Sus aux moules dorées ; soja Ronaldinho ; technique simple pour de l’eau potable ; coup de frein à la vente de terres aux étrangers.

Elles envahissent les canalisations, bouchent les conduites  d’eau des installations hydro-électriques et prolifèrent à une vitesse vertigineuse, faute de prédateurs naturels. Ce sont les moules dorées, originaires de Chine, qui ont débarqué au Brésil. « Débarqué » est bien le mot, puisque ces crustacés sont arrivés dans les eaux de ballast dont les navires marchands remplissent leurs cales lorsqu’ils naviguent à vide.

Embarquées sur la côte chinoise, ces eaux sont ensuite rejetées dans les ports brésiliens. Avec leur chargement de moules… Le Brésil n’est pas le seul pays touché: l’Australie elle aussi souffre d’une algue toxique originaire du Japon qui voyage avec les eaux de ballast.

Il existe bien une Convention Internationale pour le Contrôle des Eaux de Ballast et des Sédiments, mais elle n’est pas appliquée ! 22 pays seulement, représentant 20% de la flotte marchande mondiale l’ont ratifiée. Il en faudrait 30, abritant 35% du commerce maritime international pour qu’elle entre en vigueur. Parmi les nations qui rechignent à s’engager, les USA et la Chine, 2 gros transporteurs des mers.

Soja Ronaldinho.

Il y a 8 ans, en 2002, le Brésil interdisait la culture de soja transgénique. L’Argentine, au contraire ouvrait largement sa porte au soja round up de la multinationale Monsanto. Résultat, dans les provinces brésiliennes limitrophes de l’Argentine, les paysans cultivaient à l’envi du soja Monsanto de contrebande. On estimait alors qu’au Rio Grande do Sul, un des gros Etats producteurs, 97% de la récolte était clandestine et transgénique.

Aujourd’hui, le soja manipulé est légalement planté au Brésil. Et ce sont les argentins qui l’achètent en contrebande pour le semer chez eux ! Monsanto ne veut en effet plus livrer ses semences aux agriculteurs argentins qui boycottent le payement de la taxe sur le brevet alors qu’au Brésil, cette taxe est incluse dans le prix d’achat de la semence. Monsanto livre donc largement les producteurs… qui se dépêchent d’en repasser à bon prix une partie à leurs collègues argentins ! Du soja de contrebande appelé « Soja Ronaldinho ». En 2002, le soja argentin de contrebande s’appelait « Soja Maradona ».

Ces transferts agricoles ne font pourtant pas baisser les prix. L’Institut d’Economie Agraire du Mato Grosso vient en effet de dévoiler que le coût moyen de production à l’hectare du soja transgénique était plus élevé que celui du soja conventionnel : 1’544 R$ à l’hectare pour le transgénique cultivé à Campo Verde dans le Sud-ouest, 1’426 R$ à l’hectare pour le soja conventionnel planté à Sorriso, au centre de l‘Etat.

De l’eau potable avec une bouteille et du soleil.

La technique est connue depuis une trentaine d’années et appliquées dans les campagnes africaines. L’eau contenue dans une bouteille en pet devient potable après 6 heures d’exposition aux rayons du soleil. L’Institut Transnational Santé et Environnement d’Amazonie vient d’améliorer la technique en ajoutant du bleu de méthylène à l’eau, ce qui la rend buvable en moins d’une heure. Le bleu de méthylène, en effet, agit comme un catalyseur qui décompose l’ADN des bactéries nocives.

La méthode est prometteuse car cette substance, très répandue, est vendue bon marché dans toutes les pharmacies. Cette technique de purification rapide pourrait donc être largement utilisées dans les favelas des grandes villes où il est plus difficile d’exposer longtemps des bouteilles d’eau au soleil qu’à la campagne. L’Institut Transnational Santé et Environnement d’Amazonie va maintenant tester sa découverte, sous contrôle médical, dans plusieurs villes afin d’en vérifier la fiabilité.

Coup de frein à la vente de terres aux étrangers.

« Les ventes de terre à des acheteurs étrangers échappent à notre contrôle », s’inquiète le Ministère Public Fédéral, qui demande un renforcement des contrôles sur ce type de transaction. Un récent pointage montre que 4 millions d’hectares appartiendraient à des propriétaires non brésiliens. 4 millions d’hectare, c’est 0,71% des 572 millions cadastrées par l’Institut de la Réforme Agraire, cela paraît peu à première vue. Mais ce chiffre n’englobe que les personnes physiques.

Les personnes morales elles, filiales brésiliennes des entreprises multinationales ne font pas partie de la statistique. Pourtant, ces acheteurs internationaux sont particulièrement actifs dans les greniers à soja et à canne à sucre du Mato Grosso et de l’Etat de Sao Paulo. On estime donc que la part de terres aux mains des étrangers est 3 fois plus importante que ne le disent les chiffres officiels.

Le Président Lula s’est ému de cette situation et a demandé à son gouvernement d’élaborer une nouvelle loi pour limiter la possession de la terre par les étrangers, voire de résilier certains achats conclus récemment. « Les terres brésiliennes doivent rester aux mains des brésiliens, a justifié le Président, c’est une question de sécurité alimentaire. »

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