Bras de fer autour des baskets chinois ; les Indiens s’intéressent aux télécoms au Brésil ; 14% des investissements iront au pétrole d’ici 2014 ; la vie des entreprises : Santander, Volkswagen, Vale, Glencore, Dow.

Il y a de l’eau dans le gaz au sein de l’association brésilienne des vendeurs de chaussures de sport. Ou plus exactement un bras de fer entre les fabricants nationaux et les multinationales installées au Brésil.

Lassés d’être pris pour cible de la mauvaise humeur de leurs concurrents, Adidas, Nike, Puma, Reebok, Alpartags, Asics, Cambuci, New Balance et Skechers vienne de créer Move, le « Mouvement pour un libre choix », afin d’exiger l’abolition de la taxe additionnelle de 13, 85 R$ qui pénalise depuis septembre dernier toutes les chaussures importées de Chine.

 

C’est Abicalçados, l’association des fabricants brésiliens de souliers, forte de 7’000 membres, qui avait demandé au gouvernement l’instauration de cette taxe afin de lutter contre la concurrence chinoise. Mais voilà, la chaussure de haute performance sportive vendue par les grandes multinationales au Brésil est fabriquée en Chine, à l’exception d’Alpartagas et Cambuci qui maintiennent une partie de leur production sur sol national. Les adhérants de Move se disent prêts à investir au Brésil pour moderniser le secteur et rapatrier une partie de leur production, « pour autant que le gouvernement mette en place une politique industrielle adaptée à ce secteur ».

Entendez, des rabais fiscaux et des lignes de crédit préférentielles, et l’abolition des mesures qui pénalisent les importations chinoises. « Ils veulent le beurre et l’argent du beurre » tonne Abicalçados. L’association dénonce une pratique qui deviendrait systématique de la part de leurs concurrents internationaux, l’importation de chaussures « Made in Vietnam » ou « Made in Malaysia » qui sont en fait fabriquée en Chine et transitent par ces pays où elles reçoivent un certificat d’origine de complaisance qui leur permettent d’échapper à la taxe de 13,85 R$.

Les Indiens s’intéressent aux télécoms au Brésil

Les entreprises indiennes, jusqu’ici assez discrètes au Brésil, font leur entrée dans le secteur des télécommunications. 20 compagnies du sous-continent ont participé à la 12° édition de Futurecom, à Sao Paulo, qui s’est tenue au début du mois de novembre. Avec comme atout, les technologies d’utilisation des téléphones portables dans les campagnes, grâce à l’emploi de l’énergie solaire, couplée au développement des réseaux de données ouverts sur internet.

« Nous avons établi des contacts avec des opérateurs locaux dans certaines régions reculées du pays », se réjouit Rachiv Mehrotra, fondateur de l’entreprise VNL, un des leaders de cette technologie en Inde. « L’Amérique latine, c’est un peu notre ultime frontière et le Brésil en est une pièce maîtresse à explorer ».

14% des investissements iront au pétrole d’ici 2014

C’est un peu le trésor de Crésus des prochaines années… En tout cas les brésiliens sont convaincus que l’exploitation du pétrole des grandes profondeurs marines sera leur Graal du futur, comme les exportations de soja et de viande ont été les joyaux des années 2000-2010. Si on en croit une étude de André Albuquerque de Sant’Anna, responsable du secteur de recherche et d’encadrement économique de la BNDES, les entreprises travaillant directement ou indirectement à l’exploitation off shore du pétrole vont y investir l’équivalent de 14% de tout le capital qui devrait irriguer l’économie brésilienne d’ici 2014. C’est plus du double de ce qui a été consacrés à ce secteur entre 2000 et 2010. En chiffres absolus, cela représente 378 milliards de R$ (216 milliards de CHF / 159 milliards d’€).

« Les seuls investissements directs en machines et équipements devraient générer 43 milliards de R$ chez les sous-traitants » précise encore André Albuquerque de Sant’Ann. Entre 1998 et 2008, le Brésil a connu le 5ème plus fort taux de croissance mondial des investissements dans le pétrole, 6,6%, derrière l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, l’Angola et le Qatar.

Vie des entreprises, Santander, Volkswagen, Vale, Glencore, Dow.

Qatar Holding a acquis 5% de Santander Brésil pour la somme de 2,7 milliards de US$. Le fond d’investissement des Emirats renforce ainsi son partenariat privilégié avec le numéro un de la banque en Espagne. Dans le même mouvement, Santander Brésil devient la tête de pont de Quatar Holding dans sa conquête de l’Amérique latine. L’objectif de Santander Brésil est que 25% de son capital coté en bourse soit indépendant de la maison mère espagnole.

Volkswagen, après d’autres constructeurs parie sur le développement de ses activités au Brésil et investit dans les sources d’énergie susceptibles d’approvisionner ses usines. Il met ainsi 143 millions de R$ dans la construction d’une petite centrale hydro-électrique dans l’Etat de Saõ Paulo. Ses 3 turbines auront une capacité de 25 MW. En plus de fournir de l’électricité à Volkswagen, elles permettront au constructeur de générer 22’000 tonnes de crédit carbone qu’elle pourra revendre. L’inauguration est prévue pour 2013.

Vale doublera de taille dans les 4 prochaines années prédit son Président, Roger Agnelli. L’envolée des prix du fer sur le marché mondial a permis à l’entreprise d’engranger cette année des bénéfices records qui vont lui permettre une croissance presqu’entièrement endogène. 70% des investissements seront faits au Brésil, promet Roger Agnelli.

Glencore Trading, installée à Zoug (Suisse) et spécialisée dans l’agro-commerce met un pied au Brésil en achetant sa première usine de transformation du sucre en alcool carburant : Rio Vermelho à Junqueiropolis, dans l’Etat de Saõ Paulo. L’industrie alcoolo-sucrière est un nouveau secteur d’activité pour cette multinationale helvétique spécialisée dans le commerce du blé et le préfinancement de contrats d’achat de pétrole. Glencore avait déchaîné la chronique dans les années 1980 lorsqu’elle avait été fondée par le trader américain Marc Rich qui était venu se réfugier à Zoug pour échapper au fisc des USA.

Dow Agroscience va lancer l’an prochain un projet pilote de développement durable dans le domaine de l’élevage en Amazonie. L’objectif est d’augmenter le rendement à l’hectare de 5 fermes expérimentales. Il s’agit de les faire passer de la moyenne nationale de 1 tête par hectare à 1,8 à 2 têtes, ce qui devrait permettre de récupérer 15 millions d’hectares de pâturages pour les transformer en cultures vivrières ou en zones de reboisement. Dow a déjà introduit une nouvelle variété de plante fourragère, la « braquiara hibrida » qui possède une biomasse supérieure à d’autres espèces, donc permet au bétail de se nourrir sur des surfaces plus réduites.

 

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