Des brésiliens plus européens qu’on ne le croyait ; bientôt un vaccin contre la dengue au Brésil; pénurie d’enseignants ; carnage à moto.

Une étonnante étude sur l’origine génétique de la population brésilienne, réalisée par l’Université Fédérale de Minas Gerais à Belo Horizonte révèle que les ancêtres des habitants actuels sont à 70% d’origine européenne, une provenance donc nettement plus dominante qu’on ne le pensait, par rapport à la population noire par exemple. Même le Nord-Est, berceau de la négritude brésilienne ne fait pas exception. 53% des habitants de couleur de la Bahia ont en fait des origines européennes relate l’étude !

« Au regard de la génétique, la couleur de la peau n’est pas un critère. Le mélange des 3 origines de la population brésilienne, l’européenne, l’africaine et l’indigène ont créé une vaste palette de couleur de peau », commente Sergio Pena, le responsable de l’étude, « et nous avons été surpris de découvrir malgré cela des origines génétiques plus homogènes que prévu, où prédomine la lignée de l’émigration européenne du XIX° siècle. »

L’ADN 934 brésiliens a été analysée, un échantillon considéré comme suffisant scientifiquement pour tracer un portrait fidèle de toute la population du pays.

Bientôt un vaccin contre la dengue au Brésil ?

La dengue, cela fait près de 90 ans qu’on l’étudie et il semble qu’on aboutisse enfin à la mise au point d‘un vaccin efficace. Le laboratoire français Sanofi-Pasteur annonce être en phase finale de préparation des derniers tests qui vont être appliqués, grandeur nature, sur 30’000 personnes dans le monde. En mars, Sanofi rencontrera les autorités brésiliennes, qui sera un des pays concerné par ces tests, afin de leur proposer d’inscrire le pays comme prioritaire pour la distribution dès 2013.

Il ne s’agit pas d’un geste de pure bonté de la part de Sanofi-Pasteur, mais d’un challenge commercial. Il faut en effet rentabiliser les coûts élevés des recherches menées pour mettre au point le vaccin. Or la dengue sévit de manière endémique en Afrique et au Brésil, le Brésil qui, contrairement aux pays africains, « a les moyens de payer le vaccin à son juste prix » précise Sanofi-Pasteur. Si l’accord aboutit, ce serait une opération « win-win » sans perdants, un cas rare dans le domaine de la recherche sur la lutte contre les maladies tropicales, une recherche qui avance à pas de tortue, justement parce que les coûts sont beaucoup plus élevés que les revenus potentiel susceptibles d’être dégagés.

Pénurie d’enseignants

Hémorragie dans la formation des futurs professeurs de l’enseignement obligatoire brésilien. Ils étaient 132’000 à suivre les cours de Pédagogie et de Normale Supérieure en 2005, 52’000 seulement en 2009 ! En même temps, le nombre d’enseignants sans diplôme supérieur a crû de 32% entre 2007 et 2009 dans les écoles publiques. « Cela montre le désintérêt des jeunes pour la profession d’enseignant, souligne Carlos Eduardo Sanchez, Président de l’Union Nationale des Dirigeants Municipaux de l’Education (Undime), la situation est grave. »

« Beaucoup de diplômés vont travailler dans les écoles privées où ils sont mieux payés, après avoir terminé leur formation », explique Mozart Ramos Neves, membre de l’association « Tout pour l’Education ». « Le seul moyens de faire changer les choses, c’est la mise en place d’un Pacte National de Revalorisation des Professeurs entre les pouvoirs publics et les établissements scolaires afin de proposer aux jeunes enseignants qui débutent un salaire plus attractif et des perspectives de carrière plus séduisantes »

Carnage à moto.

Quiconque circule ou a circulé dans les rues de São Paulo peut en témoigner : le ballet des centaines de motocyclistes qui se faufilent entre les voitures à l’arrêt pour cause d’embouteillage est hallucinant ! Il est aussi mortel ! D’après la CET, la Compagnie d’Ingénierie du Trafic, en 2009, les collisions avec des motos ont représentés 3 accidents sur 5, alors que les deux roues ne sont que 12% du parc total des véhicules. Elles ont fait 229 victimes fatales, tous des motards !

La CET se veut pourtant rassurante, car en 2007 et 2008, c’était bien pire ! Le « massacre » a diminué de 10% en 2009, « parce que les conducteurs se sont habitués à mieux cohabiter dans les rues », explique la Directrice de la Sécurité et du Trafic Nancy Schneider qui cite encore l’effort de prévention entrepris par la CET : « depuis l’an passé, nous obligeons les livreurs à moto à suivre des cours sur le code de la route et la bonne conduite. Cela améliore la sécurité. »

Il en faudrait plus pour retrouver la tranquillité des rues ! Car tant que prévaudra l’idée que la chaussée appartient d’abord au véhicule le plus fort, le motard restera perdant et piéton pauliste encore plus, qui risque de se faire faucher par une moto s’il s’aventure entre les files de voitures arrêtées aux feux rouges! Cette de révolution mentale qu’il s’agit-là et elle n’est pas encore programmée par la CET de São Paulo…

 

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