Prix « Faz a diferencia » ; les droits des domestiques ; salariomètre à Sao Paulo ; Rencontre des « lésés «  de la Vale

le prix « Faz a diferencia » donne lieu chaque année à une fastueuse cérémonie au Copacabana Palace de Rio de Janeiro et récompense des entreprises ou des personnalités qui se sont distinguées par leur esprit citoyen.

Dans cette cuvée 2010, on trouve parmi les lauréats l’ancien Président du CIO Joao Havelange, 93 ans, pour son engagement pour la victoire de Rio dans la course aux Jeux Olympiques de 2016, le Vice-Président José Alencar pour la manière exemplaire dont il lutte contre son cancer depuis 13 ans, mais aussi la Banque Centrale du Brésil, qui a su maîtriser les effets de la crise économique mondiale, Megamatte, première entreprise de commerce équitable du Brésil et un programme de bourses de L’Université Fédérale de Rio de Janeiro visant à stimuler l’éclosion des jeunes talents. Enfin, l’actrice Fernanda Montenegro, 85 ans qui, après bien d’autres rôles au cinéma, a incarné Simone de Beauvoir au théâtre la saison dernière.

Les droits des domestiques.

La justice sociale avance lentement au Brésil. Une enquête du DIEESE (Département intersyndical de Statistiques et Etudes socio-économiques) montre que le nombre d’employées de maison en possession d’un contrat de travail est en nette augmentation. Le travail informel diminue dans cette branche. Mais pas le nombre d’heures qui reste très élevé, jusqu’à 59 heures hebdomadaires parfois, soit une moyenne de 12 heures par jour. « Cela rapproche toujours cette activité d’un Brésil du passé, marqué par l’esclavage » commente le DIEESE.

Une autre indice indique toutefois une tendance inverse : de plus en plus de jeunes femmes abandonnent le travail domestique pour devenir vendeuses ou caissières de supermarché, une activité moins contraignante et mieux payée. D’autres profitent des économies qu’elles amassent en chassant la poussière pour faire une formation de nurse ou d’infirmière afin d’échapper à l’enfer des ménages.

Salariomètre à Sao Paulo

Les salariés de Sao Paulo peuvent maintenant comparer leur revenu à la moyenne de ceux qui sont pratiqués dans la même branche. Une page internet a été créée par les autorités pour cela (http://www.salariometre.sp.gov.br) Une idée simple, utile et bon marché. « C’est l’œuf de Colomb, se réjouit-on au Ministère du Travail, ces données existent depuis 1965, mais personne n’avait encore songé à les rassembler sous forme comparatives. »

L’outil pour mettre en place ce « salariomètre » n’a demandé que 3 mois de mise en place et a coûté 200’000 R$. « Une bagatelle si on pense qu’il va servir à améliorer les conditions de travail de tous, poursuit l’administration pauliste, et permettre aussi aux employeurs d’avoir un outil de référence pour fixer leur politique salariale.  Le salariomètre est encore limité à Sao Paolo mais il pourrait bientôt se généraliser à tout le Brésil.

Rencontre des « lésés «  de la Vale

Du 12 au 15 avril, les représentants des « victimes » des activités de Vale, première entreprise d’exploitation du minerai de fer du globe et 14° entreprise mondiale en valeur, seront à Rio de Janeiro où se trouve le siège de l’entreprise, « pour se plaindre des nuisances qu’ils subissent ». Tous les pays où Vale est active seront représentés : le Brésil, bien sûr, mais aussi le Canada, le Chili, l’Argentine, le Guatemala, le Pérou et le Mozambique.

Ces « lésés » veulent exposer au grand jour « les dégâts provoqué par les activités de Vale, comme l’émission de dioxine de carbone, le déboisement, la pollution des rivières, l’assèchement de la nappe phréatique par des mines exploitées de façon trop intensive… » Ils demandent aussi la renationalisation de Vale, privatisée par le gouvernement en 1997, « dans des conditions qui ont spolié le peuple brésilien. »

Seuls grands absents de ce rassemblement, les représentants des pays « clients de la Vale », ceux qui lui achète le minerai de fer, Chine en tête.

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