A peine élue, Dilma Rousseff marque son territoire : elle gouvernera sans interférence de son parti, le PT, ni de son mentor, Lula. Elle respectera les engagements des précédents gouvernements: pas de retour sur les privatisations effectuées ; maintien du taux de change flottant malgré l’actuelle guerre mondiale des monnaies ; poursuite de la politique d’autonomie de la banque centrale (José Serra avait proposé, lui, lors de la campagne électorale, de remettre en question cette indépendance) ; contrôle des dépenses de l’Etat et poursuite des efforts de redistribution sociale de la croissance… Ceux qui voyaient en elle une simple présidente de transition en attendant le retour de Lula en 2014 se sont trompés.

Dilma n’exclut aucunement sa réélection dans 4 ans. Lula est d’ailleurs venu au secours de cette perspective en affirmant haut et fort qu’il ne serait pas candidat en 2014. Même si généralement les promesses politiques, ça s’aménage, on peut croire à l’engagement du président sortant: lorsque qu’un fraction du PT a lancé en 2008 une campagne pour un 3ème mandat présidentiel de Lula, ce dernier a clairement dit non et il s’y est tenu !

L’ère Dilma Rousseff (1) : Dilma Rousseff en Chef d’Etat.

La future présidente va devoir maintenant concrétiser es intentions. Et pour cela, franchir quelques redoutables obstacles, comme celui de se construire une majorité politique stable, de dépasser les crispations qui bloquent plusieurs grands projets d’infrastructure, de gérer les multiples demandes contradictoires de la société civile et du monde économique, de limiter les dépenses de la machine d’Etat, de faire baisser le coût des charges sociales et les taux d’intérêt, et finalement de tenir le rythme de travail infernal que le Brésil impose à ses présidents.

Mystère sur son état de santé

C’est peut-être ce dernier point, que la presse nationale ne semble pourtant pas vouloir encore spéculer sur ce sujet en ce moment. Ce qui ajoute au mystère. On se souvient que Dilma Rousseff a dû se soumettre l’an dernier à une chimiothérapie pour éradiquer un début de cancer lymphatique. Officiellement, la présidente est guérie et n’a plus de séquelles. On l’a pourtant vue plusieurs fois au bord de l’épuisement, durant la campagne électorale, ce qui a relancé les interrogations sur son véritable état de santé. On n’en saura pas plus pour l’instant, l’entourage de Dilma fait l’impasse sur ce sujet.

Cependant, en annonçant clairement ses intentions au lendemain de scrutin du 31 octobre, Dilma Rousseff a coupé court aux calculs politiques. Le PT se voyait déjà gouverner à travers la nouvelle présidente, José Dirceu, un de ses dirigeants important avait publiquement déclaré que Lula était au dessus du PT, mais qu’avec Dilma c’était à nouveau le PT qui allait gouverner (voir Vision Brésil n° 17, septembre 2010). Il va devoir revoir sa copie. Son influence sur l’équipe qui accédera aux commandes sera limitée.

Des choix révélateurs.

Un indice, le choix des hommes qui vont diriger l’équipe de transition : l’ancien ministre de l’économie Antonio Palocci, un net opposant à la tendance centralisatrice du PT de José Dirceu, et Paulo Bernardo, l’actuel ministre de la planification, un esprit pragmatique, engagé sur le terrain, qui a la réputation d’être très imperméable aux tentatives de pressions politiques.

Autre signal de la détermination de Dilma : elle fixera des objectifs précis à son équipe pour freiner les dépenses de fonctionnement de l’Etat et stimuler les budgets d’investissement. C’est le contraire de ce qui s’est fait pendant ces dernières années du gouvernement Lula. Elle a donc demandé à Paulo Bernardo, pressenti pour devenir le prochain chef de la « Casa Civil » -un poste correspondant à celui de premier ministre-, de réexaminer le budget 2011 avant qu’il ne soit adopté par les Chambres, afin de redéfinir les priorités.

