L’ancien patron de la Banque Centrale à la tête de l’Autorité Olympique ; Google recrute au Brésil ; grogne des militaires contre la Commission Nationale de la Vérité ; mystérieuse disparition d’œuvres d’art à l’Ambassade du Brésil de Paris ; Les urines de la polémique; et encore: « Ficha Limpa » seulement en 2012, cadeau empoisonné pour Lula.

Henrique Meirelles reprend du service. Fin décembre, il quittait la tête de la Banque Centrale, mi-février, le voilà nommé à la direction de l’APO, l’Autorité Publique Olympique, chargée « d’approuver et de superviser les travaux et services nécessaires à la réalisation des Jeux Olympiques 2016 de Rio de Janeiro.

La création de l’APO est l’une des 308 garanties exigées par le CIO pour l’octroi des Jeux à Rio de Janeiro. Cette autorité spéciale est un consortium entre le Gouvernement Fédéral, l’Etat de Rio de Janeiro et la Préfecture qui doit surtout servir à accélérer la réalisation des grands ouvrages d’infrastructure, tant au moment de leur mise au concours que durant le suivi des travaux.

L’idée a été copiée du modèle appliqué lors des Jeux de Sydney en 2000 et pour la préparation de ceux de Londres de 2012 pour lesquels l’Autorité Olympique diffuse publiquement des images en temps réel de l’avancement des chantiers.

Avec l’aide de 180 subordonnés, Henrique Meirelles va donc régner sur un budget estimé à 23 milliards de R$ (13 milliards de CHF / 10 milliards d’€), coût total des installations sur la base des exigences du CIO. Le choix d’Henrique Meirelles est lié à la fois à sa « visibilité » internationale, mais aussi à son expérience financière, Henrique Meirelles ayant été membre du directoire d’un des plus grands groupe financiers internationaux avant de prendre les rênes de la Banque Centrale.

Google Brésil recrute

Le développement de Google a atteint des records en 2010 au Brésil, avec une augmentation du chiffre d’affaire de 80%, contre une moyenne mondiale de croissance de 25%. Le président de Google pour les Amériques, Dennis Woodside est donc venu annoncer à Sao Paulo qu’il allait étoffer l’équipe de ses collaborateurs au Brésil, forte aujourd’hui de 250 personnes. 125 nouveaux postes seront ouverts cette année, pour répondre à l’augmentation de la demande, d’autres développements pourraient suivre dans la perspective de la Coupe du Monde de football de 2014 et des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro de 2016.

La Commission Nationale pour la Vérité irrite les militaires.

La décision a été votée au Congrès l’an dernier et la Présidente Dilma Rousseff a promis de faire avancer les choses rapidement : la création de la Commission Nationale de la Vérité, qui doit faire la lumière sur les disparus et les autres victimes de la dictature est en cours. Une décision qui irrite les hautes sphères militaires qui se sont fendues d’un document publique condamnant cette démarche. De leur point de vue, une telle commission aurait un sens si le Brésil était dans un moment de transition vers la démocratie, mais « 30 ans après la fin du gouvernement militaire, elle ne se justifie pas. Cette volonté de reconstruire l’Histoire risque seulement de rouvrir des blessures et de fissurer l’unité du peuple brésilien. »

Le Parlement est resté imperturbable et la sélection des futurs membres de cette Commission continue. Parmi eux, des proches du Ministre des Armées Nelson Jobim, lui aussi opposé à la réouverture des enquêtes sur la dictature, qui promettent de travailler « sans esprit de revanchisme puisque la Commission ne prononcera aucune sanction, ni contre les abus de l’armée ni contre les exactions de la guérilla de l’époque ». D’autres participants pressentis sont moins conciliants, telle Luiza Erundina, ancienne maire de São Paulo, qui estime « honteux pour le Brésil d’être le seul pays d’Amérique à n’avoir pas puni ses tortionnaires.

Mystérieuse disparition d’œuvres d’art à l’Ambassade du Brésil de Paris.

Couvert par l’immunité diplomatique, le secret était bien gardé, tant à Paris qu’à Brasilia : lorsque l’Ambassadeur José Mauricio Bustani a pris ses fonctions dans la capitale française, début 2008, il a constaté que 18 œuvres d’art manquait à l’appel dans les locaux de l’ambassade ! Parmi elles, des tableaux d’artistes brésiliens, des photographies, une gravure  d’Anna Letycia, un tapis Boukara…

Selon le journal « Correio Braziliense » qui révèle l’affaire, la police française n’a aucune piste et les autorités brésiliennes se demandent si une partie de ce butin n’a pas été simplement emporté par l’un ou l’autre des occupants officiels de l’ambassade. Autre hypothèse, la liste du mobilier de l’ambassade du Brésil à Paris est peut-être imprécise, il se peut que certains tableaux aient été rapatriés à Brasilia où ils pourraient se trouver aujourd’hui. Mais on les cherche toujours…

Les urines de la polémique

Les litres de pipi récoltés dans les WC chimiques répartis partout en ville de Rio de Janeiro sont un des chiffres clés du Carnaval de Rio 2011 : ils rempliraient 3 piscines olympiques ! Malgré cela, 671 personnes ont été amendées pour avoir uriné dans la rue, un chiffre en diminution par rapport à l’an dernier, mais qui traduisent la désinvolture persistante de certains fêtards et suscitent la polémique.

« Pourtant, le fait d’uriner dans la rue ne date pas d’aujourd’hui, note l’historien Milton Teixeira, c’est une mauvaise habitude historique à Rio de Janeiro ». Il rappelle qu’en 1776, après avoir reçu sur la tête le contenu d’un pot de chambre alors qu’il passait dans la rue, le Marquis de Lavradio a décidé de légiférer en la matière. Il a édicté le décret du « Là vai Agua », littéralement « Attention au jet ! » qui obligeait les habitant à avertir les passant à haute voix avant de jeter leurs déjections dans la rue.

La mise en pratique ne fût pas simple, rappelle encore Milton Teixeira, « les gens avertissaient au moment où ils balançaient leurs déchets, ceux qui étaient en dessous n’avaient généralement pas le temps de s’écarter. L’efficacité de la nouvelle loi était donc toute relative. »

Et encore: « Ficha Limpa » seulement en 2012, cadeau empoisonné pour Lula

La loi dite « Ficha limpa » qui empêche l’élection de politiciens poursuivis pour malversation ne peut constitutionnellement pas être appliquée au scrutin qui a eu lieu en octobre dernier 2010, a finalement décidé le Tribunal Suprême après des mois d’impasse. Elle ne pourra entrer en vigueur que pour les prochaines élections de 2012. Une série d’élus sanctionnés par cette loi vont donc tout de même pouvoir siéger aux Chambres, à la grande déception du mouvement citoyen qui avait rassemblé plus de 2 millions de signatures.

L’ex-président Lula a reçu des mains de l’homme d’affaire libanais établi au Brésil Youssef Chataoui une donation pour son « Institut de la Citoyenneté ». Problème, Youssef Chataoui traîne derrière lui une réputation sulfureuse. Il est sous enquête en France, accusé d’avoir importé frauduleusement à l’époque des farines animales qui ont propagé la maladie de la vache folle dans l’Hexagone. Il avait alors tenté de fuir pour São Paulo mais avait été arrêté par la police à l’aéroport Charles de Gaulle. Au Brésil Youssef Chataoui s’occupe toujours d’import-export de nourriture pour animaux. Il reste discret sur son passé. Le service de presse de Lula aussi, qui se contente de déclarer que Youssef Chataoui est un ami de longue date de l’ex-Président.

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