Requiem pour un journal; supercalculateur de l’EPFL pour le Brésil; acheter un billet d’avion, la galère; aide à la Bolivie contre le narcotrafic; évasion de devises chez Monseigneur; l’église universelle épinglée; aide brésilienne à la privatisation à Cuba.

C’était l’un des meilleurs quotidiens du Brésil au XX° siècle, et l’une des meilleures écoles de journalisme de ces 30 dernières années. Le « Jornal do Brasil », né en 1891 a cessé d’exister sous sa version papier fin juillet, victime de ses dettes et de la chute de ses lecteurs. Il laisse un vide qui sera difficile a combler, le « JB » de la grande époque, comme on l’appelait était une voix dissidente et innovante au sein des grands journaux du pays, grâce au large espace qu’il laissait à ses reporters pour apporter leur point de vue.

Avec la création de son supplément culturel, le « Caderno B », le Jornal do Brasil a raconté avant les autres, l’histoire de la Bossa Nova et du Cinema Novo. On dit qu’en 1968, année des grandes manifestations étudiantes contre la junte militaire, les protestataires avaient coutume de toujours passer devant le siège du JB pour être sûr d’être vus en photo le lendemain dans la presse, malgré la censure.

Supercalculateur pour le Brésil

Le Blue Gene L a fait les belles heures de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse), mais il vient de se faire détrôner par le Blue Gene P, beaucoup plus puissant. L’ancien supercalculateur de l’EPFL va se retrouver à Natal, dans le Nord-Est du Brésil, donné par la Suisse au Ministère brésilien de l’Education, dans le cadre d’une cérémonie à laquelle participait le Conseiller Fédéral Didier Burkhalter.

A Natal, il servira aux programmes de recherche du tout nouvel Institut international des Neurosciences Edmond et Lily Safra, dirigé par le neurobiologiste de Sao Paulo Miguel Nicolelis, qui enseigne aussi à l’EPFL et à Duke University américain en Caroline du Nord. Miguel Nicolelis veut développer à Natal un « campus du cerveau » dévolu aux nouvelles thérapies d’activation du cerveau. Déjà lauréat du principal prix américain de biomédecine, Miguel Nicolelis est pressenti pour le prix Nobel 2010.

Acheter un billet d’avion au Brésil, depuis l’étranger, la galère…

Le Brésil va accueillir la Coupe du Monde de football en 2014, mais les touristes étrangers qui veulent visiter le pays en sont encore pour leurs frais. Surfer sur les sites des compagnies aériennes pour organiser son voyage tient du marathon impossible ! C’est la conclusion d’une enquête menée par l’Institut brésilien de service à la clientèle, l’IBRPC.

La comparaison des sites des compagnies brésiliennes GOL, TAM, Azul, Webjet et Avianca avec ceux de LAN Chile, American Airlines, Air Canada, Lufthansa, Air France et South African Airways montre des lacunes effrayantes : pas de pages en anglais, navigation lente et compliquée, impossibilité d’acheter un biller par internet si on n’a pas un n° de CPF brésilien (le CPF est le « passeport fiscal » qui accompagne chaque démarche financière au Brésil et ne peut être obtenu que par les résidents).

Il faut ainsi entre 15 et 30 clics de souris pour commander son billet sur le site d’une compagnie brésilienne contre 9 en moyenne pour les autre. Le nombre de champs à remplir pour s’inscrire (y compris les noms et prénoms du père et de la mère !) atteint le nombre de 30 dans certaines compagnies. Au final, la note moyenne des compagnies brésiliennes est de 61 sur 100, contre 86 pour les autres compagnies analysées.

Aide à la Bolivie pour combattre le narcotrafic.

Le Brésil va doubler son aide à la Bolivie, actuellement de 1 millions de US$, pour contribuer à la lutte contre le trafic de drogue et à l’éradication des plantations de coca dans ce pays, ceci dans le cadre de la révision du « Plan Bra-Bo » qui lie les deux pays. Chacun des partenaires s’engage à collaborer avec l’autre dans cette lutte, sans empiéter sur les prérogatives nationales. C’est donc essentiellement dans la zone frontière et dans l’appui financier aux opérations militaires boliviennes contre les plantations de coca que l’aide brésilienne est importante.

La Bolivie est le 3ème producteur de cocaïne après la Colombie et le Pérou et le principal fournisseur du marché brésilien de la drogue.

Evasion de devises dans l’Archidiocèse

Ce n’est pas tout à fait n’importe qui que les douaniers de l’aéroport de Rio de Janeiro ont pincé, le 9 septembre dernier. Il s’agit d’un religieux de haut rang, Monseigneur Abilio Ferreira da Nova, 77 ans, responsable de l’administration des biens de l’Archidiocèse de Rio de Janeiro. En partance pour le Portugal, il avait dans ses bagages 52’000 euros et 778 US$ qu’il a « omis » de signaler aux autorités fiscales. La loi oblige toute personne quittant le Brésil a déclarer les valeurs en monnaies étrangères supérieures à 10’000 R$ (6’000 CHF / 4’500 €) et à indiquer leur origine. Monseigneur a pu continuer son voyage, mais l’argent est resté avec les douaniers !

L’Eglise Universelle du Royaume de Dieu pincée aux USA

L’Eglise Universelle du Royaume de Dieu, fondée par le pasteur brésilien Edir Macedo et présente dans de nombreux pays est sous enquête de la police américaine pour la mise en place d’un réseau de blanchiment d’argent. L’enquête porte actuellement sur la somme de 500 millions de R$ (300 millions de CHF / 230 millions d’€) mais pourrait s’étendre.

Elle a été déclenchée suite aux confessions d’un inculpé qui a monnayé sa condamnation dans le cadre de la loi sur la « dénonciation volontaire », ce qui fait dire à l’avocat de l’Eglise Universelle qu’il faut se méfier de l’accusation : « il y a des centaines de fausses dénonciations volontaires aux Etats Unis dans lesquelles de prétendus collaborateurs de la justice cherchent à tromper la police pour protéger leurs clients. »

Ce n’est pas la première fois qu’Edir Macedo a maille à partir avec la Justice : en 1992 il a été emprisonné pour charlatanisme, puis blanchi et en 2009, un juge de Sao Paulo a demandé son incarcération pour blanchiment d’argent et extorsion de fidèles. L’action a été suspendue suite à un recours, mais l’instruction n’est pas close.

L’Eglise Universelle du Royaume de Dieu est propriétaire de la chaine de télévision Record et prévoit la construction d’une réplique du Temple de Salomon dans la zone Est de Sao Paulo.

Aide brésilienne à la privatisation à Cuba ?

Après la décision du gouvernement cubain de démettre 500’000 fonctionnaires et d’autoriser la création de petites et moyennes entreprises privées, le Brésil a offert son aide, « afin d’éviter l’explosion du travail informel » a expliqué Celso Amorim, ministre brésilien des Affaires Etrangères. Cet appui s’inscrit dans le cadre d’une coopération régulière et continue entre les deux pays, précise encore le ministre.

Le Brésil a acquis une bonne expérience dans la légalisation du secteur productif informel en introduisant fin 2008 une loi instituant le statut de micro entrepreneur individuel. Il permet à tous les indépendants du secteur informel de légaliser leur activité et de bénéficier ainsi de protection sociale. Depuis l’introduction de cette nouvelle loi, 500’000 travailleurs ont obtenu ce statut et se sont légalisés.

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