Une mise à plat encouragée par Lula qui a exigé de son équipe de gouvernement un strict respect de l’équilibre des comptes jusqu’à la fin de son mandat, le 31 décembre 2010, « afin de ne pas pénaliser les choix de la future présidente. Si elle réussit ce délicat exercice, Dilma aura poser les bases d’une baisse possible des taux d’intérêt, ce qui devrait permettre à l’économie brésilienne de retrouver sa compétitivité internationale.

La bataille du salaire minimum

La future présidente  a aussi exigé de Paulo Bernardo qu’il ne cède pas aux demandes des syndicats d’augmenter le salaire minimum 2011 des 550 R$ prévus à 580R$, « avant d’avoir procédé à un examen sérieux des comptes et des sources de financement supplémentaires qui permettraient cette augmentation ».

Augmenter le salaire minimum de 30R$ par mois (17,60 CHF/12,60€), cela semble très peu, mais c’est une mesure qui peut coûter des milliards de R$ à l’Etat car la réévaluation du salaire minimum influe sur le calcul des salaires des fonctionnaires de tous les échelons et de toutes les retraites. Chaque réal supplémentaire concédé au salaire minimum provoque 286 millions de R$ de dépenses supplémentaires aux caisses de l’Etat (168 millions de CHF / 120 millionsd’€).

Et, selon le ministère de l’économie, passer le salaire minimum à 600 R$, comme le proposait José Serra durant la campagne électorale, provoqueraient une dépense équivalente à 15 mois de financement de la bourse famille, soit 17,7 milliards de R$!

L’ère Dilma Rousseff (2) : Comment se composer une majorité gouvernementale ?

Le résultat global des élections du second tour, avec une confortable avance de 55% des suffrages pour la présidente élue et une coalition gouvernementale qui a la majorité au Congrès et au Sénat, est trompeur : en l’état actuel des choses, Dilma Rousseff n’a pas une majorité gouvernementale automatique à sa disposition.

Le poids des gouverneurs des Etats.

C’est au niveau de l’administration des 26 Etats qui composent la Fédération du Brésil que s’exécutent les décisions du pouvoir central prises à Brasilia. Comme tous ses prédécesseurs, Dilma Rousseff devra donc composer avec les gouverneurs régionaux pour faire appliquer ses choix.

Or le renouvellement des gouverneurs, dont l’élection était aussi soumise au vote les 3 et 31 octobre, a permis à l’opposition de placer 10 des siens (8 PSDB et 2 DEM), aux commandes des plus importants Etat du pays ( en vert et bleu sur la carte) : Santa Catarina, Parana, Saõ Paulo, Minas Gerais, Goiás, Tocantins, Alagoas, Rio Grande do Norte, Para, Roraima. Cela représente 52% de l’électorat brésilien et ces gouverneurs vont administrer au jour le jour l’existence de 47% de la population qui produit plus du tiers du PIB national!

Cela montre bien que politiquement, ce scrutin n’est pas une carte blanche donnée à celle qui succède à Lula et que la future présidente va devoir s’accommoder d’une force d’opposition régionale presque majoritaire !

Coalition fragile

Il lui faudra aussi prendre en compte les différentes sensibilités qui traversent les 10 partis de sa coalition gouvernementale. Et là, rien n’est encore acquis. Le PT sort renforcé, c’est le parti qui a le plus de sièges aux chambres, mais pas assez pour être majoritaire tout seul ! Le PMDB du vice-président Michel Temer, jusqu’ici la plus importante force politique du pays a certes perdu des plumes. Il n’est plus le maître du Parlement, mais il reste un mastodonte dans les petites villes et les campagnes où ses notables sont très sensible aux avantages que leurs  représentant à Brasilia sont susceptibles de leur apporter. Enfin le 3ème parti en importance de cette coalition, le PSB de Ciro Gomes passe de 27 à 34 députés fédéraux, il est le grand gagnant du scrutin.

