Assassinat de Dorothy Stang, condamnation finale; encore la hausse du  déboisement; environnement : Vale et Michelin investissent ; un réservoir d’eau spectaculaire.

Regivaldo Galvao, un des co-accusés de la mort Dorothy Stang en 2005 a été condamné à 30 ans de prison en seconde instance, peine aggravée par le tribunal parce que la victime étant une personne âgée. Le jugement n’est toutefois pas définitif, Regivaldo Galvao peut encore faire recours.

Après la condamnation définitive de son complice Bida (voir Vision Brésil n° 11 février 2010, n° 5,mai 2009 et n° 4 avril 2009), Galvao est le cinquième accusé condamné pour l’assassinat de la missionnaire américaine, engagée dans la défense des paysans sans terre du sud du Para et âgée de 73 ans au moment de sa mort.

Cinq ans après les faits cet épilogue tend à monter que contrairement à bien d’autres affaires du même genre, le meurtre de Dorothy Stang ne restera pas impuni. Un résultat dû sans aucun doute à la pression internationale qui n’a jamais faibli au cours de ces cinq années.

Déboisement encore à la hausse

Les chiffres sont décourageants : en mars 2010, le déboisement a été de 35% supérieur à celui enregistré en mars 2009. Les chiffres accumulés des mois d’août à mars révèlent une augmentation de 24% par rapport à la même période de l’année précédente.

C’est bien, hélas à une remontée du déboisement que l’on assiste, confirme l’Institut Imazon, qui procède a la publication mensuelle des relevés satellites de l’état de la forêt amazonienne. Imazon précise que le degré de couverture nuageuse de l’Amazonie, qui gêne la prise de photo aérienne, était pratiquement le même en mars 2009 et en mars 2010 : 64%.

Ce qui veut peut-être dire que le déboisement est plus important que les 1000 nouveaux km2 enregistrés ces 7 derniers mois puisque 64% de la surface de la forêt n’a pas pu être surveillée.

Entreprises et environnement : Vale et Michelin

Vale, numéro un mondial de l’extraction du minerai de fer, qui possède la mine de Carajas, dans le sud du Para en Amazonie, annone la création d’un fond spécial pour le développement durable et le combat au déboisement illégal, en partenariat avec Imazon, spécialisé dans la surveillance par satellite du déboisement et six autres institutions de la société civile. Le fond, doté de 51 millions de R$ (31 millions de CHF / 22 millions d’€) sera consacré à des programme de développement socio-environnemental avec la population amazonienne.

Michelin organise une vaste consultation sur le concept de mobilité respectueuse de l’environnement, dans le cadre de son 10° forum de la mobilité qui se tiendra à Rio de Janeiro du 30 mai au 2 juin et devrait regrouper plus de 4’000 participants. En novembre dernier, Michelin avait déjà invité à Rio les autorités des grandes villes d’Amérique latine pour parler mobilité environnementale dans les agglomérations. 800 responsables politiques et administratifs ont participé à ce séminaire.

Un réservoir d’eau spectaculaire

La forêt amazonienne n’est pas seulement le poumon de la planète, c’est aussi le château d’eau du monde. Les chercheurs de l’Université fédérale du Para viennent de mettre à jour l’existence d’un nouveau réservoir gigantesque d’eau potable, l’aquifère d’Alter do Chao, qui court sous les Etats d’Amazonie, du Para et d’Amapa. En tout 86’000 km3 d’eau ou 86’000 milliards de bouteilles d’un litre ! De quoi approvisionner théoriquement toute la population mondiale pendant 500 ans.

Théoriquement car ce spectaculaire réservoir souterrain n’est pas exportable. Trop d’eau au Brésil, pas assez au Sahel, la carte des inégalités reste la même, malgré cette découverte qui détrône en volume celui qui était jusqu’à présent considéré comme le plus grand réservoir aquifère du monde, le bassin Guarani (45’000km3), également situé au Brésil, mais partagé avec l’Uruguay et l’Argentine.

Carte de la localisation des réserves d’eau souterraines du Brésil

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