Avortement, une femme sur sept; 6 mois de congé maternité; inégalités régionales;  São Paulo, ville très chère.

L’avortement n’est toujours pas autorisé au Brésil. Cela ne l’empêche pas d’être pratiqué à large échelle dans tout le pays. Les chiffres de la première enquête nationale sur l’interruption de grossesse, menée en janvier dernier sur demande de l’Institut de Bioéthique et des Droits de l’Homme (ANIS) est révélatrice à ce sujet.

15% des femmes entre 18 et 39 ans ont avorté, soit 5,3 millions de personnes. La moitié d’entre elles étaient mariées lorsqu’elles ont mis fin à une grossesse non désirée. Le sondage a porté sur un échantillon de 2’0002 de personnes.

L’enquête révèle encore que plus de la moitié des femmes qui ont avorté (55%) ont dû ensuite se faire interner pour des complications. Cela recoupe les conclusions de la thèse de doctorat de médecine de Pai Ching Yu, de l’Institut du Cœur de l’Université de Sao Paulo, qui affirme qu’entre 1995 et 2007, 3,1 millions de curetages ont été réalisé au sein du SUS, le système unique de santé publique, gratuit,  suite à des complications suivant un avortement. L’avortement, note encore le docteur Pai Ching Yu, qui est souvent accompagné de mauvais traitements, est une des principales causes de mortalité au Brésil.

Malgré cela, la CNBB, la Conférence Nationale des Evêques Brésiliens vient de réaffirmer son opposition à la légalisation de l’avortement, en s’appuyant sur un sondage de l’Institut Datafolha qui relève que 68% des brésiliens ne veulent pas d’une modification de la loi qui interdit l’avortement. Le gouvernement Lula, qui avait proposé sa légalisation dans le cadre du nouveau Plan de Défense des Droits de l’Homme (voir Vision Brésil n°14, mai 2010) a dû reculer devant la pression de l’église.

Le congé maternité passe à 6 mois et devient obligatoire.

Le Sénat vient de voter une proposition de loi portant de 4 à 6 mois le congé maternité. De facultatif qu’il est actuellement, ce congé deviendrait en outre obligatoire. Le Congrès devra se prononcer sur cet objet avant qu’il n’entre en vigueur.

Du côté des milieux économiques, on craint cette nouvelle contrainte qui, par sa rigidité, risque de nuire à la compétitivité des entreprises brésiliennes. La Sénatrice Rosalba Ciardini, auteur de la proposition rétorque que c’est une protection pour les employées : elles hésitent aujourd’hui à prendre leur congé-maternité facultatif de 4 mois par crainte d’être licenciées durant leur absence.

Le Brésil toujours champion de l’inégalité.

Bien que la croissance de ces dernières années et les programmes de redistribution des richesses comme la Bourse-famille ait fait diminuer l’écart des revenus, l’inégalité régionale n’a pas diminué. 10% des municipalités les plus riches concentraient encore, en 2007, 78% du PIB national, alors que 40% des communes les plus pauvres devaient se partager un maigre 4,7% de ce PIB.

Cette réalité se reflète bien entendu sur les finances locales, entravant le développement des régions les moins favorisées du pays. C’est particulièrement le Nord-est qui est victime de cette situation.

Sao Paulo la ville la plus chère d’Amérique du Sud

Luanda, capitale de l’Angola est la ville la plus chère du monde pour les expatriés, devant Tokyo, affirme la recherche globale Mercer sur le coût de la vie. Sao Paulo (21° rang mondial) est la ville la plus chère d’Amérique du Sud, suivie de Rio de Janeiro (29° place mondiale), à cause de la valorisation du Réal face aux autres monnaies comme le dollar ou l’euro. Parmi les 10 villes les plus chères, on trouve 4 européennes : Moscou, 4° ; Genève, 5° ; Zurich, 8° et Copenhague, 10°. La ville la moins chère parmi les 241 qui ont été examinées est Karachi au Pakistan.

Le choix des villes retenues est fait sur la base des indications fournies à Mercer par les grandes multinationales qui ont beaucoup de personnel expatrié. Le résultat ne reflète donc pas nécessairement le coût réel de vie pour les habitants moyens. Cependant, dans le cas du Brésil, la cherté relevée recoupe le fameux indice Mac Donald qui désigne ce pays comme celui où le Mac Do coûte le plus cher en relation au coût de la vie locale.

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