Résidus solides dans la mangrove ; nouvelle décharge pour Rio de Janeiro, la solution ? Du plastique vert à partir de l’éthanol.

C’est bien connu, l’explosion urbaine dans les régions côtières détériore les systèmes biologiques naturels. C’est particulièrement vrai dans les zones occupées par la mangrove, cette forêt d’arbustes dont les racines plongent dans la mer à marée haute. Elle abrite une multitude d’espèces animales qui viennent s’y reproduire : crabes, crevettes, poissons, mollusques, etc…

On connaît cependant mal les conséquences de l’accumulation des déchets solides dans la mangrove. Un projet lancé par l’Université Fédérale de Santa Catarina veut combler cette lacune en étudiant sur la durée le comportement des zones inondées affectées par les déchets. Les chercheurs du « Projeto Manguezal » ont jeté leur dévolu sur l’île de Pontal do Jurerê, près de Florianopolis. Entre 2008 et 2009, ils ont effectués des relevés mensuels des lieux.

Deux résultat intermédiaires, déjà, qui peuvent influencer les politiques publiques régionales : la quantité de déchets solides augmente dans la mangrove en été, lors de la saison touristique, il faut donc renforcer l’éducation et la surveillance des plages à ce moment de l’année ; autre découverte, plus la mangrove est dense, notamment en graminées qui poussent à ras le sol, moins les déchets réussissent à s’y accumuler. Ils sont au contraire entrainés plus loin par les courants. Une indication qui permet d’orienter la sélection des espèces dans les campagnes de reboisement de la mangrove.

Nouvelle décharge pour Rio de Janeiro, la solution ?

Rio de Janeiro pourrait inaugurer d’ici la fin de l’année le centre de traitement des déchets le plus moderne d’Amérique du Sud. Situé à Séropédica, dans la zone ouest de la ville, il devrait récupérer les 9’000 tonnes d’ordures journalières qui sont actuellement déversées sur la décharge de Gramacho, au bord de la bais de Rio (voir Vision Brésil n° 16, août 2010). La Centrale de Traitement des Résidus de Séropédica reposera sur une triple enveloppe imperméable qui l’isole totalement de la nappe phréatique. Des capteurs transmettront en temps réel tous les mouvements de cette coque, afin d’anticiper un risque d’éboulement ou de pollution.

Le recyclage permettra aussi de préserver l’atmosphère et de rentabiliser les déchets en les transformant en énergie électrique, en engrais organique et plus tard en gaz combustible pour les voitures. « Avec ce projet, c’est comme si nous arrêtions pendant une année la circulation de 1,4 millions de véhicules qui ne rejetteraient plus de CO2 dans l’environnement » se réjouis Carlos Osorio Secrétaire des Services Publics de Rio de Janeiro.

Mais voilà, les travaux, qui avaient commencé le 9 août, viennent d’être interrompu sur décision d’un juge, suite à la plainte du nouveau préfet de Séropédica, Alcir Martinazzo, nommé le 23 août, après que son prédécesseur ait été mis à la porte pour crime de manipulation de votes. Alcir Martinazzo est un opposant de longue date à l’installation du centre de traitement des ordures à Séropédica. Il exige de réexaminer les contrats avec l’entreprise chargée des travaux qu’il accuse d’irrégularités. Cette bataille politique n’est pas nouvelle, l’assemblée législative de Séropédica avait déjà voté en 2008 l’interdiction de la construction de la décharge mais la décision avait été révoquée par la justice.

La Centrale de Traitement des Résidus de Séropédica verra certainement le jour, hélas sûrement pas, comme prévu en décembre prochain, ce qui retardera d’autant la fermeture de Gramacho, prévue initialement pour 2012.

Du plastique vert à partir de l’éthanol.

4 pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique viennent de signer un accord avec l’entreprise brésilienne Braskem afin d’utiliser chez eux la technologie de fabrication de plastique à partie de l’éthanol, développée par cette société dans le Rio Grande do Sul. Le polyéthylène « vert » est obtenu à partir d’un composant obtenu lors de la distillation de la canne à sucre pour produire de l’alcool-carburant. Ce plastique a les mêmes caractéristiques que celui obtenu à partir de dérivés de pétrole et peut être utilisé sans adaptation particulière dans toutes les machines.

Sa production, à partir de matières premières 100% renouvelables, est économe en émissions de CO2, puisque la canne à sucre, en poussant, absorbe ce qui est émis lors de la fabrication. Braskem a investi  500 millions de US$ dans sa fabrique de Triunfo pour implanter cette ligne de production. La capacité est de 200’000 tonnes par an, soit 12% de l’ensemble des plastiques que fabrique l’entreprise. Les pays intéressés à utiliser cette technologie vont en plus importer de l’éthanol brésilien pour produire leur propre plastique « vert ».

 

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