Le déboisement à la hausse ou à la baisse ? Carte génétique de la forêt atlantique ; bouteilles en « ethano-pet » ; un ascenseur en guise de centrale électrique ?

88km2 d’Amazonie déboisés en février, d’après les données fournies par les satellites de surveillance, c’est 41% de plus qu’en février 2009. L’institut Imazon de Belem, qui divulgue mensuellement ces statistiques s’inquiète de cette augmentation et de ses conséquences sur les émissions de CO2 dans l’atmosphère, l’essentiel de ce déboisement se faisant par le feu.

Le Ministère de l’environnement n’a pas la même analyse. Il attribue cette augmentation à des conditions météorologiques qui influenceraient les mesures : en février 2009, la couverture nuageuse n’a permis que de photographier 20% de la surface surveillée, contre 50% en février 2010. Le déboisement serait donc stable et même en diminution de 51% entre 2008 et 2009 si l’on se réfère aux chiffres du second semestre.

Ce n’est pas le point de vue d’Imazon qui affirme lui que le déboisement a augmenté 23% durant le second semestre 2009 par rapport à la même période de 2008. Derrière cette bataille de chiffres, il reste un fait : des milliers d’hectares de forêt continuent à disparaître en Amazonie : 1’350km2 ont été rasés entre août 2009 et février 2010.

Une nouvelle carte génétique de la forêt atlantique

L’Université Fédérale de Rio de Janeiro et l’Université de Porto au Portugal vont entreprendre une vaste recherche pour codifier l’ADN des animaux et des plantes qu’on trouve à l’Ilha Grande, à 150km au sud de Rio de Janeiro, ainsi qu’au Jardin Botanique de la ville. Objectif, selon les chercheurs : « en connaissant l’ADN des espèces qui peuplent ou ont peuplé ces lieux, on pourra ensuite réintroduire certaines d’entre elles, qui ont disparu, sur des zones dégradées pour reconstituer la forêt atlantique sans modifier l’équilibre de l’écosystème local. » Une perspective prometteuse pour ce biome fragile en voie de disparition sur toute la côte brésilienne.

Ironie du sort, le chef de projet est un biologiste qui a consacré jusqu’ici sa carrière à la… criminologie ! Son laboratoire en effet est spécialisé dans l’analyse ADN des traces recueillies par la police sur les scènes de crime. « La technologie est la même, précise Elizeu Fagundes de Carvalho, elle va maintenant contribuer à la préservation de l’environnement. En plus, notre recensement ADN va nous aider à lutter contre la contrebande d’animaux sauvages. » La mise en carte ADN complète des biotopes d’Ilha Grande et du Jardin Botanique devrait prendre 10 ans.

Des bouteilles en « ethano-pet »

« D’ici 2014, toutes nos bouteilles en plastique incorporeront 30% d’éthanol de canna à sucre ». C’est Coca Cola du Brésil qui le promet, Coca Cola qui a déjà commencé à livrer ces nouvelles « plantbottle » à Sao Paulo, Belo Horizonte, Curitiba, Recife et Porto Alegre. La « bouteille végétale » pourrait être postérieurement utilisée par Coca Cola ailleurs dans le monde.

Une sérieuse économie du point de vue du bilan énergétique, certes, l’éthanol étant renouvelable et neutre du point de vue des émissions de CO2, mais lors de la présentation du projet au Jardin Botanique de Rio, en présence du Ministre de l’Environnement, certains observateurs se sont inquiétés du risque d’extension des cultures de canne à sucre au détriment des cultures vivrières si l’industrie des dérivés de l’éthanol se généralise.

Coca Cola ne minimise pas le risque mais estime qu’il est encore inexistant au Brésil à l’heure actuelle, les terres disponibles pour la culture de la canne étant  abondantes. « D’ailleurs, a souligné le Ministre Carlos Minc, un décret publié en 2009 interdit toute extension des cultures de canne à sucre sur des zones destinées aux cultures vivrières ».

Un ascenseur en guise de centrale électrique ?

Une fois qu’elle est mise noir sur blanc, l’idée semble évidente : utiliser les montées et les descentes d’un ascenseur pour produire du courant. En installant un aimant sur le contrepoids, des bobines inductrices le long de la cage d’ascenseur et des batteries sur le toit de l’installation. L’idée est lancée par un ingénieur brésilien qui prétend qu’un ascenseur ainsi équipé suffirait pour assurer l’éclairage d’un immeuble de 17 étages. Et il n’en coûterait que 200’000 R$ (120’000 CHF/ 80’000€)

Et pour faire marcher l’ascenseur ? Pas nécessaire. Son moteur consomme très peu d’énergie car quand il descend à pleine charge ou qu’il monte à vide, le contrepoids suffit à assurer le déplacement et le moteur se coupe. Reste que ce genre d’équipement, s’il voit une fois le jour, sera réservé aux immeubles de bureaux dans lesquels les ascenseurs fonctionnent à plein régime. Pour un petit édifice résidentiel, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

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