C’est vers Nagoya que se tournent les yeux des écologistes, entre le 18 et le 29 octobre. La ville japonaise accueille en effet la « COP 10 », la 10° Conférence des Parties de la Convention de l’ONU sur la Biodiversité. Un nom barbare pour désigner le « Copenhague des plantes et des animaux en voie de disparition ». 193 pays y participeront, avec un rôle particulier pour le Brésil, qui coordonne un groupe de 17 nations abritant 70% de la biodiversité mondiale, et qui détient sur son propre territoire près de la moitié de ces espèces.

L’objectif de Nagoya est d’arriver à un protocole d’accord que d’aucuns appellent déjà le « Kyoto de la biodiversité », afin de stopper la brutale disparition des différentes espèces. Selon l’ONU, 30% des variétés d’animaux vertébrés auraient été éteintes depuis 1970. Des 5’490 sortes de mammifères 79 n’existeraient plus et 500 sont en risque d’extinction. Les récifs de corail, eux, ont déjà été détruits à 70%.

Le Brésil en point de mire.

Pour le Brésil, le point d’achoppement principal, c’est le libre accès aux bénéfices des ressources génétiques existantes sur son territoire. En d’autres termes, la lutte contre la biopiraterie. Le pays a été sérieusement échaudé en 2000, lorsqu’une entreprise japonaise a tenté de breveter le Cupuaçu, un fruit originaire d’Amazonie, sur les marchés nippon et européen. Cela aurait signifié que toute référence au Cupuaçu sur un quelconque emballage aurait été soumis au payement de royalties. L’entreprise concernée a finalement renoncé à son projet, après une bataille mémorable, menée par le Brésil devant les instances internationales, mais l’alerte a été chaude.

L’enjeu de la biopiraterie, c’est bien sûr, les laboratoires pharmaceutiques qui cherchent à s’approprier des substances actives nouvelles et à les breveter. Certes, le Brésil a une législation nationale pour se protéger contre de tels agissements, mais il est impuissant, dès que les choses se passent hors de ses frontières. Un aboutissement positif de la « COP 10 » serait donc un grand pas en avant.

Pessimisme en vue.

On en est loin ! Les spécialistes prédisent au contraire des affrontements sérieux entre les pays riches mais pauvres en diversité des espèces, Europe et Canada notamment et le « groupe des 17 » tous des pays situés en zone tropicale, emmenés par le Brésil. Dans les coulisses, on ne parie pas sur une avancée à Nagoya. D’autant qu’il faudra encore discuter argent : si l’on veut protéger la biodiversité mondiale, l’ONU calcule qu’il faudrait centupler les ressources financières actuelles pour que cela produise des effets.

Et même les pays détenteurs de la faune et de la flore la plus variée ne sont pas d’accord entre eux sur tous les points. Un des dossiers qui les divise, c’est la proposition d’instaurer une assurance facultative pour couvrir les éventuels dégâts provoqués à l’environnement par le recours aux cultures transgéniques. Le Brésil s’y oppose, soutenu en cela par la Malaisie, au nom de l’augmentation des coûts que cela représenterait pour le secteur de l’agro-business. Plusieurs pays africains, par contre, font cause commune avec l’Union européenne pour exiger que cette proposition soit adoptée à Nagoya.

Encadré : la diversité en danger

Les ONG’s qui s’occupe de la lutte contre l’extinction des espèces menacées vont présenter à Nagoya, une liste de 587 endroits répartis de par le monde qui devraient être inclus dans une « Alliance pour l’Extinction Zéro », l’AEZ. Ensemble, ces lieux stratégiques abritent 920 espèces de plantes et d’animaux qui sont les plus menacés de la planète. 259 d’entre eux se trouvent an Amérique latine, soit près de la moitié. 39 sont situés au Brésil, le 3ème pays le plus concerné du sous-continent, et sont localisés surtout dans la zone de la forêt atlantique qui borde la côte du Parana à la Bahia.

 

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