Prix de l’essence et importation de pétrole ; train à grande vitesse ; petit train du Corcovado ; manœuvres sur la bière ; impôts sur les impôts.

La combinaison de la hausse du baril de brut liée aux révoltes populaires en Afrique du Nord et de la flambée du cours du sucre sur le marché mondial déséquilibre l’approvisionnement en carburant au Brésil. Les fabricants d’éthanol préfèrent aujourd’hui exporter le sucre brut plutôt que de distiller de l’alcool carburant, c’est plus rentable. Du coup, l’alcool flambe à la pompe et les automobilistes roulant avec des moteurs flex bi-carburants (c’est aujourd’hui 80% de la flotte automobile du pays) se rabattent sur l’essence. 

Petrobrás n’arrive plus à suivre et doit maintenant importer du carburant. A perte car le cours du brut flambe au niveau mondial et le prix de l’essence est contrôlé à la sortie des raffineries brésiliennes. Petrobrás a engagé un rapport de force avec les autorités pour pouvoir augmenter ses prix. On semble se diriger vers un compromis : les autorités baisseraient les taxes prélevées sur l’essence pour permettre une hausse qui ne se répercute pas sur le consommateur.

Un moyen pour éviter que l’augmentation du coût du carburant n’alimente encore plus l’inflation, mais qui va priver les caisses de l’Etat de 8 milliards de R$ de rentrés fiscales cette années (4,5 milliards de CHF / 3,5 milliards d’€)

Train à Grande Vitesse, mise au concours, une fois encore, retardée.

L’attribution de la licence pour construire le train à grande vitesse Campinas-São Paulo-Rio de Janeiro aurait dû avoir lieu le 29 avril, 6 mois après l’échéance prévue dans la première version du calendrier officiel. Elle sera encore repoussée de 3 à 4 mois, « pour donner le temps aux entreprises de finaliser leurs dossiers de candidature », explique l’ANTT, l’Agence Nationale des transports Terrestres. Pour sortir de la quadrature du cercle, en fait !

La question de la rentabilité économique du projet bloque en effet : 70% du trafic voyageur prévu devrait se faire sur les 200km trajet Campinas-São Paulo- Sao José do Rio Preto, le reste, entre São Paulo et Rio de Janeiro. Problème, le tronçon qui le plus fréquenté ne justifie pas la construction d’une ligne à grande vitesse, alors que les 500 km du trajet accidenté Rio-São Paulo impliquent des coûts  importants à cause du nombre de tunnels et de ponts à construire. Du coup, le prix des billets devrait prendre l’ascenseur et ne plus vraiment concurrencer le trajet en avion.

La Présidente Dilma Rousseff a reconnu qu’avec ce nouveau retard, le TAV brésilien ne pourra pas être mis en service entre Rio et São Paulo pour les JO de 2016.

 Petit train du Corcovado.

Bon an mal an, le petit train du Corcovado à Rio de Janeiro, copie conforme du train de la Jungfraujoch transporte 350 passagers à l’heure. Depuis que le monument du Christ situé au sommet du Corcovado a été élu l’une des merveilles du monde, le public afflue et le petit train refuse du monde. Pour permettre d’absorber 600 passagers à l’heure, les administrateurs du train veulent importer 4 motrices d’occasion supplémentaires depuis la Suisse. Mais le Secrétariat au Patrimoine du Gouvernement Fédéral rechigne à donner son feu vert, car il devrait élargir la concession octroyée actuellement, ce qui pourrait ouvrir un précédent ailleurs au Brésil. Sans l’accord du Secrétariat au Patrimoine, le Petit train du Corcovado ne peut pas obtenir le crédits bancaire de 64 millions de R$ nécessaire à l’achat de ces motrices.

Manœuvres sur la bière

Le Brésil ne se contente plus de diriger la première entreprise mondiale de brassage de bière, la belgo-brésilienne  Anheuser-Busch Inbev, il devient aussi le champ de bataille  d’autres grand brasseurs internationaux qui cherchent à acheter maintenant les « outsiders » Schincariol-Devassa et Petrópolis. Ces 2 entreprises contrôlent 20% des ventes de bière au Brésil et sont convoitées par SAB Miller, Heineken et Carlsberg. Rien n’est encore décidé, mais les enjeux montent. Dans le collimateur, bien sûr, la Coupe du Monde de Football 2014 et les Jeux Olympiques de 2016, de futurs marchés très porteurs pour la bière.

Impôts sur les impôts.

Lorsqu’il a découvert la chose, le journaliste économique Carlos Alberto Sardenberg s’est fâché tout rouge : « L’Etat pratique un hold up légal intérieur » ! En cause, le système d’impôts indirect sur les produits et les services qui comporte un mécanisme très pervers. Exemple : vous habitez Rio de Janeiro et votre facture mensuelle de téléphone fixe s’élève à 100 R$. S’y ajoute les taxes gouvernementales, l’ICMS pour l’Etat de Rio, le PIS et le Cofins au niveau fédéral, en tout, 33,65%. Votre facture devrait donc s’élever à 133,65 R$.

Or elle est effectivement de 150,71 ! Erreur de calcul ? Pas du tout… L’administration calcul les taxes sur le prix total des services fournis, impôts compris. Le consommateur paye donc un impôt… sur l’impôt ! « Le gouvernement a réussit à inventer une formule mathématique qui fabrique des miracles, ironise Carlos Alberto Sardenberg, il additionne au prix « liquide » des produits et service la valeur de l’impôt et recalcule l’impôt sur le tout ! »

Cette pratique a malheureusement peu de chance de disparaître car elle est inscrite dans la loi. Voilà une des raisons, note Carlos Alberto Sardenberg, qui explique pourquoi le « coût Brésil » est si élevé et si peu attractif au niveau mondial pour les entreprises.

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