Le PT a donc 88 sièges sur 500 au Congrès, Le PMDB, 79 sièges, et le PSB, s’il fait alliance avec les autres petits partis de la coalition gouvernementale qui cherchent à se faire entendre, PDT, PCdoB, PRTB, PTB, peut former un bloc de même importance que le PT et le PMDB : 77 sièges. C’est donc un équilibre presque parfait où chacun peut négocier son degré d’allégeance à la Présidente selon ses besoins.

Le PT a l’ambition de diriger cette coalition. Il ne cache d’ailleurs pas que son projet, c’est de rester à la tête du gouvernement pour les 20 ans à venir. Le PMDB ne veut ni ne peut céder une once de son pouvoir gouvernemental s’il veut se maintenir dans ses fiefs électoraux. Il a d’ailleurs déjà annoncé qu’il ne cèderait pas un millimètre de terrain au PT : il détient actuellement 7 ministère et  de nombreux postes stratégiques dans l’administration et les entreprises publiques, il veut tout garder !

Un nouveau centre ?

Le PSB apparaît donc de plus en plus comme une formation charnière qui ne cache pas son désir de recomposer un nouveau centre, de sensibilité sociale démocrate, il peut donc, selon les circonstances, faire alliance avec le PT ou avec le PMDB pour faire basculer un vote au Parlement. Dilma Rousseff va donc devoir composer à chaque instant avec cette réalité mouvante. Un défi difficile, dont Lula s’est bien tiré, grâce à son sens génial du compromis politique et à son charisme. Deux particularités qui manquent encore à Dilma Rousseff. Il va lui falloir apprendre vite si elle veut profiter de l’état de grâce des 100 premiers jours de gouvernement.

Le jeu risque encore de se compliquer avec l’offensive lancée par le sénateur PSDB Aecio Neves, grand rival de José Serra à la direction de l’opposition. Aecio Neves a déjà signifié qu’il allait mener une politique de critiques « constructives et civilisées » à Dilma Rousseff, dans l’optique de reconstituer un bloc ancré au centre. Il courtise donc ouvertement le PSB ! Si la manœuvre réussit, et qu’une partie significative du PSB passe à l’opposition, la majorité gouvernementale n’en sera plus une et l’opposition se retrouverait pratiquement à égalité avec elle.

Un retournement complet de situation qui mettrait Dilma Rousseff en difficulté. Pour pouvoir gouverner, elle devrait alors s’appuyer non plus sur une coalition de partis, mais sur une addition d’individus provenant de toues les forces politiques, s’agglutinant au gré des circonstances et des objets en débat. Ce serait une grave régression de la démocratie brésilienne qui retomberait ainsi dans les travers de ce « physiologisme » qui empoisonne la politique depuis l’avènement de la République en 1889 !

Pour éviter cet écueil, il est donc urgent que Dilma Rousseff avance dans son projet de réforme politique. Elle propose en effet que les députés ne soient plus élus individuellement, mais à partir des suffrages obtenus par les listes des partis, afin de réduire le poids de la démagogie des politiciens lors des campagnes électorales. Un objectif ambitieux, auquel la plupart des élus va résister. Dilma d’ailleurs s’est faite discrète sur ce sujet jusqu’à présent.

L’ère Dilma Rousseff (3) : Pouvoirs étendus… mais rythme infernal.

La nouvelle présidente va donc devoir jouer serré dans un jeu politique dont elle n’est pas coutumière. Elle va aussi devoir s’habituer à exercer un pouvoir presqu’exorbitant, qui n’a son pareil nulle part au monde. Ainsi, elle peut édicter des « mesures provisoires », qui ont force de loi immédiatement applicable, en attendant que le parlement les sanctionne ou les rejette.

