Comptes en Suisse bloqués pour le fils d’un ancien Président ; réarmement en Amérique latine ; campagne en faveur des disparus ; Bida, l’assassin de Dorothy Stang, acte 4 ; livre : Le Brésil de Lula, un bilan contrasté.

A la demande de la Police fédérale brésilienne, les autorités bancaires helvétiques ont bloqué 13 millions de US$ déposés sur un compte appartenant à Fernando Sarney et que ce dernier s’apprêtait à transférer au Lichtenstein.

Fernando Sarney, ancien PDG de la compagnie d’électricité de l’Etat du Maranhão, dans le Nord-est, est le fils de José Sarney, qui fut Président de la République entre 1985 et 1990 et est actuellement Président du Sénat. L’enquête de la justice brésilienne porte sur d’éventuels détournement de fonds publics pour financer les campagnes électorales de son clan (sa sœur, Roseane Sarney a été par deux fois Gouverneur de l’Etat du Maranhão).

La Présidente actuelle de la Confédération suisse, Doris Leuthard a déclaré que le cas Fernando Sarney serait examiné comme n’importe que autre : « ici, nous traitons tout le monde de la même manière ». C’est la seconde fois que Fernando Sarney est accusé d’évasions de capitaux. En octobre 2008, il aurait transféré 1 millions de US$ en Chine via un paradis fiscal des Caraïbes.

Réarmement en Amérique latine

L’achat d’armes par les différents pays d’Amérique latine a augmenté de 150% ces 5 dernières années, en comparaison avec la période 2000-2004, révèle le SIPRI, l’Institut International d’Etudes pour la Paix de Stockholm. « Le Brésil joue un rôle particulier dans ce scénario », précise Mark Bromley, un des responsables de l’étude, « dans la mesure où le Président Lula a décidé de moderniser son armée pour faire du pays une puissance régionale globale de dissuasion ». Le Brésil est le 3ème acheteur d’armes de la région et le 30ème au niveau mondial.

Par ailleurs, l’entreprise Embraer, 3ème constructeur mondial d’avions commerciaux est aussi un grand fabriquant du secteur militaire. Ses ventes ont atteint 500 millions de US$ en 2008-2009. Embraer estime que sa participation aux ventes mondiales s’établira à 3% par an ces prochaines années pour atteindre 15% à long terme. Même si le secteur d’armement d’Embraer ne représente que 9% de la production, dominée par les avions de 100 places et les jets d’affaires, c’est elle qui rapporte proportionnellement les plus gros bénéfices.

Campagne en faveur des disparus.

« Est-ce que la torture va s’arrêter un jour ? » C’est le leitmotiv d’une campagne de plusieurs courts métrages de 30 secondes lancé ce mois d’avril par l’Ordre des Avocats du Brésil afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il rende public les archives de la dictature militaire.

« Est-ce que la torture va s’arrêter un jour » fait référence à une question qu’aurait posée à ses bourreaux Sonia de Moraes Angel, économiste et professeur, avant de mourir sous les sévices et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Dans les sketches de l’OAB, c’est l’actrice Fernanda Montenegro qui interprète le rôle de Sonia de Moraes. « L’amnistie décrétée en 1979 ne signifie pas que les disparus ne puissent pas être enterrés par leurs proches » justifie-t-elle. Le nombre de disparus au Brésil durant la dictature, entre 1964 et 1979 est estimé à 13’000.

Bida, l’assassin de Dorothy Stang, acte 4.

Bida, l’assassin de Dorothy Stang vient enfin d’être définitivement condamné en 3ème jugement à 30 ans de prison, la peine qui avait été prononcée en 2007, puis annulée par un second jugement (voir Vision Brésil n° 11 février 2010, n° 4, avril 2009 et n° 5, mai 2009 ). En principe, il n’y a plus de recours possible et Bida va devoir purger sa peine, au grand soulagement des proches de la missionnaire américaine assassinée en 2005 parce qu’elle défendait les paysans sans terre installés sur des domaines que s’étaient appropriés arbitrairement les grands propriétaires terriens du Sud du Para en Amazonie.

Reste que Bida peut être libéré pour bonne conduite aux 2/3 de sa peine, y compris les mois  qu’il a passé en préventive et que d’autres formes d’amnistie sont encore possibles dans cette région du Brésil où les notables locaux font la loi.

Le Brésil de Lula : un bilan contrasté

Alternatives Sud, une collection publiée par le Centre Tricontinental basé à Louvain La Neuve en Belgique à Bruxelles consacre son numéro Vol. XVII-2010/1 au bilan des 8 années de gouvernement Lula au Brésil qui se termineront en décembre 2010.

« Une santé économique impressionnante, des indices de développement humain en hausse et un activisme diplomatique tous azimuts qui a promu ce pays-continent au rang d’acteur global incontournable » notent les auteurs. « Pour autant, ces succès ne doivent pas masquer les errements et les renoncements du gouvernement Lula par rapport au projet populaire incarné historiquement par le Parti des travailleurs. La réforme agraire et l’indispensable redistribution des richesses ont été sacrifiées sur l’autel de la croissance. A quel coût social et environnemental ? »

Une publication qui ne cache pas son parti pris et qu’on peut directement commander au CETRI: http://www.cetri.be/

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