Inondations et désolation à Nova Friburgo ; le coût d’un parlementaire ; Cesare Battisti, bras de fer entre l’Italie et le Brésil ; drogue frontières et Al Qaeda ; 14 millions d’armes illégales ; reprise des recherches sur le crash de l’AF 447.

Un an après les tragiques inondations du réveillon 2010 dans la région d’Angra dos Reis, au sud de Rio de Janeiro, qui avaient fait 52 morts et 3’500 sans-abris, les villes de Nova Friburgo, Teresopolis et Petropolis sont frappé par des pluies diluviennes en ce début d’année 2011. Dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 janvier, il est tombé en quelques heures 180 millimètres d’eau, l’équivalent de la totalité des précipitations attendues habituellement pour tout le mois de janvier.

Des pans entiers de boue et de rochers ont dévalé dans cette zone de montagne, ensevelissant des maisons, faisant déborder les rivières et noyant les centres des villes. On compte plus de 500 morts et 13’000 sans-abris.

A Nova Friburgo, une bonne partie de la ville était toujours sans électricité et sans téléphone, 3 jours après la tragédie, le téléphérique et un hôtel ont détruit, le centre ville est noyé sous 3 mètres de boue et 225 personnes ont trouvé la mort. D’autres victimes seraient ensevelies sous les décombres mais les services de secours n’arrivent pas à les atteindre. Une fois de plus la combinaison d’un été brésilien marqué par des pluies torrentielles (est-ce l’effet du réchauffement climatique ?) et d’un mode anarchique de construction des habitations sur les flancs exposés des montagnes a conduit au drame.

Une fois de plus c’est aussi l’imprévision des autorités qui est montrée du doigt, en 2010, l’Etat de Rio de Janeiro a dépensé 10 fois plus d’argent pour la reconstruction après catastrophe (80 millions de R$) que pour la prévention (8 millions de R$) d’événements climatiques comme celui qui vient de se produire. (© VisionBrésil,14 janvier 2011)

Lien sur une vidéo des images de Nova Friburgo avant et après la pluie:

http://video.globo.com/Videos/Player/Noticias/0,,GIM1410390-7823-VEJA+COMO+ERA+E+COMO+FICOU+UM+MUNICIPIO+DA+REGIAO+SERRANA+APOS+A+TRAGEDIA,00.html

Le coût d’un parlementaire

Chacun des 81 sénateurs de la Chambre Haute brésilienne va coûter chaque année au contribuable 2 millions de R$ (1,2 millions de CHF / 900’000€), après la hausse de salaire que se sont votée les politiciens en décembre. Une grande partie de ces frais sont certes liés aux dépenses découlant de l’activité législative de chaque politicien (80’000 à 100’000 R$ par mois), mais salaires, frais de voyages et de représentation ne sont pas en reste (120’000 à 130’000 R$ par mois). Un sénateur a en effet droit à un 14ème salaire mensuel, voir un 15ème pour les députés du Congrès. Exercer une charge politique au Brésil est donc une profession qui rapporte. Le salaire mensuel moyen d’un parlementaire tourne à lui seul autour de 25’000 R$ (14’700 CHF / 11’300€).

Cesare Battisti, bras de fer entre l’Italie et le Brésil

C’était l’ultime décision du Président Lula, au dernier jour de son mandat, le 31 décembre. Il a accordé l’asile politique à l’ex –terroriste italien Cesare Battisti, condamné à la prison a perpétuité dans son pays et réfugié au Brésil depuis 2007. La décision a soulevé une vague de protestation à Rome où des manifestations de rue ont même eu lieu, à l’appel des parents de victimes des Brigades Rouges tombées dans les années 1970. Cesare Battisti est accusé d’avoir participé à 3 meurtres lors de braquages de banques. La France de Mitterrand lui avait accordé l’asile dans les années 1980, mais Jacques Chirac avait révoqué cette décision à la demande des autorités italiennes, provoquant la fuite de Battisti au Brésil. Le Tribunal Suprême doit encore sanctionner la mesure en ultime recours.

