Vol dans les magasins ; Crash-test pour les voitures brésiliennes ; car-sharing à Saõ Paulo; Distorsion des prix ; Pelé 70 ans et un bon pactole ; le Rio Negro à sec ; sociologues en congrès ; les leçons du recensement.

Le Brésil est après le Maroc le pays où on vole le plus dans les magasins, c’est un institut britannique, le « Baromètre Global des Vols en Magasins » qui l’affirme. Se basant sur une enquête menée auprès de 29’000 commerces entre juillet 2009 et juillet 2010, les auteurs prétendent que 3,9 milliards de R$ (2,2 milliards de CHF /1,5 milliards d’€) ont été perdus pour cause de vols ou d’erreurs administratives.

Cela représente 1,64% du total des ventes de la période. 1/3 de ces pertes est du à des vols commis par des clients, 43% par les employés ( !) et 7,5% pour cause de fraudes commises par les fournisseurs. 16% des pertes seraient dues à des causes non identifiées.

Crash-test pour les voitures brésiliennes

Apparemment, les modèles de voitures des grandes marques automobiles qui circulent au Brésil sont les mêmes que ceux qu’on voit sur les routes européenne. Mais voilà, apparemment seulement car sous les carrosseries, il y a des différences notables en matière de sécurité. C’est ce que montre une série de crash-tests effectués sur la base de la norme européenne NCAP, reconnue aujourd’hui comme une référence mondiale.

Ainsi la Toyota Corolla XEI montée au Brésil n’obtient que 4 étoiles contre 5 (le maximum) pour le modèle vendu en Europe en moyenne générale et la sécurité des sièges pour bébé de ce modèle tombe à une étoile au Brésil contre 4 en Europe. Idem pour la Chevrolet Meriva GL Plus fabriquée au Brésil et dont l’équivalent européen est l’Opel Meriva : 3 étoiles en moyenne générale pour la Chevrolet contre 4 pour l’Opel. En cas de collision frontale, les conducteurs des 2 modèles sont blessés au thorax, mais celui de la Chevrolet brésilienne a en plus subi des lésions aux deux jambes.

Le pire résultat est celui de la Peugeot 207, qui reçoit 5 étoiles en Europe et 2 seulement pour le modèle brésilien. Il faut dire que même si l’appellation des deux voitures est identique, la version fabriquée au Brésil est une amélioration du modèle 206 et diffère donc largement de la 207 européenne. C’est l’association brésilienne de défense des consommateurs Protest qui a commandé ces tests.

Le « Car sharing » débarque à Saõ Paulo.

Le partage de voitures est déjà largement répandu en Europe, la Suisse en est même le pionnier avec la création en 1987 de Mobility. Ce système de location à l’heure de véhicules qu’on peut prendre dans un endroit et laisser à un autre vient de faire une timide apparition au Brésil : Zazcar est né en juillet dernier de l’initiative d’une entreprise familiale de location de Saõ Paulo. Son créateur, Felipe Campos Barroso a acheté la licence du plus grand réseau de partage de véhicules du monde, Zipcar, actif surtout aux USA, au Canada et en Angleterre, pour le Brésil. Zipcar est aujourd’hui présent dans 94 villes et a 400’000 abonnés.

Zazcar-Brésil n’a, pour l’instant, qu’un nombre réduit de voitures à disposition, stationnées dans différents endroits, près des gares routières et des stations de métro et le système est limité à la seule ville de Saõ Paulo. Il en coûte 55 R$ d’inscription, 35 R$ d’abonnement annuel et 22 R$ de l’heure pour le modèle le meilleur marché. C’est presqu’aussi cher que la location de voiture classique et guère plus pratique puisqu’il faut encore rapporter le véhicule à l’endroit où on l’a pris. Mais le créateur de Zazcar affirme qu’une clientèle existe, qui cherche un véhicule pour de courts trajets et ne veut pas d’une location pour une journée entière.

A Rio de Janeiro, pas encore de Zazcar, mais le « vélo à l’heure » existe depuis une année environ, sur le modèle du Vélib’ parisien. Cela marche bien mais malheureusement, les stations sont limitées à la zone sud de la ville, la région des plages et des résidences de luxe. C’est là aussi qu’on trouve pour l’instant les seules pistes cyclables car le vélo est encore considéré comme un sport de loisir et non comme un moyen de transport. C’est en train de changer, la Municipalité a un vaste projet d’implantation de circuits exclusifs pour les bicyclettes dans le centre ville d’ici les JO de 2016.

Distorsion des prix.

Avec la crise du change qui agite toutes les monnaies du monde, les commerçants et les importateurs brésiliens s’en donnent à cœur joie. Surfant sur la force du réal face au dollar, ils multiplient les actions dans les magasins et les supermarchés. C’est ainsi qu’on trouve aujourd’hui du fromage de Brie importé de France, meilleur marché que son équivalent fabriqué au Brésil, malgré une taxe à l’importation de 50%. Idem pour la morue norvégienne qui est vendue moins cher que le filet de bœuf du Brésil, pourtant premier pays exportateur de viande du monde ! Si cela réjouit les négociants, cette valse diabolique des prix ne fait pas le beurre de tout le monde. Car l’essentiel des produits manufacturés de grande consommation vendus aujourd’hui sur le marché proviennent de Chine et entrent directement en concurrence avec l’industrie nationale qui est à la peine. Les analystes financiers s’inquiète de ce climat malsain et appellent, comme le gouvernement, la communauté internationale à mettre un terme à cette « guerre du change ». Le G20 de mi-novembre ….

