Déchets, retour à l’expéditeur ; pesticide dans les légumes ; privatisation des centrales nucléaires ; livres en plastique.

Fin août, le Brésil a réexpédié en Allemagne un chargement de 22 tonnes d’ordures entrées illicitement sur son territoire et dénoncera l’affaire à la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux. Les 22 tonnes d’ordures sont parties du port de Hambourg et sont entrées comme étant du plastique pour recyclage et usage industriel mais un contrôle douanier a prouvé qu’il s’agissait d’ordures ménagères.

L’entreprise de Hong Kong qui d’après l’Institut Brésilien de Protection de l’Environnement a été responsable de l’exportation des ordures avait écrit sur les documents que le chargement provenait de la république Tchèque. Le Brésil a infligé une amende de 668.000 euros au transporteur et de 177.000 euros à l’importateur. Il y a un an le Brésil avait déjà renvoyé 1.400 tonnes d’ordures en Grande-Bretagne.

Pesticides dans les légumes

Un récent contrôle de l’Anvisa, l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire a montré que 29% des fruits et légumes vendus sur les marchés et dans les grandes surfaces du Brésil contiennent trop de résidus agrotoxiques, ou pour certains, des substances chimiques interdites légalement à l’emploi. Parmi les fruits et légumes concernés, il y a en moyenne 80% de résidus en trop dans les poivrons, 56% dans le raisin, 55% dans les concombres, 50% dans les fraises, 44% dans les choux et les ananas. Papaye, salades, tomates, riz, carottes oignons, et oranges présentent eux aussi aussi des concentrations de pesticides 10 à 30% trop élevées.

Prises une à une, ces concentrations ne menacent pas l’organisme humain car elles ne dépassent pas la quantité tolérée par le corps. Le problème, c’est l’accumulation de ces doses ingérées en peu temps, – tout le monde mange plusieurs de ces produits en une seule journée -, qui risque elle de provoquer des intoxications graves.

Privatisation des centrales nucléaires ?

Le gouvernement étudie l’idée de confier l’exploitation de nouvelles usines nucléaires au secteur privé, abandonnant ainsi le monopole qu’il exerce aujourd’hui dans ce secteur. Le projet prévoit la délivrance de concession pour une durée déterminée, la propriété des installations restant aux mains de l’Etat. Outre les problèmes de sécurité et de surveillance que cela peut poser, la question des coûts est aussi un point d’achoppement.

Pour rentabiliser de telles exploitations, le coût d’une centrale du type Angra 3 est estimé à 10 milliards de R$ (6 milliards de CHF / 4,5 milliards d’€), les entreprises concessionnaires devraient augmenter massivement le prix de l’énergie. Actuellement, les centrales existantes d’Angra 1 et 2 n’ont jamais atteint leur seuil de rentabilité. Le Ministère des Mines et de l’Energie soutient le projet, celui de l’Environnement s’y oppose farouchement. Le prochain gouvernement tranchera.

Livres en plastique.

Le réseau des écoles techniques de Sao Paulo a choisi le papier-plastique pour ses livres didactiques. 170 tonnes ont été utilisées pour imprimer 260’000 livres. « L’avantage du plastique sur le papier, c’est qu’il ne se déchire pas et est imperméable à l’eau. Il dure donc plus longtemps, c’est très utile pour des livres didactiques qui doivent être utilisés par plusieurs générations d’élèves », note le coordinateur du noyau d’éducation de la Fondation Padre Anchieta.

A part cette résistance accrue, le papier plastique a la texture du « papier couché », utilisé pour les albums photos.  Il permet d’écrire normalement au crayon ou au stylo. L’invention est brésilienne, elle émane de l’Université Fédérale de Sao Carlos, dans l’Etat de Sao Paulo, et pour produire ce papier plastique, on utilise les résidus de sacs plastique et de bouteilles en pet qui sont recueillies par des coopératives de recycleurs. « Doublement gagnant, se réjouit l’un des inventeurs, le plastique relâché dans l’environnement nuit, utilisé comme livre dans les écoles il vit une nouvelle vie et sensibilise les élèves à la lutte contre le gaspillage. »

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