Remèdes patentés contre remèdes génériques ; l’insatiable faim de consommation de la classe moyenne ; là où l’emploi informel règne en maître.

Les remèdes patentés comptent encore pour 10% des coûts au Brésil, alors qu’ils ne représentent plus que 1% de ce qui est consommé. Les médicaments génériques, eux, occupent 13% du marché, pour moins de 8% des coûts. Les chiffres sont de ANVISA, l’agence de contrôle sanitaire du gouvernement.

Autrement dit, la dépense que chaque brésilien consacre à des remèdes de marque est 40% supérieure à ce que lui coûte un générique. C’est encore beaucoup, mais il faut rappeler qu’il y a 10 ans, les génériques étaient encore presqu’inconnus. Les autorités se réjouissent donc de cette évolution. Anvisa, dans une autre comparaison, révèle que le nombre de médicaments de marque qui sont moins chers au Brésil que dans d’autres pays comme l’Australie, l’Espagne, les Etats-Unis et la France, este de 51%.  Il était de 12% seulement en 2004.

La différence de prix entre un médicament patenté et son équivalent générique peut varier entre 421 et 1400 % dans les pharmacies de Sao Paulo. C’est une enquête du bureau de défense des consommateurs qui le démontre. Mais plus encore, dans ces mêmes pharmacies, la différence de prix pour un même médicament générique varie aussi de 120 à 420%. Le marché des médicaments n’a pas encore vraiment trouvé son équilibre économique.

L’insatiable faim de consommation de la classe moyenne

La classe moyenne brésilienne est presque devenue la majorité en 2009. Elle représente désormais 49% de la population. C’est 15 points de plus qu’en 2005 et cette accroissement s’est surtout fait par l’enrichissement des plus pauvres, le groupe des plus riches n’ayant augmenté que de 1% durant la même période. La classe moyenne est aujourd’hui nombreuse de 92 millions de personnes.

Cette irruption de nouveaux consommateurs se marque notamment sur le marché immobilier. Les spécialistes calculent que d’ici 2016, la demande en construction sera de 10 millions de logements pour les personnes gagnant entre 3 et 10 salaires minimums (le salaire minimum actuel est de 510R$ soit un peu plus de 200€). Ce chiffre ne tient pas compte de la demande, également en augmentation, de logements populaires destinés aux 7 millions de familles qui vivent encore dans une situation de grande précarité.

Là où l’emploi informel règne en maître.

Ce réjouissant enrichissement des couches les plus modestes ne doit toutefois pas faire illusion. Il reste des poches flagrantes de pauvreté absolue au Brésil. Ainsi, dans les 85 communes du pays qui reçoivent la plus forte proportion d’aide via le programme « bourse-famille », 1,3% seulement de la population laborieuse a un emploi formel, avec contrat de travail à la clé.

Ce sont surtout dans les campagnes du Nord-est que ce phénomène est le plus marqué, mais on trouve aussi de telles situations dans certaines périphéries des grandes villes du sud. A l’origine, la pauvreté, bien sûr, qui engendre le travail précoce des enfants et des jeunes, donc l’abandon prématuré de l’école. Conséquence, sans formation, impossible de trouver un emploi formel.

A quoi s’ajoute souvent l’absence d’assainissement des eaux usées qui multiplie les problèmes de santé. L’ONU vient de révéler un classement selon lequel le Brésil, 8° puissance économique mondiale n’est que 75° du point de vue des indicateurs de développement humain. Derrière l’Afghanistan, juste devant le Soudan.

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