Hémorragie de ministres ; nouvelle propriétaire pour « l’Homme qui marche » ; les prisons d’Espirito Santo; parfum d’élections version pétrole ; l’église brésilienne rattrapée par la pédophilie ; le Christ de Rio et le film 2012.

Hémorragie de ministres

D’ici fin mars, tous les candidats à élection ou réélection au scrutin d’octobre qui exercent une responsabilité gouvernementale devront l’abandonner. C’est la règle constitutionnelle au Brésil, les membres d’un organisme public ne peuvent faire campagne qu’après avoir abandonné leurs fonctions.

12 à 14 ministres du gouvernement Lula vont donc devoir quitter leur poste, parmi eux, Dilma Rousseff, chef de la « Casa Civil », – une sorte de premier ministre -, candidate officielle à la succession de Lula à la Présidence. Ils seront remplacés par des techniciens chargés d’expédier les affaires courantes. Autant dire qu’aucune décision importante ne sera prise dans l’appareil d’Etat après cette date même si 24 ministres à part entière restent, eux, en charge. Ni au Parlement qui dès fin juin cessera de siéger pour cause de préparation des élections. Année électorale, années perdue ?

Nouvelle propriétaire pour « l’Homme qui marche ».

La fameuse statuette de Giacometti a été vendue aux enchères le mois passé pour la coquette somme de 104 millions de US$. On savait l’acheteur brésilien, l’agence Bloomberg News vient de dévoiler son identité : il s’agit de Lily Safra, la veuve du banquier Edmond Safra, bien connu à Genève et à Monaco où il a trouvé la mort, asphyxié par l’incendie de son appartement dont les origines criminelles n’ont pas encore été totalement éclaircies.

Lily Safra vit à Londres, elle passe pour une philanthrope très active dans la vie sociale et sa fortune a été estimée à 1 milliard de US$ par Forbes en 2009. Cela en fait la 701° personne la plus riche du monde.

Les prisons d’Espirito Santo

Elles ont connu une triste célébrité l’an dernier, lorsqu’une organisation de défense des droits de l’homme avait diffusé des images de détenus entassés dans des containers surpeuplés et surchauffés, transformés en cellules. L’Etat manque de place dans ses prisons. Ce reportage dénonçait aussi, preuve à l’appui, des actes de torture pratiqués par certains gardiens.

L’affaire revient sur le devant de la scène dans le cadre d’une séance publique à Genève, parallèle de la session ordinaire de la Commission des droits de l’Homme. Mis en accusation, le Secrétaire à la Justice de l’Etat de Espirito Santo, Ângelo Roncalli, a reconnu le problème, et promis que l’Etat construisait de nouvelles prisons. 360 millions de R$ (210 mios de CHF / 145 mios d’€) auraient été dépensé pour cela en 2008.

« Cela va seulement transformer l’Etat d’Espirito Santo en une immense prison » argumentent les organisations de défense des droits de l’homme qui lui reprochent à de ne rien faire pour la prévention et la rééducation des criminels. L’affaire devrait aussi être évoquée bientôt à l’Organisation de Etats Américains, l’OEA.

Parfum d’élections version pétrole.

369 parlementaires du Congrès ont approuvé le 10 mars dernier la « motion Ibsen », du nom d’un député du Rio Grande do Sul, qui propose de modifier le système de redistribution des royalties du pétrole. Si cette réforme est mise en place, Rio de Janeiro verrait ses entrées réduites pratiquement à zéro, alors que 5’500 municipalités qui n’ont rien à voir avec l’exploitation pétrolières, – c’est le cas dans le Rio Grande do Sul ( !) – toucheraient un généreux pactole. L’Etat de Rio produit 85% du pétrole brésilien et assume seul les coûts économiques et environnementaux de cette activité.

La dimension électorale de cette proposition est évidente, mais ses conséquences pratiques seraient terribles et les chiffres sont surréalistes : la motion Ibsen priverait d’un coup le Gouvernement de Rio de Janeiro de 7,5 milliards de R$ (4,4 milliards de CHF / 3 milliards d’€) de rentrées annuelles qui font partie de son budget ordinaire, menant son administration à une probable faillite!

A la veille des Jeux Olympiques de 2016 ! Le Comité d’organisation des JO affirme qu’il lui sera impossible de les organiser avec de telles coupes budgétaires et rappelle que le Gouvernement fédéral s’est engagé par écrit à maintenir les fonds nécessaire à la réalisation de cet évènement. Devant la gravité de la situation, le Gouverneur de Rio, Sergio Cabral fait appel au Président Lula pour qu’il mette son veto. La motion Ibsen doit maintenant être discutée au Sénat.

L’église brésilienne rattrapée par la pédophilie.

C’est une vidéo clandestine, postée sur You Tube, qui a fait le tour des médias du monde. On y voit un prêtre de 82 ans, la partie inférieure du corps complètement dénudée, qui se fait faire une fellation par un enfant de chœur. Cela se passe à Arapiraca, dans l’Etat d’Alagoas, au Nord-est du Brésil. 2 autres prêtres sont encore mis en cause, qui auraient aussi profité sexuellement de jeunes adolescents plus ou moins contraints, pendant des années. L’émission « Conexão Reporter » de la chaine SBT a mené l’enquête pendant 6 mois sur place. Le Vatican a reconnu les faits, Les 3 prêtres sont suspendus pour enquête. http://www.youtube.com/watch?v=NaUM7dsvl5E



Le Christ de Rio et le film 2012

Le film catastrophe « 2012 » du réalisateur Roland Emmerich (auteur également du « Jour d’après »), a été épinglé par l’église catholique de Rio de Janeiro. Ceux qui l’ont vu n’auront pas manqué la courte scène durant laquelle le Christ du Corcovado s’écroule sous l’effet d’une vague géante. La séquence ne dure que quelques secondes, mais elle figure en grand sur l’affiche du film dans sa version brésilienne.

Ce n’est pas du goût de l’Archidiocèse de Rio de Janeiro qui demande à être indemnisé par la Colombia Pictures pour « usage abusif d’un symbole religieux dans une œuvre de divertissement ». Le service juridique de l’Archidiocèse prétend avoir contacté la Columbia en décembre dernier déjà, avant la sortie du film et espère « une négociation à l’amiable ». A Los Angeles, Colombia Pictures ne fait pas de commentaire.

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