85 entreprises milliardaires ; compétition entre suisses pour l’emballage au Brésil ; amende sociale pour Nestlé ; nouvelles recommandations de la CEPAL pour l’Amérique latine.

85 entreprises brésiliennes ont réalisé un chiffre d’affaire supérieur à 1 milliard de US$ en 2009. Ensemble, ces 85 sociétés ont encaissé 470 milliards, soit 30% du PIB du Brésil. 9 d’entre elles annoncent même un chiffre de plus de 10 milliards.

En 2000, les firmes milliardaires brésiliennes n’étaient que 39. Cette progression s’explique par la stabilité de la politique économique du pays, la capacité des entreprises nationales à capter des ressources boursières et la croissance du marché intérieur.

Reste que le nombre des entreprise milliardaires brésilienne reste encore modeste en face des 934 compagnies américaines qui facturent plus de 1 milliard de US$ et contribuent pour 67% au PIB des Etats Unis. Les Etats Unis concentrent 719 des 2’000 plus grandes entreprises du monde, selon le classement Forbes. Le Brésil lui, abrite 19 de ces membres du top 2’000, parmi elles, JSB, le premier exportateur mondial de viande et Cosan, le plus grand producteur d’éthanol qui vient de s’associer à Shell.

Tetrapack et SIG, compétition entre suisses pour l’emballage.

Le règne de l’entreprise suisse Tetrapack au Brésil, qui produit 95% des emballage de lait UHT, est en passe d’être contesté par un rival helvétique : SIG Combibloc. Présente dans le pays depuis 2005, SIG n’occupe que 5% du marché mais construit une nouvelle usine dans le Parana, qui devrait lui permettre de gagner 10% de parts de marché. Elle commencera à produire en février, pour le Brésil et le reste de l’Amérique latine. L’an dernier, le chiffre d’affaire de SIC Comibloc a été de 1,26 milliards d’euros.

L’histoire de SIG Comibloc est curieuse : la « Schwiezerische Industrie Gesellschaft » la SIG, connue pour fabriquer des wagons du matériel ferroviaire, possède un département d’emballage, Comibloc, depuis 1878. Il a été créé par Ferdinend Jagenberg, un ingénieur allemand qui a inventé le papier imperméable pour emballer les aliments. A l’époque, la SIG, qui produisait surtout des armes, ne s’est pas intéressée à l’invention de Jagenberg. Elle a revendu le brevet à une entreprise d’emballage naissante… la Tetrapack !

Amende sociale pour Nestlé.

Nestlé va donner 600’000 R$ (385’000 CHF / 245’000 €) à des œuvres caritatives à titre de punition pour avoir violé les règles du code du travail dans son usine de Campinas, près de Sao Paulo. Nestlé est accusée de ne pas avoir respecté la durée des pauses quotidiennes de ses employés et de les avoir obligé à travailler le dimanche et les jours fériés.

Afin d’éviter d’avoir à payer une amende plus lourde, Nestlé a passé un accord ave la Justice du Travail de Campinas au terme duquel elle s’engage à financer des œuvres philanthropiques e et des institutions publiques. 220’000 R$ iront ainsi au Service d’Inspection du Travail de Campinas, 30’000 R$ à la Justice du Travail, 80’000 R$ pour l’achat d’équipements informatiques pour un orphelinat et 20’000 R$ aux organisateur d’une campagne de dénonciation contre le travail infantile.

Nestlé a six mois pour s’exécuter. Chaque jour de retard se traduira par une amende équivalente à 20% des sommes encore dues. Nestlé a aussi promis de respecter désormais le code du travail brésilien à la lettre.

La Suisse épinglée par le fisc brésilien

14 nouveaux paradis viennent d’être répertoriés par l’administration fiscale brésilienne, parmi eux, la Suisse ! Selon la définition des autorités, est considéré « paradis fiscal » un pays où l’impôt est inférieur à 20% du revenu ou qui se protège derrière le secret bancaire. La Suisse où l’impôt moyen est de 8,5% et le secret bancaire une loi, répond aux 2 critères. En soi rien de bien neuf pour la réputation du « pays des banques », sinon les conséquences pratiques  de cette nouvelle désignation administrative officielle.

En effet, le fisc brésilien applique une taxe de 25% sur les opérations financières en provenance ou à destination des paradis fiscaux, en lieu et place des 15% habituels. De même, les entreprises originaires de ces paradis fiscaux voient leurs transferts de capitaux vers leur maison mère surtaxés pour éviter que des revenus générés par leurs filiales au Brésil ne soient déclarés dans des pays qui prélèvent moins d’impôts. Plusieurs multinationales helvétiques, sont concernées par les mesures liées à cette nouvelle classification de la Suisse. Parmi les plus importantes : Nestlé, Novartis, ABB, Ciba, Clariant UBS, Crédit Suisse et le groupe d’assurance Zurich.

Les entreprises suisses occupent 90’000 personnes au Brésil et génèrent un chiffre d’affaire de 34 milliards de CHF ( 24 milliards d’€)

Nouvelles recommandations de la CEPAL pour l’Amérique latine.

Exit le compromis de Washington fer de lance de la politique du FMI pour les pays endettés durant ces 20 dernières années. L’austérité fiscale et les privatisations ne sont plus à la mode, l’Etat doit désormais dicter la politique économique et partager les fruits de la croissance avec les plus pauvres, à l’exemple du Brésil. Ce sont quelques unes des recommandations de la CEPAL, la Commission Economique des Nations Unies pour l’Amérique Latine, basée à Santiago du Chili, qui ont été présentées publiquement en première mondiale, fin mai à Brasilia.

Le compromis de Washington a joué le rôle qu’on attendait de lui, déclare diplomatiquement la CEPAL, qui admet en coulisse que le bilan de la politique élaborée par un groupe d’expert qui gravitait autour du FMI à Washington est catastrophique: « la croissance de l’Amérique latine a été bien plus faible durant cette dernière décennie que pendant les 40 années précédentes » admet Alicia Barcera, Secrétaire générale de la CEPAL.

Le résultat le plus tangible de cet échec a été la faillite de l’Argentine en 2002 : des milliers de personnes dans les rues protestant à coup de concerts de casseroles contre la détérioration de leurs conditions de vie, la classe moyenne toute entière plongée dans la pauvreté, les entreprises stratégiques du pays exsangues après avoir été dénationalisées au profit de multinationales étrangères.

Pour la CEPAL, les nouveaux fondements du développement doivent désormais privilégier « un renforcement du rôle de l’Etat pour promouvoir la convergence entre le secteur productif et l’inclusion sociale des plus pauvres et un meilleur contrôle des flux de capitaux pour protéger les économies nationales de la volatilité des marchés ». La crise financière mondiale de 2008 est passée par là ! Le modèle à suivre est celui du Brésil, « qui a su combiner ses choix macroéconomiques avec des politiques publiques de promotion de l’égalité sociale ».

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