Vie et mort exemplaire d’un vice-président ; une voix des bords de Seine s’est éteinte ;  patrimoine historique dans les flammes ; Nova Friburgo après la catastrophe, une aide anarchique qui tarde ; boîtes noires du vol AF 447 repérées ? Téléphones cellulaires interdits de banques ; médecine esthétique hors la loi.

13 ans de lutte contre le cancer, 17 interventions chirurgicales et un regard toujours optimiste sur l’avenir : « je ne sais pas ce qu’est la mort. Et si c’était une bonne chose ? Si je retrouvais papa et maman ? » L’ancien Vice-Président José Alencar, compagnon de route de Lula durant ses 8 années de présidence s’est éteint le 30 mars, à 79 ans et le Brésil tout entier s’est incliné devant la grandeur de cet homme qui venait de le quitter.

Né dans une famille pauvre, dans la campagne de Minas Gerais, José Alencar est devenu à la force du poignet un entrepreneur à succès avant de basculer dans la politique. De 2003 à 2010, malgré la maladie qui le rongeait, il a assisté le Président Lula avec compétence et discrétion, sans hésiter cependant à montrer du doigt les dérives des politiciens quand il le fallait : c’est ainsi que sa dénonciation de la corruption et du favoritisme au Congrès reste dans les mémoires.

Mais José Alencar savait s’arrêter là où il le devait : « le Président gouverne, le Vice-Président suggère » avait-il coutume de dire. Sa droiture, son honnêteté, son courage aussi en a fait un héros pour les brésiliens, qui ont trouvé en lui l’exemple de ce que devrait être un dirigeant…

Une voix des bords de Seine s’est éteinte

Autre disparition, celle d’Elpidio Reali Júnior, journaliste correspondant à Paris de la  Radio Joven Pan et du quotidien O Estado de S. Paulo. Il était devenu célèbre pour commencer systématiquement ses chroniques radiophonique par la phrase : « en ce moment, au bord de la Seine, devant la Maison de la Radio, le thermomètre marque … degrés. »

Patrimoine historique dans les flammes

Il ne reste qu’un crucifix roussi de la chapelle Sao Pedro de Alcantara, joyau du complexe des bâtiments historiques de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro situées à « Praia Vermelha », au pied du Pain de Sucre. L’Incendie s’est déclaré dans cette église datant de 1852, classée au Patrimoine historique qui était en réfection. D’après les premières constatations, les bouches à incendies étaient désactivées, ce qui a compliqué le travail des pompiers.

La chapelle sera reconstruite, mais cet incendie a révélé la vulnérabilité du patrimoine architectural de la métropole carioca. Plusieurs grands musées situés dans des anciens palais coloniaux, abritent des collections inestimables  dans des conditions de sécurité précaires. Ils sont à la merci d’un incendie comme celui qui a détruit la chapelle de Sao Pedro de Alcantara. C’est notamment le cas  du Musée Historique National de la Praça XV, du Musée National de la Quinta de Boa Vista et de la Bibliothèque Nationale.

Les autorités de la ville et les pompiers envisagent de faire maintenant un  recensement des risques touchant le patrimoine historique de Rio de Janeiro.

Nova Friburgo après la catastrophe, une aide anarchique et qui tarde. 

3 mois après les inondations du mois de janvier, nombre de petites et moyennes entreprises qui ont tout perdu dans la catastrophe, n’arrivent toujours pas à toucher les subsides d’urgence octroyés par le gouvernement pour les aider. Dernier rebondissement en date, les crédits à taux privilégiés débloqués par la BNDES, la Banque Nationale de Développement Economique et Social, ont été gelé par une décision juridique, suite à une plainte de l’OAB, l’Organisation des Avocats du Brésil qui estime que la BNDES, banque de Développement, ne peut pas prêter de l’argent à des entreprises qui ont licencié leurs employés ! Pratiquement toutes les PME de Nova Friburgo ont pourtant dues se résoudre à prendre cette mesure : après 90 jours d’inactivité, sans les subsides promis, les caisses sont vides !

Par ailleurs, le déblayement des décombres résultant des inondations avance à pas de tortue. Dans plusieurs zones, maisons détruites et voitures entassées au milieu des arbres arrachés continuent à former un paysage de guerre. La Municipalité de Friburgo aurait payé 6 millions de R$ (3,4 millions de CHF / 2,3 millions d’€) à 3 entreprises privées chargées de déblayer ces décombres, des entreprises que les habitants disent n’avoir jamais vues à l’œuvre ! Tout le travail de nettoyage est actuellement fait par les services de l’Etat de Rio ou du gouvernement fédéral.

Boîtes noires du vol AF 447 repérées ? Téléphones cellulaires interdits de banques ; médecine esthétique hors la loi.

La 3ème campagne de recherche des débris de l’avion d’Air France qui s’est abîmé en mer en juin 2009 aura été la bonne. Les sous-marins robots  envoyés sur la zone ont localisé plusieurs pièces importantes de l’avion dont le train d’atterrissage et la queue où se trouveraient les boîtes noires.

A Rio de Janeiro, plus question d’entrer dans une banque avec un téléphone portable allumé. Il faut désormais l’éteindre ou le confier au vigile de service à l’entrée. La mesure a été prise pour lutter contre les agressions perpétrées contre les clients aux sorties de banques. Les spécialistes de la sécurité doutent de l’efficacité de la mesure, les voleurs repérant habituellement leurs victimes à l’extérieur des établissements et non à l’intérieur.

Le Conseil Fédéral de Médecine du Brésil refuse de reconnaître la médecine esthétique comme une spécialité médicale. Cette demande de reconnaissance avait été faites par les innombrables établissements de soins esthétiques du pays en 2005. Le Conseil répond donc par une fin de non recevoir, estimant que cette spécialité n’existe pas. Il resserre aussi les règles de la publicité en la matière, interdisant notamment les annonces vantant « l’avant et l’après » d’une opération de chirurgie esthétique.

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