Les noirs plus riches ; la langue tupi-guarani interdite de tribunal ; embouteillage dans les prisons.

Les consommateurs de race noire représentent 51% de la population et devraient recevoir en 2010, 40% du revenu total des brésiliens, soit 546 milliards de R$ (341 milliards de CHF / 239 milliards d’€). En 2002, ces consommateurs de couleurs n’avaient reçu que 170 milliards de R$, 222% de moins qu’aujourd’hui.

Le revenu moyen des noirs est encore inférieur de moitié à celui des blancs.

La langue tupi-guarani interdite de tribunal

L’assassinat d’un cacique indien par des pistoleiros au service d’un propriétaire terrien dans le Mato Grosso est devenu une affaire nationale depuis que le président du tribunal qui jugeait l’affaire a refusé de laisser les témoins s’exprimer dans leur langue, le tupi-Guarani. Tous les témoins de la partie civile étant des tupis-guaranis, la partie civile demandait que le tribunal les questionne d’entrée de jeu, dans leur langue, pour savoir s’ils voulaient ou non s’exprimer en portugais.

Le président en a décidé autrement, il a imposé de formuler cette question en portugais, les témoins qui le désiraient pouvant ensuite répondre en tupi-guaranis. Avec l’aide d’un traducteur. Justification : les accusés, eux, ne sont pas des indiens et ne parlent pas le tupi-guarani.

Outré, le procureur a quitté la salle. « Le droit de s’exprimer dans sa propre langue est un droit inaliénable » s’est-il exclamé avant de prendre la porte. Le procès a été ajourné, on ne sait pas quand et dans quelle langue il reprendra.

Embouteillage dans les prisons

La population carcérale du Brésil a doublé en 9 ans, atteignant le chiffre de 473’000 détenus. Raison essentielle de cette explosion, les prisonniers qui attendent leur jugement en détention provisoire. Ils forment le 44% du contingent. Le gouvernement avait annoncé en 2008 qu’il allait tout faire pour réduire cette proportion, elle a encore augmenté de 6% en 2009.

Le code de procédure pénale brésilien date de 1941, sa réforme vient d’être entamée.16 mesures sont à l’étude pour venir à bout de l’embouteillage des prisons, de la détention à domicile au bracelet électronique en passant par l’interdiction de rencontrer certaines personnes impliquées dans une enquête. Pour les crimes économiques, le blocage préalable des biens du suspect pourrait être prononcé afin d’éviter qu’il ne les utilise pour échapper à la justice.

Le texte propose aussi de limiter la durée de la prison préventive, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. 540 jours pour des crimes dont la peine maximum possible est de 12 ans, 740 au-delà. Respectivement 1 an et 5 mois ou 2 ans et 20 jours, cela laisse du temps aux enquêteurs pour boucler leurs investigations. Pas sûr que ça désengorge vraiment les prisons.

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