Anniversaires : Pelé, 70 ans, 600 millions.

Pelé reste le plus grand joueur de football de tous les temps, même s’il ne court plus les stades aujourd’hui. Au cours de sa longue carrière il a tout fait, y compris exercer la charge de Ministre des sports du gouvernement Fernando Henrique Cardoso et d’ambassadeur de l’ONU pour l’environnement. A 70 ans, il continue à occuper la scène publique, mais il s’est reconverti aux affaires. « Pelé ne sort plus de chez lui pour moins de 2 millions de R$ (1,2 millions de CHF / 850’000€) persiflent ses détracteurs !

Il est vrai que la griffe Pelé, rachetée par Prime, qui en a acquis l’exclusivité pour les 20 prochaines années, rapporte beaucoup d’argent. 600 millions de R$ par an estiment l’un des 3 attachés de presse de Pelé, responsable de l’agenda des apparitions publique du crack. Un agenda déjà rempli jusqu’en juillet 2011…

Pelé n’est pas la seule vedette du football international a fêter son anniversaire en novembre: Maradona lui aussi est à la une, il vient d’avoir 50 ans ! La trajectoire du champion argentin est certes plus chaotique que celle de l’étoile brésilienne, et on ne connaît pas l’état de sa fortune avec précision, mais son génie du ballon rond est aussi grand.

Le Rio Negro à sec

Le 25 octobre dernier, le Rio Negro a atteint sa cote la plus basse, 13,63 mètres, du jamais vu depuis 1902 que les mesures sont faites. La dernière sècheresse dans cette région de l’ouest de l’Amazonie date de 1963, le Rio Negro était alors un centimètre au dessus de cette cote. 40 des 62 municipalités frappées par le phénomène ont décrété l’état d’urgence et la défense civile les ravitaille par hélicoptère en vivres et en eau potable.

Le paradoxe, c’est qu’en juillet de l’an dernier, le Rio Negro a connu sa plus grande crue historique, dépassant la marque de 29,77 mètres. Ces 16 mètres d’eau de différence pourraient être le résultat de la succession ces deux dernières années, des perturbations climatiques de El Niño et La Niña dans l’Océan Pacifique. Le premier multiplie les pluies en Amazonie et asséche l’Asie du Sud-Est, la seconde desséche le continent sud-américain et grossit la mousson asiatique. L’étiage du Rio Negro pourrait donc être associé aux inondations catastrophiques qu’a subies le Pakistan en août dernier !

Les météorologues connaissent ces phénomènes, mais s’inquiète de leur répétition rapprochée : tous les 2 ans au lieu des 5 à 6 ans d’écart constatés jusqu’à la fin du XX° siècle. Il est trop tôt cependant pour associer cela au seul réchauffement climatique. Les scientifiques se gardent encore de franchir le pas. Le Rio Negro est le second plus grand fleuve du monde en volume d’eau, derrière l’Amazone, à qui il donne naissance d’ailleurs, en s’unissant au Rio Madeira à la hauteur de Manaus.

Assourdissant silence au Congrès des sociologues.

Ils étaient tous réunis à Caxambu, ville d’eau du sud de Minas Gerais. Tout ce que le Brésil compte de sommités en sociologie, anthropologie et science politique. Ils ont tenu congrès une semaine avant le second tour des élections présidentielles, mais pas un seul des 2’000 participants à la 34ème rencontre de l’ANPOCS n’y a fait allusion ! Neutralité de la science ? Prise de hauteur par rapport à une réalité politique triviale ? Pas du tout, estime Luiz Abrucio, professeur à la Fondation Getulio Vargas : ce « silence des intellectuels » face à la campagne politique serait lié au statut de la recherche au Brésil, dont le financement est presqu’exclusivement du ressort du secteur public.

Les chercheurs réunis à Caxambu dépendent donc de l’Etat pour mener à biens leurs travaux scientifiques, à la veille de connaître le ou la nouvelle présidente du pays, ils adoptent donc un profil bas ! Tellement bas que Luiz Werneck Vianna, professeur à l’Institut Universitaire de Recherches de Rio de Janeiro, l’IUPERJ, a rappelé avec une certaine ironie que même cette rencontre n’aurait pas pu avoir lieu sans l’aide des pouvoirs publics, des entreprises d’Etat et de la BNDES (Banque Nationale de Développement Economique et Social). « Mais s’est-il empressé d’ajouter, je m’arrête-là dans cet énumération car c’est un sujet trop polémique pour avoir sa place ici ! »

Les leçons du recensement 2010

Le recensement 2010 s’est achevé fin octobre, on connaîtra ses résultats définitifs dans un mois, mais les premiers chiffres permettent déjà de tracer le profil des différences entre le Brésil actuel de celui du dernier recensement qui date de l’an 2000. Ainsi, les grandes métropoles ont cessé de grandir. La natalité a baissé dans les centres urbains et les migrations ont cessé. D’ici 2020, les populations de Saõ Paulo et de Rio de Janeiro vont se stabiliser et vieillir.

Ce sont maintenant dans les villes moyennes de l’intérieur du pays que se fait la concentration humaine. Elles attirent une nouvelle main d’œuvre autour des pôles agro-industriels du Centre-ouest. Les petits agriculteurs quittent leurs campagnes pour rejoindre ces nouvelles agglomérations où se concentrent désormais l’essentiel des problèmes de pauvreté et de violence. L’urbanisation accélérée s’y fait au moyen d’un habitat de qualité précaire, où la majorité des habitants ne sont pas raccordés à l’eau potable et aux égouts.

 

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