Drogue frontières et Al Qaeda

« La drogue qui quitte le Brésil en direction de l’Europe est devenue une des principales sources de financement des réseaux liés à Al Quaeda », affirment après enquête, les autorités algériennes. Auparavant, a cocaïne de Colombie partait directement pour l’Espagne ou le Portugal. Elle suit maintenant des chemins détournés à cause du renforcement des contrôles douaniers et passe par les vastes espaces déserts du Sahara et du Sahel, où des groupes intégristes ont établis leur base arrière. Ces derniers prélèvent une « taxe de service » pour prendre en charge et acheminer la drogue en Europe, « une taxe qui sert à financer des attentats et des enlèvement en Afrique du Nord » affirme l’Algérie.

La drogue colombienne et bolivienne quitte l’Amérique du Sud via le Paraguay puis le Brésil. La frontière entre les 2 pays est très perméable, mal surveillée et est l’objet de tous les trafics, contrebande, armes, etc… La police algérienne a adressé copie de son rapport à ses collègues brésiliens afin de les inciter à agir à la source pour tarir cette manne financière qui alimenterait l’intégrisme musulman de leur côté de l’océan.

14 millions d’armes illégales

47% des armes qui circulent au Brésil sont illégales, affirme l’organisation Viva Rio qui gère pour le gouvernement un programme de désarmement volontaire. 15’996’301 armes ont été recensées, 8’378’608 seulement sont déclarées officiellement, la moitié (4,5 millions) détenues personnes privées. Le reste est aux mains des forces de sécurité. De l’autre côté, 7’617’693 sont clandestines, sans existence légale. « L’Etat ne sait pas à qui appartiennent ces armes, ni la proportion qui sont détenues par d’honnêtes gens ayant simplement oublié de les signaler et combien sont aux mains de criminels », constate Antonio Rangel, un des responsables de l’étude.

Le Brésil est un pays surarmé dénonce Viva Rio, qui affirme aussi que, contrairement à une idée reçue, la plupart de ces armes sont fabriquées localement et non achetées au Paraguay. Le trafic d’arme à la frontière serait donc bien moins important qu’imaginé, 80% des armes saisies l’an dernier dans le pays sont brésiliennes.

De son côté, le Centre de Criminalité et de Sécurité Publique de l’Université de Minas Gerais a dressé une carte des différents types de crimes commis selon les régions. Ainsi, ce sont les actes de biopiraterie, et les crimes d’honneur qui dominent en Amazonie, alors que le trafic de drogue et la contrebande d’armes sont majoritaires dans les Etats de Sao Paulo et du Paraná au Sud. Le déboisement illégal se concentre dans les Etats du Mato Grosso et du Pará. Autre profil de la délinquance dans le Nord-Est, où la prostitution infantile domine, tout comme les attaques à main armée contre les banques dans l’Etat de la Bahia. Rio de Janeiro enfin, se caractérise par une violence urbaine exacerbée résultat des affrontements réguliers entre trafiquants, milices et policiers.

Reprise des recherches sur le crash de l’AF 447.

Le gouvernement français a annoncé la reprise des recherches des boîtes noires de l´avion Air France Rio-Paris disparu l´année dernière. Selon le communiqué de presse, » la quatrième phase de recherches devrait commencer en février 2011, conformément aux informations présentées le 5 octobre dernier au comité des familles des victimes ». L´équipe d’enquête avait décidé d´arrêter en mai dernier les recherches des boîtes noires qui restent introuvables, déclenchant la colère des familles des victimes. Au stade actuel, l’analyse des boîtes noires est considérée comme le seul moyen restant pour faire la lumière sur les causes du drame. Le crash de l’Airbus A330 au milieu de l’Atlantique avait fait avait 228 morts.

 

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