2/3 des lois votées le sont à l’initiative du Président

Ni Barak Obama aux USA, qui n’a pas le droit de créer des lois, ni Nicolas Sarkozy en France ne peuvent appliquer une loi avant que le législatif ne l’ait votée. Or, durant les 4 années de la dernière législature brésilienne, la moitié des projets approuvés par le parlement, soit 151, ratifiaient des « mesures provisoires » édictées par le Président Lula. Des 150 autres lois adoptées par les députés, 50 émanaient de propositions de l’exécutif fédéral. Au total donc, le Congrès a voté 336 lois entre 2006 et 2010, dont 201 trouvent leur origine dans des propositions de l’exécutif ! C’est dire le poids politique du Président et le peu d’autonomie du pouvoir législatif au Brésil.

Sur le plan budgétaire, la Présidente exerce aussi un pouvoir discrétionnaire redoutable : certes, elle n’a pas le droit de dépenser plus que ce qui est fixé dans le budget annuel. Mais elle peut dépenser moins! Un outil qui peut servir à faire des économies, mais aussi à exercer des rétorsions lors de la réallocation financière aux Etats gouvernés par des membres de l’opposition peu collaborant !

Dilma Rousseff aura encore un droit discrétionnaire de nommer 24’000 personnes de son choix à des postes de confiance, sans rien demander à personne. Barak Obama, lui, n’a que 9’000 postes à sa discrétion, et encore, les nominations doivent être avalisées par le Congrès. Enfin en politique étrangère, la présidente brésilienne peut prendre les initiatives qu’elle veut, sans en référer au Parlement. On a vu récemment ce que cela donne lorsque Lula a décidé tout seul d’engager une médiation avec l’Iran sur le nucléaire et que le Congrès dans son ensemble a boudé la visite de Mahmoud Ahmadinejad à Brasilia !

Le 9h-21h quotidien

La journée type d’un Président, au Brésil, lorsqu’il n’arrive pas à s’échapper de Brasilia pour une inauguration en province ou une visite à l’étranger (Lula, lors de son second mandat y a largement recouru pour échapper à la routine officielle), commence peu avant 9 heures, avec un premier briefing ministériel. A 10 heures 30, c’est au tour des diplomates étrangers, des entrepreneurs et des politiciens d’être entendu par la Présidence.

Séance interrompue à 11 heures pendant au minimum 15 minutes, pour signer les décrets qui seront publiés dans le Journal Officiel du jour. L’exercice peut durer, vu les innombrables exigences bureaucratiques qui entourent l’application administrative de chaque décision. Pendant ce temps, les visiteurs du Président font antichambres ou sont invités à revenir un autre jour ! Le chef de l’Etat retourne ensuite déjeuner à sa résidence du Palais de l’Alvorada, un trajet de 5 minutes en voiture, encadré par 2 autres véhicules remplis de gardes du corps et d’une ambulance pour si jamais…

15 heures, retour au Palais du Planalto, toujours au sein du même cortège, pour une après-midi entièrement consacrée à régler les tenants et aboutissants bureaucratiques des décisions prises et à recevoir les députés, les sénateurs et les gouverneurs qui ont sollicité une audience. Si tout va bien, la journée s’achève vers 21 heures.

En 12 heures, le Président aura consacré au moins 50% de son temps à dénouer les pièges bureaucratiques des décisions qu’il veut appliquer !

L’ère Dilma Rousseff (4) : Les dossiers inachevés  et les attentes de la population.

Impossible d’énumérer tous les objets en suspens qu’il va falloir régler dans les années à venir. La presse brésilienne cependant s’est fendue d’une liste assez exhaustive dont voici quelques uns des éléments principaux : plusieurs grands travaux lancé dans le cadre du PAC, le Programme d’Accélération de la Croissance sont ralentis par des polémiques ou à l’arrêt à cause des incertitudes dans la définition de leurs objectifs. Ce sont des milliards de R$ du budget qui sont ainsi prisonniers de décisions à venir…

Rio Sao Francisco, barrage de Belo Monte.

