Brésil-Paraguay, frontière explosive; Lula décomplexé; JO 2016, ça pend forme; patrimoine anéanti par les flammes.

Les Présidents brésilien Lula et paraguayen Lugo se sont rencontré mi-mai pour évoquer un renforcement des mesures de sécurité à la frontière entre les deux pays. Trafiquants de drogue brésiliens et guérilleros d’extrême-gauche y évoluent librement, ave la complicité active des FARCs de Colombie.

La rencontre fait suite à l’attentat dont a été victime Roberto Acevedo, un sénateur qui lutte contre les narco-trafiquants dans sa ville natal de Pedro Juan Caballero. Sa voiture a été criblée de 32 balles, son chauffeur et un des ses collaborateurs sont morts. Deux brésiliens, déjà recherché par la police de Sao Paulo sont arrêtés du côté paraguayen. Ils auraient touché 300 US$ chacun pour organiser l’embuscade.

Connexion Paraguay-Brésil-Colombie

« Les trafiquants brésilien du PCC, (le Premier commando de la Capitale, qui domine la vente de drogue à Sao Paulo) ont installé plus de 200 des leurs à Pedro Juan Caballero » affirme Roberto Acevedo sur son lit d’hôpital. « Ils y contrôlent le trafic de drogue et d’armes vers le Brésil et viennent se refaire une fausse identité pour échapper à la police de Sao Paulo ».

La ville de Pedro Juan Caballero est reliée à la ville brésilienne de Ponte Porã par une unique rue, où transitent des milliers de « sacoleiros », qui viennent acheter au Paraguay des produits de contrebande pour les revendre au Brésil. « La surveillance est quasi impossible » estime le juge brésilien Odilon de Oliveira. Il a pourtant fait arrêter plus de 100 trafiquants lorsqu’il était en poste à Ponte Porã.

S’ajoute à cette omniprésence des narco-trafiquants une guérilla d’extrême-gauche, l’EPP, l’armée populaire paraguayenne, qui multiplie les attentats et les coups de mains dans la province d’Amambay. Des indices sérieux font état d’instructeurs des FARCs colombiennes au sein de l’EPP. « Le modus operandi de l’EPP dans les  attentats et les séquestres porte la signature des FARCs » juge un responsable de la police secrète paraguayenne.

Les narco-guérilleros colombiens utiliseraient aussi les membres de l’EPP comme hommes de main pour protéger les narco-trafiquants brésiliens du PCC.  La cocaïne arrive en effet par avion au Paraguay depuis la Colombie et est acheminée ensuite par la route jusqu’à Sao Paulo. Une bonne partie de la marijuana qui alimente le marché des grandes villes brésilienne est encore cultivée autour de Pedro Juan Caballero.

Une nouvelle politique de sécurité à la frontière.

Deux dirigeants de l’EPP ont trouvé refuge au Brésil en 2004. Les paraguayens les accusent de jouer les intermédiaires entre le PCC, les FARCs et l’EPP. Ils récolteraient l’argent de drogue vendue à Sao Paulo pour le reverser aux FARCs qui fourniraient en armes la guérilla de l’EPP.

Le Président Lugo a donc demandé à son collègue Lula de revoir le statut de réfugié de ces deux personnes. Il a aussi réclamé au Brésil des renforts aériens pour surveiller les 800km de frontières qui séparent les deux pays. 300’000 brésiliens vivent du côté paraguayen, pour la plupart des cultivateurs de soja qui sont responsable pour 80% de l’économie locale. Beaucoup de trafiquants se cachent au milieu d’eux.

« Nous sommes en face d’une criminalité multinationale à plusieurs visages déclare la Présidence paraguayenne. Ils faut sérieusement renforcer la collaboration avec le Brésil en matière de sécurité, autrement, cela va devenir comme au Mexique, ici. »

***

Lula et le Brésil « décomplexés » ;

C’est presque chaque jour que le Président Lula reçoit une nouvelle distinction de la presse internationale. Cette fois c‘est la revue Times qui l’honore, en le désignant l’homme le plus influent de l’année. Il aurait, selon le magazine américain, plus fait bouger le monde en 2009 que n’importe quel autre chef d’Etat…

Autre journal, autre louange, adressée au Brésil dans son ensemble cette fois. Mi mai, Le Point consacre 21 pages « à ce pays décomplexé et furieusement optimiste, qui grâce au Président Lula a définitivement conquis sa place sur la scène internationale ». Le magazine tente aussi d’expliquer à ses lecteurs le « racisme cordial » caractéristique de la culture brésilienne: au Brésil, on est aussi raciste qu’ailleurs, mais avec le sourire !

JO 2016, ça pend forme.

C’est fait, l’entreprise « Brésil 2016 » a été créée c’est elle qui se chargera de coordonner les travaux d’infrastructure nécessaire à transformer Rio en ville olympique. Dotée de 94 millions de R$, elle engagera 496 personnes afin de mener à bien ses travaux, pour la plupart, des fonctionnaires qui seront affectés provisoirement à cette entité.

Première dossier sur lequel « Brésil 2016 » va devoir plancher, la proposition de déplacer une partie des compétitions de la Barra da Tijuca au Port de Rio : le badmington, la boxe, le tennis de table et l’haltérophilie, ainsi que le centre de presse.

Un changement lié à des considérations « post jeux olympiques » : il permettrait une revalorisation de cette région centrale de la ville et soulagerait le marché immobilier de la Barra da Tijuca, à l’ouest, qui risque d’avoir des difficultés à absorber les offres de logements proposés pour l’après J.O avec le projet actuel. Le parc immobilier offert y augmenterait en effet de 25% alors que les ventes actuelles plafonnent à 18% de nouveaux appartements par an.

Le Brésil a remis ce dossier de modification au CIO qui doit encore se prononcer. Ce changement provoquerait en effet un allongement des trajets de 38 minutes pour 1500 des 8’000 athlètes et pour les 8’000 journalistes accrédités.

Patrimoine scientifique anéanti par les flammes

L’Institut Butantan de Sao Paulo est au Brésil ce que l’Institut Pasteur est pour la France : un immense réservoir de savoir sur les vaccins. Un de ses laboratoire vient de brûler, hélas un des plus importants. Il abritait une collection de 85’000 espèces rares de serpents et 450’000 araignées et scorpions, conservées dans du formol. Certains spécimens avaient plus de 100 ans. Tout a été anéanti par le feu. « Ce sont 100 ans d’histoire perdus » déclare Francisco Franco, le responsable de la collection.

Et beaucoup d’années de recherche car 5’000 de ces animaux rares, certains disparus aujourd’hui, étaient en cours de classification. La perte n’est pas seulement dommageable pour le Brésil. C’est aussi un coup dur pour la recherche universelle car la collection de serpents du Butantan, était la plus importante du monde. Les causes de l’incendie ne sont pas connues.

Advertisements