Piètre classement dans la formation, une fois de plus ; statut des femmes à la hausse et à la baisse ; 23’973 enfants des rues ; Bourse famille.

Le Brésil se classe en 2010 au piètre 88° rang des 127 pays évalués par l’UNESCO pour l’efficacité de leur enseignement. Cela met le pays dans la catégorie « moyenne », juste derrière l’Argentine, le Chili, l’Equateur et la Bolivie. Les autorités de Brasilia reconnaissent qu’il y a là un sérieux fossé entre le dynamisme de la croissance et le déficit de formation.

Le classement de l’UNESCO se base sur la mesure des objectifs de qualités à atteindre en 2015, tels qu’ils ont été définit par la Conférence Mondiale de l’Education de Dakar en 2000.

Plus inquiétant encore, le Brésil est le seul pays des BRIC’s a n’avoir aucune université classée parmi les 100 premières du monde. La Russie en possède une, Lomonosov à Moscou, classée 33°, la Chine 5 et l’Institut Indien des Sciences se place en 91° position. Ce classement, effectué par le THE, le Times Higher Education de Londres, autorité reconnue en la matière, se base sur l’analyse de 13’388 instituts d’enseignement supérieur de 131 pays.

Sans surprise, c’est l’Université de Harvard qui vient en première position. Les Etats Unis remportent d’ailleurs la palme avec 7 universités parmi les 10 premières et 45 établissements classés parmi les 100 meilleurs du monde. Vien ensuite le Royaume Uni avec 2  grandes écoles parmi les 10 meilleures, Oxford et Cambridge, et 12 citées dans la liste des 100.

La Suisse a 3 universités classées, l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich, 24° ; l’Université de Zurich, 69° et l’Ecole polytechnique de Lausanne, 71°. La France elle, ne place « que » la Sorbonne dans cette liste, au 97° rang, le Canada l’Université de Waterloo au 100° et dernier rang, aucune des hautes écoles belges ne font partie des 100 meilleures du monde.

Statut des femmes à la hausse et à la baisse

Dans les 3 principales régions métropolitaines du Nord-Est, le revenu des femmes a proportionnellement plus augmenté que celui des hommes, note le DIEESE, le Département Intersyndical d’Etudes Socio-Economiques. A Fortaleza, Recife et Salvador, le salaire horaire moyen masculin a varié de -0,2% à 9,7%, celui des femmes de 1,8% à 12,7%. Ailleurs dans le pays, le revenu des femmes a aussi progressé mais proportionnellement moins que celui des hommes.

Cette progression réjouissante des salaires féminins dans le Nord-Est n’empêche pas ces derniers de rester à la traîne des salaires et des emplois masculins. L’association Rio Como Vamos a procédé à un recensement à Rio de Janeiro, sur la base des derniers chiffres disponibles, qui datent de décembre 2009. Le salaire mensuel moyen des hommes s’établissait alors à 2’156 R$, celui des femmes à 1’871 R$. Du point de vue des postes de travail, 59,4% étaient occupés par des hommes, 40,6% par des femmes. Et pour ce qui concerne les créations de postes, 62,6% des nouveaux emplois ont été octroyés aux hommes, 37,4% seulement aux femmes.

Un autre recensement, effectué par le GEM, le Globa Enterpreneurship Monitor révèle lui, par contre, que dans la création d’entreprises, les femmes dépassent les hommes : 53,4% des nouveaux établissements créés au Brésil en 2009 l’ont été par des femmes. En 2001, seules 28,4% des nouvelles entreprises étaient dirigées par des femmes. Il faut cependant nuancer ces données, beaucoup de ces créations concernent des petites échoppes artisanales ou des petits commerces ambulants de rue, secteur traditionnel d’activité des femmes. Il s’agissait souvent d’entreprises informelles dont la reconnaissance légale a été accélérée par l’entrée en vigueur du statut de « petit entrepreneur individuel » introduit en 2009.

23’973 enfants des rues

23’973, c’est le nombre d’enfant des rues vivant dans 75 agglomérations de plus de 300’000 habitants au Brésil, recensé systématiquement pour la première fois à l’occasion du 20ème anniversaire de la mise en place du Statut légal de l’Enfant et de l’Adolescent. Une statistique qui comble un vide et permet de mieux cerner le profil de cette catégorie de mineurs. Ainsi 63% ont choisi la rue à cause d’une situation de conflit familial, mais 59% d’entre eux retournent chaque soir dormir à la maison.

Cela montre bien que la rue est vécue comme un lieu de travail où gagner de l’argent, que les enfants ramènent ensuite à la maison, en partie pour se valoriser vis à vis de leurs parents. « Ces derniers en profitent et les encouragent à retourner dans la rue pour contribuer aux ressources de la famille », note Marcelo Caran, coordinateur d’une ONG ui s’occupe d’enfants des rues. « Cette vision de la charité est vécue comme incontournable, c’est une sorte de consensus social au Brésil, il faut que cela change. La place des enfants n’est pas dans la rue. »

La bourse famille augmente de 45%

En pleine discussion sur la mise en place d’un programme d’austérité visant à amputer le budget de l’Etat de 50 milliards de R$ pour juguler l’inflation qui relève la tête, la Présidente Dilma Rousseff annonce une augmentation de 45% des tarifs de la bourse famille, ce qui va représenter une augmentation des dépenses de 2,1 milliards de R$ pour l’Etat (1,2 milliards de CHF / 960 millions d’€).

La Président justifie son geste en déclarant que la rigueur ne se fera pas sur le dos des plus pauvres et que cette augmentation de l’aide sociale ira d’abord aux femmes seules élevant des enfants. « Elles représentent 34 à 35% des bénéficiaires de la bourse-famille », déclare Dilma Rousseff. Actuellement, le programme bourse famille octroyé un subside fixe, augmenté d’une allocation variant entre 22 et 200 R$ par mois selon le nombre des enfants. La bourse famille est distribuée à 12,9 millions de familles.

 

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