Polémique autour de la protection de la forêt ; connexions douteuses dans le Mato Grosso ; Douches « flex » pour maisons populaires.

« Inapplicable, inadapté, pénalisant » Aldo Rebelo, rapporteur de la commission d’étude du projet de réforme du code de protection de la forêt jette un gros pavé dans la mare : il faut tout reprendre si on veut élaborer une loi qui ait du sens.

Aldo Rebelo ne fait pourtant pas partie du lobby des grands propriétaires ruraux, au contraire, il est une des figures historiques de la gauche brésilienne, connu jusqu’à alors pour défendre des positions plutôt écologistes.

La loi actuelle oblige les exploitants agricoles à conserver 20 à 35% de leurs terres en réserve naturelle intouchable. Et même 80% en Amazonie. « Cela fait sens pour les grandes propriétés, mais c’est condamner les petits paysans ou les communautés indigènes qui vivent de l’agriculture de subsistance à ne rien produire ».

Le code de protection de la forêt tel qu’il a été remanié depuis sa création en 1965 ne fait en effet pas de distinction entre la petite agriculture vivrière et les grandes exploitations agro-industielles. Il oblige aussi à laisser en friche 30 mètres de berges de part et d’autres des fleuves et des rivières. « Si c’est au bord de l’Amazone, d’accord, mais le long d’un ruisseau large d’un mètre, c’est totalement absurde. » poursuit Aldo Rebelo.

Le Sénateur propose de revoir toutes ces dispositions pour moderniser les règles de la protection de la nature au Brésil et les rendre plus efficaces, admettant même de permettre à des exploitants forestiers de parrainer des réserves voisines de leurs terres en Amazonie afin de pouvoir exploiter pus de 20% des arbres qui leur appartiennent. Une dernière proposition polémique qui a valu à Aldo Rebelo l’ire de tous les écologistes du Brésil. Les Verts prétendent maintenant qu’il s’est fait soudoyer par le lobby de l’agro-exportation.

Connexions douteuses dans le Mato Grosso

« L’insoutenable » titre Miriam Leitão dans une chronique du journal Globo. L’insoutenable poursuite du déboisement dans le Mato Grosso, perpétré par des hommes politiques qui ont déjà été maintes fois dénoncés pour crimes contre l’environnement.

Des hommes politiques appartenant à l’équipe de Blairo Maggi, l’ancien gouverneur de l’Etat, célèbre pour ses positions anti-écologistes, qui s’était converti publiquement en défenseur de l’environnement vers la fin de son mandat :

« J’ai dû revoir ma position, déclare-t-il en août 2009, non seulement la mienne, mais celle de toute la filière de l’agro-industrie de mon Etat. Le chemin que nous avons suivi jusqu’ici n’était pas le bon. » Plusieurs des hommes que Blairo Maggi prétend avoir ainsi convaincu à chager de position viennent de tomber dans les reîtres de la police fédérale pour abattage illégal de forêts protégées dans des réserves indigènes. Parmi eux, l’ex-secrétaire aux des changements climatiques de Blairo Maggi ! Les enquêteurs se demandent d’ailleurs si l’ancien gouverneur n’est pas lui aussi impliqué dans ce scandale, en ayant favorisé l’octroi de fausse licence d’abattage.

L’homme dément mais ne convainc pas complètement. Il signe maintenant « entrepreneur, ancien gouverneur de l’Etat du Mato Grosso et candidat au Sénat Fédéral. Blairo Maggi convoite en effet un fauteuil à la Chambre haute aux élections d’octobre prochain et est crédité du meilleur score dans le Mato Grosso. « C’est ainsi que se déboise l’Amazonie sur le terrain pendant que le développement durable est discuté en vain dans l’hémicycle » conclut désabusée Miriam Leitao. 110 personnes ont été arrêtées par la police pour déboisement illégal dans cette « opération Jurupari » déclenchée après deux ans d’enquête.

Douches « flex » pour maisons populaires

Après le programme de substitution gratuite des frigos dévoreur d’énergie lancé en 2008, le gouvernement poursuit son effort de réduction des émissions de gaz à effets de serre en subventionnant l’installation de douches « flex », fonctionnant à l’électricité et à l’énergie solaire dans le cadre de son programme de construction de maisons populaires.

2,6 millions de foyers devraient être ainsi équipé d’ici 2014, permettant d’économiser 40% de la consommation électrique mensuelle, soit 1’200 GWh/an, ou l’équivalent de ce que qu’utilise annuellement une ville de 5 millions d’habitants. Cela permettra aussi de réduire de 220’000 tonnes la quantité de CO2 rejetée chaque année dans l’atmosphère, ce qui correspond aux  émissions de gaz d’échappement de l’ensemble du parc automobile de Brasilia.

Contrairement au chauffe-eau solaire traditionnel, qui exige l’installation coûteuse d’un boiler, le « chauffe-douche flex » brésilien fonctionne à l’aide d’une simple résistance électrique qui chauffe l’eau courante au moment de son utilisation, lorsqu’il n’y a pas de soleil. Ce système de résistance est déjà très répandu et bon marché, mais sans apport solaire, il est très gourmand en énergie. La douche est en effet le poste qui consomme le plus d’électricité dans les ménages, 24%, suivi du frigo (22%).

L’installation du « chauffe-douche flex » coûtera 1’700 R$ (1’000 CHF / 765 €) et sera subventionnée par le gouvernement qui prévoit d’investir 4,5 milliards de R$ (3 milliards de CHF / 2 milliards d’€) dans cette opération.

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