Laxisme sur le blanchiment d’argent; les européens s’en vont, les chinois arrivent; Nestlé à nouveau sur la sellette; des météorologues au secours de la bourse.

C’est un rapport du GAFI, le Groupe d’Actions Financière Internationales qui l’affirme, le Brésil ne combat pas comme il le devrait la corruption, le trafic de drogue, les ventes illégales d’armes, les prises d’otages et les crimes financiers.

Sur les 49 recommandations du GAFI, le Brésil n’en applique que 3, alors que les USA en respectent 15 et la Russie et la Chine 8.Un des reproches fait au Brésil, c’est que la loi sur le financement du terrorisme limite les punitions aux capitaux directement liés à des attentats commis.

Elle ne permet pas de réprimer le transport des armes, le logement et le déplacement de ceux qui appuient les terroristes, bref tout ce qui permet la préparation des attentats. Le nouveau Secrétaire national à la Justice (nommé début juin, après que son prédécesseur ait été révoqué pour collusion avec la mafia chinoise dans un crime de lavage  des capitaux) a promis que la lutte contre le blanchiment allait être sa priorité.

Les européens partent, les chinois arrivent

La crise grecque frappe le Brésil : les capitaux européens s’enfuient, rapatriés d’urgence sur le Vieux Continent pour renflouer les finances malades de l’UE : pour les 6 premiers mois de l’année, par exemple, les investissements allemands ont été inférieurs de 95% à ceux de la même période 2009. Globalement les investissements étrangers au Brésil ont déjà reculé de 1 milliard de US$ cette année et le rapatriement des capitaux s’accélèrent : 1,3 milliard de US$ ont quitté le Brésil rien qu’au mois de mai.

Dans le même temps, les chinois arrivent ! Leurs capitaux, qui totalisaient 82 millions de US$ en 2009 au Brésil, ont atteint 359 millions de US$ entre janvier et mars 2010, faisant de la Chine le 5ème investisseur international, derrière les USA, les Bermudes, la Hollande et la France. Les capitaux chinois s’investissent dans les secteurs pétroliers et le transport d’énergie.

Nestlé à nouveau sur la sellette

L’avenir de Nestlé est dans les pays en développement. La multinationale n’en fait pas mystère, qui estime que dans dix ans, la moitié de ses ventes se feront dans cette partie du monde. Du coup, l’entreprise multiplie les acquisitions et reprofile son système de distribution pour se rapprocher de la clientèle à faible revenu des pays pauvres : elle forme des « vendeurs populaires » qui sillonnent les campagnes à vélo et proposent les produits de début de gamme, à prix cassé. Au Brésil, Nestlé a encore affrété un bateau-magasin afin d’atteindre les villages isolés riverains des fleuves amazoniens.

L’opération est dénoncée par le collectif « citoyens pour l’eau », car Nestlé affirme participer de cette manière au programme « Bourse-famille » en distribuant gratuitement une partie de ses produits aux plus nécessiteux. Le financement proviendrait de la vente de l’eau minérale « Pure Life », dont l’extraction dans le parc aquatique de Sao Lourenço (Mina Gerais) est combattue par les écologistes. Ils affirment qu’elle assèche les autres sources thermales du parc, à vocation médicinale.

Des météorologues au secours de la bourse.

A chaque jour qui passe, la bourse fait la pluie et le beau temps. Surtout en cette période perturbée où les marchés ne savent plus où donner de la tête. La bourse qui détermine le temps qu’il fera, e n’est pas seulement une image de rhétorique : à la BOAVESPA de Sao Paulo, le métier de météorologue est une profession qui monte : 30% des étudiants qui ont suivi cette filière à l’Université de Sao Paulo ont trouvé un emploi sur le marché financier ! Et sont très contents de leur choix. La bourse paye mieux que les prévisions du temps.

« L’application est différente, mais la base est la même, c‘est du calcul de probabilité », explique Afonso Campo Pinto, directeur de recherche chez Maps, une entreprise des softwares spécialisés dans la gestion du risque. Le domaine d’Afonso Campo Pinto, c’est l’aviation, il est ingénieur aéronautique. « Mais j’utilise les mêmes outils mathématiques que les météorologues et les analystes financiers » précise-t-il. Il prévoit que ce nouveau filon va se développer, parce que les marchés financiers réclament toujours plus de spécialistes de ce type, alors que du côté de la météorologie pure, les emplois ne sont pas légions.

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