère concluante, non seulement elle pourra être reproduite ailleurs, mais son exploitation rationnelle  permettra peut-être par la suite de relancer la fabrication de meubles en bois précieux à partir de matériaux certifiés durables.

Marina Silva, le film.

On pouvait s’y attendre, après le (presque) triomphe que l’ancienne Ministre de l’Environnement du Président Lula Marina Silva a obtenu au premier tour des élections présidentielles d’octobre dernier : sa vie et son combat vont être l’objet d’un film. Le documentaire, en cours de tournage, est signé Sandra Werneck, une journaliste de la télévision Globo et il retracera la campagne électorale de 2010, mais aussi le long combat de Marina Silva, depuis son enfance au milieu des cueilleurs de caoutchouc de l’Etat d’Acre,  « pour rassembler l’écologie et la politique », sa lutte contre 3 attaques successives de tuberculose et son alphabétisation tardive.  Le tournage devrait débuter l’an prochain.

Sur un autre tableau, l’avenir politique de Marina Silva ne semble pas des plus radieux. Une féroce lutte de pouvoir se déroule en ce moment au sein du Parti Vert, entre la direction actuelle, formée de politiciens avides de représentation parlementaire et les supporters de la campagne de Marina Silva, qui veulent, eux un renouveau de la formation à travers l’institutionnalisation du « dialogue populaire » engagé par la candidate durant la campagne. Ce courant, hélas est minoritaire et Marina Silva envisage même de quitter les Verts pour poursuivre son combat ailleurs.

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