C’est le cas du canal de transposition des eaux du Rio Sao Francisco, dans le Nord-est, dont le creusement par l’armée a commencé, mais qui avance à pas de tortue. Il se heurte à une opposition locale farouche, menée par l’évêque de Barra dans la Bahia, Don Flavio Cappio qui a déjà entrepris une grève de la faim. Les habitants de la région craignent le manque d’eau pour leurs cultures vivrières avec le détournement des eaux du fleuve vers une zone aride du sertaõ destinée au développement de l’agro-industrie. C’est un nœud politique que Dilma Rousseff va devoir résoudre pour que les travaux avancent.

Idem pour ce qui concerne le barrage de Belo Monte, le second plus grand barrage au fil de l’eau du Brésil, qui doit être construit sur le Rio Xingu en pleine Amazonie (voir Vision Brésil n° 10, février 2010). Là encore, le projet soulève les protestations des indiens de la région, relayées au niveau international par des préoccupations écologiques dont le cinéaste américain James Cameron, l’auteur d’ »Avatar », s’est fait le porte-parole. Le nœud politique pour la présidente s’accompagne ici d’une nécessité de convaincre l’opinion mondiale du bien fondé d’une réalisation qui va produire de l’électricité à plus de 3’000km de la région où elle sera consommée !

Train à Grande Vitesse, lois sur le travail.

Reste le Train à Grande Vitesse qui devrait relier Rio de Janeiro à Sao Paulo et Campinas d’ici aux Jeux Olympiques de 2016. C’est une des principales réalisations de prestige qui devraient marquer les J.O. de 2016. Le projet accumule les retards à cause du manque de définitions quant à son coût, la localisation des stations le long du parcours, les tronçons prioritaires (Campinas-Saõ Paulo ou Rio-Saõ Paulo). Il ne sera vraisemblablement pas prêt à temps.

Il faudra encore urgemment débureaucratiser les rapports de travail si la présidente veut faire des économies sur les budgets publics. Les lois sur l’emploi, dont bon nombre datent de l’époque de « l’Estado Novo » de Getulio Vargas, dans les années 1930, sont emprisonnées dans un carcan de 2’496 directives contradictoires qui contribuent à minée la compétitivité du Brésil : engager ou licencier un employé tient du marathon ! Du coup, 600 milliards de R$ échappent chaque année aux caisses de la sécurité sociale à cause du travail informel non déclaré. Mieux vaut un employé au noir que la bureaucratie du travail !

Les désidératas des électeurs

Par définition, lorsque les instituts de sondages se penchent sur les demandes des citoyens, au moment des élections, les réponses sont contradictoires et éparpillés. On peut cependant relever quelques constantes, à la veille de la prise de fonction de Dilma Rousseff.

Les brésiliens veulent la paix et la fin de la violence (40% des personnes sondées), puis à égalité, des logements décents (26%) de meilleurs soins de santé publics (25%), des possibilités d’emploi (26%), plus de considération pour les personnes âgées et plus de respect de la part des autorités (25%).

Curieusement, l’amélioration de l’enseignement, pourtant un des grands défis que le Brésil devrait relever si l’on en croit les indicateurs internationaux, vient loin derrière : il ne préoccupe que 12% des personnes interrogées. En cela, la future présidente est en phase avec son électorat, elle qui déclare : « dans mon gouvernement, deux secteurs seront prioritaire, la santé et la sécurité. La question de l’éducation est en voie de solution (sic !) »

Et puis il y a cette demande, d’une femme de condition modeste, qui vit au Nord-Est. Elle veut supprimer une des strophes de l’hymne national : « [Le Brésil], couché éternellement dans ce berceau splendide » car, explique-t-elle, « qui reste couché est mort ou en train de dormir. Dans le cas du Brésil, il est couché parce qu’il est mort. Que puisse ressusciter notre beau Brésil, notre patrie adorée ».

 

 

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