Recul de l’égalité homme-femme ; vieillissement à l’horizon ; assurance résidentielle dans les favelas ; géographie des abus sexuels contre les mineurs.

Le Brésil a perdu quatre places en un an dans le classement relatif à l´égalité des sexes élaboré par le Forum Économique Mondial. Sur 134 pays étudiés, le Brésil figure aujourd´hui à la 85ème position, en 2006, il obtenait la 67ème place. L´étude démontre que cette baisse résulte de faibles performances dans le domaine de l´éducation et des progrès réalisés par d´autres pays. Depuis 2006 que l’étude annuelle Gender Gap du Forum Economique Mondial est réalisée, la majorité des 134 pays pris en compte ont vu l’inégalité entre hommes et femmes diminuer. Mais pas au Brésil.

C’est l’inégalité des salaires qui pénalise particulièrement le pays : dans ce domaine, il se retrouve à la 123ème position. En moyenne, les revenus des femmes sont équivalents à 60 % de ceux des hommes. Saadia Zahidi, coordinatrice de l’enquête, estime que le Brésil a marqué des points en ce qui concerne l’égalité dans l’éducation de base, et relève qu’au niveau de l’enseignement universitaire, les femmes sont plus nombreuses que les hommes, « un indicateur extrêmement important au moment où l’économie de ce pays change de visage et que l’innovation et la connaissance deviennent des facteurs déterminants. »

La chercheuse du Forum Economique Mondial nuance cependant : « il est nécessaire que tous ces talents féminins qui sortent de l’Université trouvent leur place dans le monde du travail. Ce n’est pas encore le cas, seules 64% des femmes travaille contre 85% des hommes. » Enfin, sur le plan politique, 9 % des mandats législatifs et 7% des postes ministériels seulement sont aux mains des femmes.

Vieillissement à l’horizon

Les dernières projections démographiques de l’IPEA, l’Institut de Recherches Economiques Appliquées sont inquiétantes : si l’évolution actuelle se poursuit, en 2030, la majorité de ceux qui composent la force de travail au Brésil aura plus de 45 ans. Et la population totale, qui atteindra 206 millions d’habitants, cessera de croître, voire commencera à diminuer. Les jeunes de 15 à 29 ans, qui forme aujourd’hui l’essentiel des actifs vont commencer à perdre de l’importance dès 2011, alors que les personnes âgées représentent 11% de la pyramide démographique, contre 7,9% en 1992.

Certes, il s’agit d’une projection arithmétique et de nombreux facteurs économiques, sociaux ou politiques peuvent modifier la donne. On l’a vu en Europe, et particulièrement en France où la natalité a repris l’ascenseur depuis quelques années. Au Brésil, ce n’est pas le cas, la natalité stagne à 1,8 enfants par femme, il en faudrait 2,1 pour maintenir l’équilibre actuel des âges.

Le Brésil se trouve donc confronté à brève échéance à devoir réviser sa politique de prévoyance, dont le déficit est déjà abyssal et les prestations loin de permettre à tous les retraités de vivre de leurs rentes. Selon l’IPEA, 42% des hommes et 18% des femmes de plus de 60 ans (âge légal de la retraite au Brésil) travaillent pour survivre. Le Brésil, pays émergeant qui croît à grande vitesse, risque d’être rattrapé bientôt par le goulet social du vieillissement qui frappe les pays d’Europe et ont conduit certains d’entre eux à la crise fiscale qu’on a connue ces derniers mois.

Assurance résidentielle dans les favelas

Le groupe bancassurance Bradesco est le premier à s’y lancer. Il offre depuis ce mois une couverture résidence exclusivement réservée aux habitants des favelas, à des conditions particulièrement avantageuses : 9,90R$ par an pour une prestation de 10’000 R$ contre la foudre, l’incendie et les catastrophes naturelles. Pour contracter cette assurance, les clients doivent seulement déclarer la valeur estimée de leur immeuble, alors qu’une assurance résidence normale exige une expertise des lieux et coûte 65R$ par an pour une couverture de 40’000R$.

Marco Antonio Gonçalves, directeur du département Bradesco Assurances explique qu’avec ce produit, son entreprise veut pénétrer les classes D et E, les plus basses de l’échelle sociale, au sein desquelles le concept d’assurance est pratiquement inconnu. « 13% des foyers seulement sont assurés au Brésil, la grande majorité au sein des classes riches A et B (76%). Nous estimons que ce chiffre va doubler dans les 5 ans avec l’arrivée de clients des classes D et E sur ce marché. »

Géographie des abus sexuels contre les mineurs.

Au long des 66’000km de routes fédérales du Brésil, il existe 1’820 endroits connus pour être des lieux d’exploitation sexuelle des mineurs. Les chiffres sont de la police routière fédérale, en collaboration avec l’ONG Childhood Brasil et l’OIT. Ce sont surtout les camionneurs qui profitent des avances de ces prositué(e)s infantiles, souvent à des coûts dérisoire. La passe coûte en moyenne 1,99R$ (1,15 CHF / 0,85€). « Il ne s’agit pas d’un réseau organisé par des proxénètes, ce sont plutôt, au gré des circonstances, des chauffeurs de taxis ou des commerçants installés le long de la route qui proposent les services sexuels d’enfants aux camionneurs de passage » explique Alexandre Castilho, responsable de la communication à la Police routière fédérale.

Selon l’enquête, les points de prostitution infantile se situent surtout en ville (67%), près de lieux où se consomment des boissons alcooliques (81%), là où d’autres adultes se prostituent (69%) et où les camionneurs se rassemblent en grand nombre (76%). Cette enquête est la 4ème du genre, la première remonte à 2003, il avait alors été relevé 844 points de prostitution. Les responsables estiment cependant que l’augmentation constatée aujourd’hui tient plus à la méthodologie d’approche plus fine de l’enquête qu’à une réelle augmentation de la prostitution infantile le long des routes.

La Police routière fédérale affirme avoir arrêté 951 personnes pour abus sexuel et envoyé 2’0336 mineurs en institution entre 2005 et 2009.

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